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MANUTENTIONS

L'arrimage à bord est à la charge du navire. Au contraire, les manutentions à quai, pesage, reconnaissance^ sont habitueiiement à la charge de la marchandise, et augmentent de sommes assez notables les frais du transport proprement dit.

Dans beaucoup de ports, les entrepreneurs qui se chargent de ces diverses opérations sont organisés en véritables corporation», et souvent la résistance de ces corporations a été un obstacle lrt>s sérieux à la réalisation des progrès nécessaires dans l'outillage des ports. C'est ainsi qu'à Anvers, Tinstallation d'un élévateur à grains a soulevé, en 1885, de véritables émeutes.

Gomme nous l'avons vu, on se préoccupe beaucoup, aujourd'hui, de mettre à la disposition du commerce des abris pour les marchandises, des grues ou des treuils à vapeur ou hydrauliques. Il faut reconnaître cependant que, dans la plupart des ports, le commerce maritime marque peu d'empressement à faire usage des engins de manutention qui lui sont ainsi offerts. Plutôt que de payer un prix de location qui est généralement de 20 à 30 francs par jour, pour une grue hydraulique ou à vapeur de la force de 1.500 kilogrammes, les capitaines préfèrent se servir uniquement des engins qui existent à bord des navires.

Au contraire, les docks dont l'administration effectue elle-' même les manutentions, au lieu de se borner à louer des engins, attirent presque toujours une grande clientèle, en raison de la rapidité que cette organisation imprime aux opérations ; les prix, souvent élevés, que font payer les administrations de ces docks, n'empêchent pas le commerce de recourir très fréquemment à leurs services.

La durée des manutentions exerce en effet, sur le coût total des transports, une influence aussi grande que leur prix ; car les pertes de temps sont extrêmement onéreuses, surtout pour les grands navires à vapeur. Les contrats d'affrètement fixent, en général, un délai pour la livraison ou l'enlèvement

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des marchandises ; c'est ce que l'on appelle les staries ou jours de planche, A défaut de convention, le délai résulte de l'usage des lieux. Toutes les fois que le navire se trouve immobilisé au delà du temps fixé, par un retard imputable à l'expéditeur ou au destinataire, celui-ci paye des surestarim dont le prix, par tonneau de jauge et par jour, est stipulé au contrat. On admet souvent le prix de Ofr. 30à Ofr. 40pour les voiliers, et de 0fr.60 à Ofr.80 pour les navires à vapeur; cette différence est justifiée par l'élévation, bien plus grande pour les navires à vapeur, du capital immobilisé et des frais journaliers. Les voiliers donnent, d'autre part, un délai sensiblement plus long avant le paiement des surestaries, et cette considération joue souvent un rôle important dans le choix qu'ont à faire les négociants entre les deux modes de transport, ainsi que dans la fixation des prix.

Il est à peu près impossible de donner des indications générales sur le coût des opérations de chargement, de déchargement, de reconnaissance, etc., qui varie, suivant les lieux et suivant les conditions dans lesquelles ces opérations s'effectuent, depuis Ofr. 50 ou 0 fr. 60 pour un transbordement simple, jusqu'à 2, 3 et 4 francs s'il y a des formalités en douane, mise en sac, triage, etc.

A titre d'exemple, nous citerons quelques tarifs de la compagnie des Docks de Marseille. Ces tarifs comprenaient jadis un léger péage pour l'usage des bassins et quais construits aux frais de cette Compagnie; mais à la suite de la mise en service de l'outillage de la Chambre de commerce, ils ont été réduits à un taux sensiblement égal aux prix payés dans les autres parties du port. Le tarif général divise les marchandises en cinq séries, et fixe, pourrembarquement,oupour le débarquement et la mise à quai, des prix variant de 0 fr. 20 à l fr. 50 par tonne. La reconnaissance, comprenant le pesage, jaugeage ou mesurage et l'arrimage sous les hangars, se paie de Ofr. 75 à 2 francs. Les bateaux à vapeur, pour les opérations urgentes,

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