DURÉE DES TRAJETS
ne laissent plus, sous les ponts, la hauteur libre nécessaire au passage des bateaux.
Une cause plus fréquente encore d'interruption, sur les rivières non canalisées, est Tinsuffisance des eaux, qui ne permet plus, à certains moments, de passer sur les hauts fonds. C'est pour prévenir ces interruptions, et pour permettre l'emploi de bateaux de grandes dimensions, que Ton exécute des travaux d'amélioration souvent très coûteux, comme ceux du Rhône et ceux de la Seine, sur lesquels nous reviendrons plus loin (p. 125).
Toutes ces causes de retard ou d'interruption de la circulation, en diminuant le nombre de voyages qu'un bateau peut faire chaque année; augmentent sensiblement le prix de revient de chacun d'eux. Entre les bassins houillers du Nord et Paris, bien que la distance ne soit que de 320 à 3o0 kilomètres, une péniche ne fait guère que 3 ou 6 voyages par an ; il y a vingt ans, avant l'organisation du halage et l'exécution des travaux d'amélioration les plus récents, le nombre annuel de voyages nedépassaitguèretrois.De Rouen à Paris, les convois mettaient autrefois huit à neuf jours ; aujourd'hui, les chalands remorqués n'en mettent que 3 à 7 et les bateaux porteurs 2 à 4.
Pour que la lenteur de marche de la plupart des bateaux n'empêche pas la création de services plus rapides, les bateaux remorqués sont autorisés à dépasser ceux qui sont bàlés par des chevaux, et les porteurs à vapeur sont autorisés à dépasser tous autres navires. Le règlement de police de chaque voie détermine les conditions d'exercice de ce droit, qu'on appelle trématage, ainsi que les cas dans lesquels certains bateaux peuvent franchir les écluses devant ceux même qui y seraient arrivés avant eux. Ces dispositions, variables d'une voie à l'autre, sont la condition essentielle de l'organisation de services rapides et réguliers. Mais, quelques mesuras
que 1 on prenne dans ce but, ces services ne peuvent que bien difficilement fonctionner sur les canaux encombrés par une grande circulation.