‹ Transports & tarifsChapitre 127 sur 174 · PARTAGES DE TRAFIC G · texte numérisé non relu

PARTAGES DE TRAFIC G

capilaL Une ligne nouvelle, ayantun profil comparable avec une longueur de -400 kilomètres, elîectuerait les mêmes transports avec un prix de revient partiel de 4 à 12 francs. Elle aura donc intérêt à abaisser ses prix même jusqu'aux environs de cette limite pour attirer le trafic, et l'itinéraire court ne le retiendra ([u'àla condition de faire des réductions semblables. 11 est vrai que, arrivée à la limite où la seconde compagnie devrait s'arrêter pour ne pas transporter à perte, la première gagnerait encore une somme égale à la différence entre les prix de revient du transport par les deux voies, soit de 1 à 3 francs par tonne. Mais dans ces conditions, son produit net serait réduit des quatre cinquièmes ou même des neuf dixièmes et ne pourrait plus suffire à couvrir ses charges. Elle a tout intérêt à s'entendre avec l'autre, en lui abandonnant une portion du trafic, plutôt qu'à soutenir une lutte où elle ne triompherait qu'en se ruinant, et la compagnie qui a l'itinéraire le plus long ne manquera pas de tirer avantage de la situation qui lui permet d'imposer à l'autre un sacrifice sérieux. La question de concurrence se pose ainsi, partout où il y a des réseaux multiples, si différents que soient les tracés de leurs lignes.

De même, des différences sensibles dans le profil des voies ferrées bien qu'exerçant une influence plus grande sur le prix de revient des transports, n'empêcheraient pas la compagnie qui a les moins bonnes lignes d'obliger l'autre à faire des abaissements de prix considérables pour retenir le trafic.

11 importe d'ailleurs de remarquer que la compagnie lamieux partagée n'aurait pas l'espoir d'éliminer l'autre et de pouvoir relever ensuite ses tarifs, — même si elle n'avait pas, comme elle l'a en France, lacertitude que les relèvements seront interdits par l'autorité publique» En effet, chacune des compagnies dont les lignes se rejoignent sur certains points dessert seule les relations intermédiaires par l'un des itinéraires,et généralement la recette qu'elle en tire lui permet de subsister, quelque faible que devienne le produit net provenant du tiaiic concurrencé,

et de s'efforcer par conséquent de garder une part de ce trafic. La faillite même ne ferait pas disparaître l'un des concurrents, puisque l'exploitation de la ligne resterait assurée, soit par une entreprise nouvelle tant qu'elle pourrait couvrir ses frais d'exploitation, soit même aux frais de, l'autorité concédante dans le cas contraire.

Le conflit a donc toujours été résolu à l'amiable, en France, soit par un accord tacite, soit par des conventions qui aujourd'hui s'étendent à presque tous les cas. Nous allons exposer les règles suivies généralement au point de vue : 1° de l'attribution du trafic ;^^ des procédés employéspour lui faire suivre l'itinéraire convenu ; 3" des mesures prises pour le cas oîi cet itinéraire n'aurait pas été effectivement suivi.

Au point de vue de V attribution du trafic, on établit en général une répartition géographique, qui détermine l'itinéraire à suivre dans chaque cas. La règle adoptée le plus souvent est la suivante : lorsqu'il existe entre deux points deux itinéraires, l'un n'empruntant qu'un seul réseau, l'autre empruntant plusieurs réseaux, les transports appartiennent à la compagnie qui peut les effectuer seule de bout en bout. Si chacun des deux itinéraires n'emprunte qu'un réseau ou si tous deux sont mixtes, le trafic appartient à la voie la plus courte, parfois en comptant les transmissions comme équivalant à un certain allongement. Ce principe estappliqué, en vertu d'une entente tacite, quand aucune convention n'est intervenue.

Pour certains courants de trafic particulièrement importants, il a été apporté des dérogations à la règle ordinaire par des conventions spéciales. Par exemple, pour le transport vers Paris des vins de l'Aude et de l'Hérault, les trois compagnies intéressées avaient voulu jadis éviter d'avoir à modifier la direction du trafic, chaque fois que l'ouverture d'une ligne nouvelle dans le centre de la France viendrait à modifier les itinéraires; le point de partage avait donc été fixé d'une manière

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