PRINCIPES DE LA TARIFICATION
ù mettre obstacle, par des tarifs, à des transports économic|uement utiles. Au contraire, les mesures c{ui favorisent ou empêchent rabaissement ou le relèvement des tarifs, dans les limites où ces tarifs ne mettent pas obstacle au trafic, n'influent pas sur la création de la richesse et ne réagissent c[ue sur sa répartition entre le concessionnaire et les usagers de la voie. Cette répartition ne peut pas être considérée comme indifférente, et nous reviendrons plus loin sur les observations auxquelles elle donne lieu; mais nous pouvons, dès à présent, faire remarquer qu'il vaut mieux se tromper sur la répartition d'un bénéfice que le supprimer tout h fait. Ainsi, quand on ne peut pas calculer ou appliquer exactement la taxe cju'une marchandise peut supporter, l'intérêt général est que l'on se trompe plutôt en la taxant trop bas qu'en la taxant trop haut.
YI. — Conséquences à tirer des considérations qui précèdent pour la fixation des tarifs. — Les observations qui précèdent montrent qu'en théorie, pour tirer d'une voie de communication tout le profit qu'elle peut donner sans diminuer les services qu'elle rend, l'objectif de celui qui la détient est naturellement de [dire paner à chaque marchandise ou à chaque voijageur loul ce quil peut payer, sans demander à aucun plus quil ne peut pai/er. Seulement, en pratique, la détermina, tion du péage; (ju'une marchandise peut payer est affaire d'appréciation; et dans cette appréciation, il entre tant d'éléments échappant à tout calcul précis que l'on est obligé de revenir, pour la plupart des cas, sinon au tarif unique, du moins à des tarifs relativement simples, sous peine do tomber dans l'arbitraire pur. Mais il importe, en édiclant ainsi des règles générales applicables dans la plupart des cas. de ne pas renoniîcr à adapter les tarifs aux besoins spéciaux qui exigent, dans un assez grand nombre d'entre eux, des dérogations aux règles générales. C'est la nécessité de concilier ces deux points de vue qui fait toutes les difficultés de la question des tarifs. Nous
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allons essayer d'en donner une idée générale ; nous entrerons dans des détails plus précis quand nous étudierons les tarifs des chemins de fer.
A. — NÉCESSITÉ DE HÈGLES GÉNÉRALES ; CLASSinCATIONS ET CON- DITIONS DES transports; barèmes et leur REPRÉSENTATION GRAPlil-
OUE. — Dans notre étude sur les effets des péages, nous avons raisonné sur les transports entre deux points donnés A et B, et nous avons supposé que le péage que pouvaient supporter les marchandises entre ces deux points allait en décroissant, à mesure que l'on envisageait des produits ayant de moins en moins de valeur. Mais nous avons déjà dit que, s'il en est généralement ainsi, il n'y a nullement là une règle absolue. Souvent, les circonstances locales font que, par exception, entre deux localités, la valeur du transport est plus grande pour une marchandise peu coûteuse que pour une marchandise chère; même pour des marchandises identiques, nous avons expliqué comment cette valeur varie souvent avec l'usage auquel chaque expédition est destinée. Le péage que chaque transport peut supporter subit, en conséquence, des écarts considérables.
De même, si l'on envisage des parcours différents, nous avons expliqué que la valeur du transport croît, en général, avec la distance, mais que cette règle, comme la précédente, souffre de nombreuses exceptions ; l'écart que présentent les cours d'une même marchandise est souvent moindre entre deux marchés très éloignés qu'entre deux marchés beaucoup plus voisins l'un de l'autre, de sorte que le prix maximum qui peut être payé pour le transport n'est nullement proportionnel au parcours effectué.
Ainsi, quand nous comparons le transport de A à B, ville éloignée de uOU kilomètres delà première, avec le transport de A à C, ville située à 5U0 kilomètres également dans une autre direction, non seulement le péage qu'une même marchandise pourra supporter entre A et C ne sera pas le même qu'entre A