ÉTATS-UNIS
à 233 kilom. de New-York. Il reçoit des bateaux portant 220 tonnes. Son ouverture, en 1825, a établi une ligne de communication directe entre les grands lacs du Nord des Etats- Unis et le port de New-York; il a joué un rôle capital, dans le transport des blés de l'Ouest vers l'iist, jusqu'au jour où les chemins de fer se sont presque totalement emparés de ce trafic ; ils Tout conservé depuis lors, bien que les péages aient été supprimés sur le canal en 1882. Le trafic des canaux de l'Etat de New-York s'était développé jusqu'à atteindre 3 millions 1/2 de tonnes vers 1870 ; stationnaire de 1870 à 1890, il est retombé, dans les années suivantes, à moins de 2 millions 1/2 de tonnes et s'est à peine relevé au chiflre ancien sous l'infiuence de l'énorme développement du trafic des grands lacs en 1905 et 1906. Pour tâcher de lui rendre son ancienne prospérité, l'Etat de New- York a entrepris récemment de transformer le Canal Erié à grands frais (500 millions de francs de dépenses prévues), en portant son 'tirant d'eau à 3 m. 50, de manière à** permettre aux chalands portant 1000 tonnes ou même plus, en usage sur les grands lacs, d'y passer pour amener les marchandises sans transbordement jusqu'au port maritime,
La navigation des grands lacs, la seule qui ait pris une part sérieuse dans le prodigieux développement des transports aux Etals-Unis, se rapproche par sa nature de la navigation maritime plus que de la navigation intérieure. Des porteurs ou des remorqueurs à vapeur passent d'un lac à l'autre par des rivières ou des canaux dont le tirant d'eau a été porté, depuis 30 ans, de 3 m. 50 à G mètres ; les bateaux à vapeur employés aujourd'hui transportent jusqu'à 10.000 ou 11.000 tonnes de marchandises pondéreuses. Bufi"alo, le port principal où ahoulit cette navigation,- est situé sur le lac Erié, à;l.()GG kilomètres de Duluth au fond du lac Supérieur, et à 1.-456 kilomètres de Chicago au fond du lac Michigan ; pour ces parcours, les prix descendent entre 2 et 3 millimes par tonne kilométrique et
même au-dessous. Les blés et les minerais de l'OuestJes bois du Nord s'échangen-t par cette voie avec les charbons de la Pennsylvanie. Le trafic présente un accroissement prodigieux, depuis quel'industrie minière etmétallurgique de l'Union a pris son essor : le transit au Sault-Ste-Marie, entre le lac Supérieur et le lac Huron, a passé de 2 millions de tonnes métriques en 1883 à plus de 30 millions en 1903, à 40 millions en 1905 et à 46 en 1906; à Détroit, entre le lac Huron et le lac Erié, il a atteint, pour cette dernière année, 56 millions de tonnes.
En aval de Buffalo, vers le lac Ontario et Montréal, l'accès n'est ouvert, par le canal Welland et le Saint-Laurent, qu'à des bateaux de 4 mètres de tirant d'eau et le trafic s'est beaucoup mçins développé.
En résumé, les faits montrent que, dans tous les pays, la navigation intérieure se développe actuellement à peu près exclusivement sur les voies à faible pente où elle peut employer des bateaux de grandes dimensions. Le régime de la gratuité est appliqué presque partout à la circulation sur les voies naturellement navigables. En dehors de la France, la gratuité est au contraire exceptionnelle pour l'usage des canaux et des ports; mais c'est dans les ports seulement que les taxes arrivent à donner des recettes rémunérant une fraction appréciable du capital d'établissement.