DÉLAIS DE TRANSPORT G. V. ET P. V
blic vient beaucoup moins expédier et retirer les marchandises le dimanche, de l'autre les Compagnies ont été invitées à donner congé ce jour là au plus grand nombre possible d'agents. En conséquence, un arrêté ministériel du 17 avril 1908 adécidé la fermeture des gares le dimanche toute la journée pour la P.V. et à partir de 11 heures pour la G. V. Toutefois, des exceptions générales sont faites pour l'expédition du lait et pour la livraison des denrées périssables, et des exceptions spéciales peuvent être accordées en raison des besoins résultant des foires et marchés ou de ceux qui se produisent dans certaines régions pour certaines récoltes. Les délais de livraison sonlnaturellement reportés au lendemain lorsqu'ils expirent pendant la fermeture des gares.
Les différences dans les délais sont une des manières d'amener le public à faire souvent lui-même une distinction entre les expéditions, selon qu'elles peuvent payer des prix plus ou moins élevés. En effet, dans les cas très fréquents où une prompte livraison, sans être indifférente, n'est pas indispensable, Texpéditenr acceptera les délais allongés des tarifs spéciaux P. V. pour les transports pour lesquels un prix élevé serait prohibitif, tandis qu'il ne reculera pas devant les prix du tarif général ou même de la G. V. pour les envois qui peu. vent les supporter. L'allongement du délai diminue d'autre part le prix de revient des transports, en donnant aux compagnies plus de facilité pour grouper les expéditions de manière à utiliser le mieux possible la capacité des wagons et des trains et pour réparer au besoin une erreur de direction sans avoir à payer d'indemnité de retard.
Mais le grand avantage que trouvent les compagnies à disposer d'un délai allongé, c'est d'avoir un peu plus d'élasticité pour l'organisation de leur service dans les moments d'encombrement. 11 ne faut pas oublier, en effet, qu'en France les délai:» résultant des règlements et des tarifs ne comportent aucune
dérogation et que les compagnies sont tenues d'accepter et d'effectuer dans ces délais tous les transports qui leur sont présentés. Nos chemins de fer sont peut-être la seule industrie au monde qui n'ait pas le droit de refuser ou d'ajourner les ordres de sa clientèle, quand elle est arrivée à la limite de rendement de ses moyens d'action. Dans les moments de très grande activité des affaires, ils subissent comme tout le monde les difficultés de la situation : les fournisseurs de matériel n'acceptent leurs commandes qu'à lointaine échéance; le recrutement d'un personnel supplémentaire leur devient difficile. A ce moment, les autres entreprises de transport, roulage et navigation, refusent le traflc qu'elles ne peuvent desservir. Le chemin de fer doit pourvoir seul et à l'augmentation des besoins de sa clientèle propre, et aux besoins de la clientèle habituelle de ses concurrents auxquels ceux-ci ne donnentpas satisfaction, sans aucun allongement des délais. Au moins faut-il que ces délais soient suffisants pour permettre de répartir sur plusieurs journées le surcroît de travail qui se présente à certains jours exceptionnels dans les périodes où tous les services travaillent à peu près constamment à leur maximum.
Nous ne sommes d'ailleurs pas convaincu que ce régime, très dur et très onéreux pour les chemins de fer dans les crises d'encombrement, soit meilleur au point de vue de l'intérêt public que celui qui est en vigueur dans la plupart des pays, et qui est le suivant : les délais de transport sont sensiblement inférieurs à ceux de nos tarifs spéciaux en temps normal, mais ils sont allongés dans les moments difficiles. Nos chemins de fer livrent, il est vrai, les colis, en temps ordinaire, bien avant l'expiration des délais; mais le public n'est pas en droit de compter sur cette livraison anticipée et ne peut, dès lors, en faire état dans ses calculs. Aux époques de crise, dès que les chemins de fer usent des délais légaux, le public, qui n'y est pas habitué, commence à se plaindre, et quand ils les dépassent, le fait que la loi leur impose des obligations impossibles