‹ Transports & tarifs (volume 2)Chapitre 33 sur 204 · II. — Étendue et régime des voies navigables eu France · texte numérisé non relu

II. — Étendue et régime des voies navigables eu France

Pendant longtemps, la navigation ne s'est exercée que sur les voies naturelles, à peine améliorées par des travaux rudimentaires. Malgré les interruptions fréquentes de la circulation par les irrégularités du cours des eaux, elle jouait, dès le moyen âge, un grand rôle dans les relations commerciales. Les seigneurs féodaux ne s'en occupaient guère que pour rançonner les marchands par des péages. Mais les bateliers se constituaient en corporations, avec privilèges du roi, pour se protéger contre ces exactions, et pour exécuter, aux passages trop difficiles, de rares travaux, dont les frais étaient couverts par des taxes sur la navigation.

L'invention de Y écluse à sas, au xvi* siècle, ouvrit la possibilité de faire passer les bateaux d'un bief à un autre, avec des différences de niveau sensibles, et par suite, de créer des voies artificielles reliant les diverses vallées à travers des faîtes, ou de transformer les voies naturelles par des travaux de canalisation. C'est seulement au xvii* siècle que la France fut dotée de ses premiers canaux ; celui de Briare fut concédé par Sully et exécuté sous Richelieu; en 1666, Riquet obtint la concession du canal du Midi, qui devait réunir la Méditerranée au bassin de la Garonne. Dans le cours du xviii*' siècle, les canaux du Loing, de Saint-Quentin, du Centre et quelques autres furent également exécutés par voie de concessions.

La Révolution amena la suppression des péages, bornée d'abord à ceux qui avaient un caractère féodal, puis étendue à ceux môme qui constituaient la rémunération de services rendus ; les voies concédées firent retom* à l'État, par confiscation. Napoléon I" les aliéna de nouveau, pour se procurer des ressources destinées d'abord à la création de

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