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CHAPITRE V

I. — Matériel, moteurs et vitesse. — A. — Définitions. — Avant d'aborder l'étude du matériel naval, nous devons commencer par donner la définition de quelques termes en usage dans le langage maritime, dont nous aurons fréquemment à faire emploi.

Le déplacement d'un navire est son poids total, égal au poids du volume d'eau de mer que ce navire déplace à pleine charge.

La capacité d'un navire, ou tonnage de jauge, se mesure, non d'après le poids des marchandises qu'il peut porter , mais d'après le volume des espaces qui peuvent être utilisés pour loger les voyageurs ou les marchandises. Pendant longtemps, la manière de mesurer le tonnage a beaucoup varié d'un pays à l'autre. Aujourd'hui, tous les peuples ont adopté pour unité la tonne Moursom, qui est un volume de 100 pieds cubes anglais ou de 2"'S83.

La capacité à laquelle on donne en France le nom de jauge brute totale d'un navire est le volume intérieur, y compris tous les emplacements clos et couverts situés sur le pont. Celle qui est désignée partout sous le nom àa jauge brute représente le même volume diminué de certaines parties du lest d"eau(/ra/er ballast) el de quelques-unes des superstructures. En en déduisant les espaces inutilisables, les emplacements afTectés au logement de l'équipage et aux cuisines, ceux qui sont occupés

par les machines, par les soûles à voiles et à charbon, on obtient le volume désigné sous le nom de jauge nette.

La déduction à faire pour passer de la jauge brute à la jauge nette est assez faible pour les navires à voiles; elle n'est en moyenne que de 14 0 0 pour la marine française. Pour les grands steamers, elle atteint en général au moins 30 ou 35 0/0 de la jauge brute, mais elle est bien plus forte pour les paquebots très rapides; elle s'élève en moyenne à 43 0/0 pour les navires français en service en 1906. Elle varie assez sensiblement suivant les règles adoptées pour le calcul des déductions.

C'est la jauge nette qui figure dans les statistiques douanières, et c'est elle qui sert presque toujours de base à la perception des droits de navigation.

11 résulte de ce dernier fait que chaque navire a intérêt à inscrire sur ses papiers de bord un tonnage net aussi réduit que possible. Les méthodes adoptées en France, pour calculer les déductions, étaient autrefois peu avantageuses à notre marine. Une série de modifications réglementaires, introduites peu à peu de 1887 à 1893, avaient diminué le tonnage net, par rapport aux chiffres antérieurs, de 13 pour 100 en moyenne, pour les navires à voiles et de 21 pour 100 pour les navires à vapeur. L'exagération de ces déductions a soulevé des réclamations des puissances étrangères, qui ont menacé de soumettre nos navires à un nouveau jaugeage pour la perception des taxes, si la France n'adoptait pas des règles plus conformes aux pratiques généralement admises. Un décret du 22 juin 1904 a modifié alors le mode de calcul de la jauge nette, dans des conditions qui Tonl rapproché de celui qui est usité en Angleterre et dans la plupart des pays. Il en est résulté, dans le tonnage total de nos navires, un relèvement deli 0/0 pour les voiliers, de 10 0/0 pour les steamers. L'écart entre les résultats des méthodes actuelles, et celui des méthodes antérieures à 1887 a été ainsi ramené à 3 0 0 du tonnage ancien pour les voiliers, à 13 0/0 pour les steamers. Il importe de

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