TRACTION
minime. La pente de la Seine, assez régulière, est de 0'°,20 par kilomètre de Montereauà Paris, de 0^,10 de Paris à Rouen. Celle du Rhône, plus accidentée, varie de 0^,56 à 0°,86en aval de Lyon. Une pente générale se rapprochant d'un mètre rendrait toute navigation en lit de rivière impossible.
Mais, tant que la vitesse relative du bateau par rapport à Teau peut rester minime, 1 avantage résultant de la faiblesse de l'effort nécessaire pour déplacer ce bateau est énorme. Prenons pour exemple une péniche flamande, dont la forme est cependant très peu favorable pour fendre l'eau, naviguant ti pleine charge sur un canal dont la section permet simplement le croisement de deux bateaux, avec une vitesse de 0™,50 ou 0'»,60 par seconde, soit 1.800 à Sf.2()0 mètres à l'heure; Teffort de traction, qui d'ailleurs varie constamment avec les remous, n'esl guère en moyenne que d'un demi-kilogramme par tonne. Or nous avons dit que, sur une roule en palier, l'effort moyen est de 25 kilogrammes par tonne, c'est-à-dire cinquante fois plus grand. On voit combien est marquée la supériorité de la navigation sur le seul mode de transport avec lequel elle ait été en concurrence jusqu'au siècle présent.
Le mode de traction varie suivant les circonstances. En général, on emploie le halage, c'est-à-dire la traction au moyen d'une corde à laquelle s'attellent des hommes ou des animaux circulant sur un chemin latéral. En vertu d'anciens règlements, que la loi du 8 avril 1898 vient de remplacer, les propriétaires riverains des rivières navigables doivent subir la servitude du halage ; ils sont tenus, à cet effet, de laisser libre, au bord de l'eau, un chemin large de 7°',80 du côté où les bateaux se tirent habituellement, et un marchepied de 3'",25 de l'autre côté. Le long des canaux, la création d'un chemin de halage fait partie intégrante des travaux d'établissement.
Le halage à col d*homme est encore employé pour les petits bateaux en usage dans le centre de la France, qui portent de 60 à 150 tonnes. Deux hommes tirent un bateau, avec une vitesse qui ne dépasse guère 1 kilomètre à rheure. Le parcours journalier atteint 8 ou 10 kilomètres, et le prix de revient de la traction est de 5 à 6 millimes par tonne kilométrique.
Le halage par chevaux est de beaucoup le plus usité. Deux chevaux tirent une péniche pleine ou deux péniches vides, avec une vitesse moyenne de 1.800 à 2.200 mètres à l'heure. Avec des chevaux qui accompagnent le bateau dans tout sou voyage [halage aux longs Jours), on ne parcourt guère que 15 à 18 kilomètres par jour, et le coût moyen peut ôti-e évalué de 3 à 5 millimes par tonne kilométrique sur les canaux ; sur les rivières, il est parfois moitié moindre à la descente, et double ou triple à la remonte. Pour les bateaux vides, le prix est de moitié. Avec des relais, on parcourt quelques kilomètres de plus, et le prix augmente un peu. Les haleurs le font d'ailleurs varier beaucoup, suivant la saison et Tactivité du trafic.
Sur les canaux très fréquentés qui relient Paris au Nord et à la Belgique, Tadministiation a dû intervenir pour assurer la régularité du halage, condition nécessaire delà bonne utilisation de la voie d'eau. Tout retard causé par les débats entre haleurs et bateliers peut amener des encombrements, extrêmement graves sur des voies dont la capacité, pendant une partie de Tannée, suffit à peine au traflc. Le gouvernement a dû, en conséquence, organiser un service public, dont Tusage est obligatoire pour la batellerie. Les prix sont établis, sur chaque section, d'après les résultats d'une adjudication, à la suite de laquelle le service est confié à celui des soumissionnaires qui a offert le tarif le plus bas. Les prix diffèrent à la descente ou à la remonte. Ils sont établis, par kilomètre, ainsi qu'il suit: 1^ une taxe par tonne de jauge du