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CONCURRENCE AVEC DES VOIES DE NATLRE DIFFÉRENTE

s'agit de lignes urbaines qui, tout en se rejoignant en certains points, ont des tracés indépendants; par suite du rôle prépondérant des voyageurs effectuant de très petits parcours, pour lesquels chaque voie a une clientèle propre, le trafic concurrencé de bout en bout n'a généralement qu'une importance secondaire. Mais, si l'on superpose absolument des services indépendants au cœur des villes, ou si l'on multiplie les lignes suburbaines reliant les mêmes localités avec le centre, on fait des frais inutiles qui ont exactement les mêmes conséquences qu'en matière de chemins de fer : les abaissements exagérés des prix amenés par la concurrence ne subsistent pas, mais l'augmentation du capital à rémunérer rend ensuite la situation très difficile. C'est ainsi qu'à Paris, la création de compagnies nouvelles trop nombreuses, en 1899, a élé une cause (le ruine pour elles et d'appauvrissement pour les compagnies anciennes.Xous avons vu comment la Ville, loin de comprendre les dangers de ces concurrences, a voulu se réserver la possibilité d'en créer indéfiniment, en faisant insérer dans les actes de concession une clause absolument anormale relative aux empnints de voies, qui ne laisse môme pas aux compagnies de sécurité pour la possession du trafic empruntant leurs propres rails. Il a fallu depuis lors autoriser plusieurs compagnies à relever les tarifs beaucoup trop bas qu'elles avaient acceptés. Maisla situation créée parla multiplication excessive des lignes et des services constitue un sérieux obstacle à la réalisation des transformations nécessaires pour mettre le réseau parisien au niveau des progrès techniques, et prolonge un régime coûteux et imparfait des transports en commun .

H. — Observations générales sur la concurrence entre les

CHEMINS de fer et LES AUTRES MODES DE TRANSPORT.— La situation qui se produit dans ce cas difi'èro absolument de celle que nous venons d'étudier, en raison de la diirérence du régime légal auquel sont soumises les entreprises concurrentes.

f)4() TARIFS DES CHEMINS DE FER ET TRAMWAYS FRANÇAIS

En premier lieu, le service des transports est libre sur les voies autres que les chemins de fer et assuré principalement par une foule de petites entreprises. Tout partage de trafic est donc radicalement impossible. A la rigueur, des ententes pourraient intervenir entre les chemins de fer et les services réguliers, toujours peu nombreux, pour le trafic de détail que ceux-ci assurent seuls. Mais ces ententes, qui lieraient le chemin de fer sans lui donner la certitude de ne pas voir surgir le lendemain un concurrent nouveau libre de son action, ne porteraient que sur la moindre partie du tralic ; en fait, on n'en trouve pour ainsi dire pas d'exemple en France.

En second lieu, les chemins de fer sont les seules voies sur lesquelles un péage soit })erçu ; \e roulage et la navigation intérieure en sont exemjUs et la navigation maritime n'en supporte qu'aux points de départ et d'arrivée. Il suit de là d'abord que, dans tous les cas où les cheminsde fer n'ont pas une supériorité technique écrasante, même si le prix de revientdu transport est un peu plus bas sur leurs voies que sur les autres voies desservant les mêmes relations, ils ne peuvent y ajouter qu'un péage très* faible en ce qui concerne le trafic concurrencé, pour que leur prix total ne dépasse pas le prix du transport proprement dit sur ces autres voies, qui seul est payé. Or, d'une part, la nécessité de rémunérer le capital énorme engagé dans la construction des chemins de fer ne permet pas de réduire les péages à un taux aussi bas pour tout le trafic, et d'autre part le prix total, dans lequel le péage et le transport se confondent, est soumis sur les chemins de fer à des règles de publicité et d'égalité de traitement qui rendent très difficile de réduire beaucoup le péage pour certains transports sans l'entamer sensiblement pour beaucoup d'autres.

C'est là un point très important. Le prix du transport par route ou par eau se fixe degré à gré, et les entrepreneurs qui l'efTectuent peuvent traiter avec chaque expéditeur en tenant compte -de ses convenances propres, des facilités plusou moins

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