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ALGÉRIE ET COLONIES

Nous terminerons cet historique par quelques mots sur les chemins de fer algériens. Les deux premières lignes créées en Algérie, celles de PhilippeTille à Constantine et d*Alger à Oran, ont été concédées, en 1863, à la compagnie P.-L.-M., avec une garantie d'intérêts basée sur les dépenses réelles. Tueurs recettes couvrent aujourd'hui à peu près leurs charges. Depuis vingt ans, le réseau algérien s'est^ rapidement étendu; toutes les lignes nouvelles ont été concédées à quatre compagnies locales, avec des garanties d'intérêt basées sur des forfaits, qui imposent et continueront à imposer à TEtat, pendant de longues années, des charges considérables.

En Tunisie, une ligne avait été établie, avant rétablissement de notre protectorat, avec une garantie dlntéréts accordée par le gouvernemen^f^ançaîs dans des conditions analogues. Aujourd'hui, le gouvernement de la régence poursuit, à ses frais, Textension du réseau, en construisant les lignes au moyen de ses réserves, et en les affermant ensuite.

Le gouvernement général de Tlndo-Chine construit également diverses lignes à ses frais, et passe des traités pour en affermer l'exploitation.

Les garanties forfaitaires avaient servi de base à la concession de certaines lignes coloniales (chemin de fer de Dakar à Saint-Louis, chemin de fer et port de la Réunion revenus à rÉtat après déchéance). Mais il est peu probable que ce système reçoive de nouvelles applications ; c'est par des concessions de terre ou par la promesse de transports à effectuer pour les services publics que Ton cherche à encourager la construction de voies ferrées à Madagascar.

IV. — Situation des chemins de fer français. — A. — Longueur ET DÉPENSES D'ÉTABLISSEMENT. — Lc tableau suivant donne le développement de notre réseau de chemins de fer et de tramways au 31 décembre 1896 :

LONGCECR RiSBACX EXPLOITÉE CONCÉDÉE

kilomètres kOomètres

i Grandes Compagnies (1) .... 32.945 37.044 Petites Compagnies (2) 943 1.171 Réseau de l'Etat 2.661 3.047(3) Lignes affermées (2) 342 430(4) ^ ToUl *. . 36.891 41.692

Chemins de fer industriels 227 246

Chemins de fer d'intérêt local 4.060 5.111

i Transportant des marchandises

et des voyageurs 1.479 2.467 Transportant des voyageurs

seulement 945 1.092

Total des réseaux français 43.602 50.608

Chemins de fer algériens (5) et tunisiens . . 3.153 3.311

En 1897, il a été ouvert 231 kilomètres de chemins de fer d'intérêt général, et 623 kilomètres de chemins de fer d'intérêt local et de tramways ; il a été fait des concessions nouvelles de chemins de fer d'intérêt local et tramways, portant sur une longueur de 830 kilomètres.

Les dépenses annuelles d'entretien (service de la voie) représentent, pour l'ensemble, environ 130 millions.

L'exploitation et l'entretien des chemins de fer, en France, occupe environ 260.000 individus, sans tenir compte du personnel des tramways, ni des ouvriers employés aux travaux neufs. Le matériel comprend près de 11.000 locomotives, 27.000 voitures, 280.000 wagons à marchandises.

(1) Y compris 107 kilomètres de lignes concédées à des petites compagnies mais exploitées par la compat^nie de TEst.

(2) Li^Mies eu majeure partie à voie étroite.

(3) Longueur des ligues cl;issées dans la régiou réservée au réseau d*État. ■4) Longueur déclarée d'utilité publique.

(5, Y compris 28 kilomètres de ligues industrielles, et 220 kilomètres de ligues concédées, en Tunisie, avec une garantie d'intérêts de la France.

DÉPENSES d'établissement 317

Les dépenses faites au 1" janvier 1896, pour la création du réseau exploité dans Tannée, atteignaient les chiffres suivants : millions

' Dépenses de TEtat 4. 023

Chemins de fer ) Subventions locales 186

d^intérèt général j ^^P®°*®^ ^®^ ^^'"P^^'^^^^ Ii.a86

[ Total 13.795

Chemins de fer d'intérôt local 386

^ \ pour voyageurs et marchandises 84

• \ j pour voyageure (réseaux urbains) 210

Total général 16.475

Nous avons compris dans les dépenses de l'Etat les sommes remboursables en annuités que les compagnies lui avancent. Mais nous avons compté dans celles des compagnies les sommes consacrées au remboursement anticipé de leur dette, parce que les emprunts contractés à cet effet figurent dans le capital qu'elles ont à rémunérer. Les dépenses des compagnies comprennent également les intérêts pendant la construction et ceux qui ont été capitalisés au compte d'exploitation partielle.

Avec les dépenses faites en 1896, et les dépenses faites auparavant sur les lignes qui étaient encore en cours de construction à la fin de cette année, on arriverait à un total de près de 17 milliards.

Les chemins de fer algériens y ajouteraient 650 millions, dont 100 fournis par TEtat et 550 par les compagnies.

Le capital dépensé pour les chemins de fer d'intérêt général de la métropole atteint 430.000 francs environ par kilomètre. L'élévation de ce chiffre s'explique par l'importance des dépenses qu'entraînent, d'une part, les installations très développées des lignes à grand trafic, d'autre part, les ouvrages d'art très coûteux dos lignes de montagne.

Il ne faut pas oublier, d'ailleurs, que le compte d'élablisse-

ment ne comprend pas seulement les frais de construction de la voie, ainsi que des bâtiments des stations et ateliers, mais encore le coût du matériel roulant et de Toutillage. Ces deux derniers articles figurent, dans le total, pour 2.200 millions environ. Même en les retranchant, on voit que le capital d'établissement des chemins de fer dépasse largement celui de Tensemble des autres voies de communication ; nous avons dit, en effet, que depuis Tépoque où le gouvernement de la Restauration a commencé à faire des dépenses considérables pour l'amélioration de ces voies, les capitaux qui leur ont été consacrés peuvent être évalués à 8 ou 9 milliards.

Il faut remarquer que notre statistique ne comprend pas les sommes dépensées et perdues par les compagnies qui ont aujourd'hui disparu. Les sommes payées pour le rachat de leurs lignes sont seules comprises dans les dépenses de TElat ou des compagnies qui ont opéré ce rachat.

Le capital d'établissement va en augmentant continuellement, par l'exécution des travaux neufs et des travaux complémentaires, et par l'achat de matériel roulant, tant pour les lignes d'intérêt général que pour les lignes d'intérêt local. L'augmentation annuelle avait été ramenée, en 1895 et 1896, à; 150 ou 160 millions, dont environ moitié à la charge de l'Etat; elle est remontée à plus de 180 millions en 1897. Elle sera sans doute un peu plus forte dans les années prochaines, en raison de la reprise du trafic, qui impose des travaux complémentaires, et des grands travaux à faire, en vue de l'Exposition de 1900, pour les gares de Paris et leurs abords, les tramways et le chemin de fer Métropolitain.

B. — Trafic et rksultats de l'exploitation. — Les résultats de Texploitation des lignes d'intérêt général, en 1896, sont donnés par le tableau ci-après :

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