‹ Trate de la taille des arbres fruitiersChapitre 10 sur 105 · partie importante de la racine. C'est à l'extrémité · texte numérisé non relu

partie importante de la racine. C'est à l'extrémité

de ces radicelles, de ce chevelu, par rintermédiaire des spongioles y ou par la surface latérale voisine de celles-ci, que se fait Tabsorption des fluides qui doivent nourrir le végétal.

Les spongioles ne sont pas des organes particuliers; €6 sont les extrémités radiculaires elles-mêmes à l'état de formation. Le tissu cellulaire qui les compose est encore mou, spongieux, non revêtu d'épiderme; mais protégé par une sorte de pellicule nommée pilorhize qui dure peu de temps. Cette portion de la racine possède une force Pabsorption considérable qui augmente en même temps que l'énergie vitale de la plante.

Le collet est le point d'où part la racine et d'où s'élève la tige.

C'est un plan idéal qu'il n'est pas possible de déterminer anatomiquement, il n'est même pas toujours facile à fixer à la vue d'une manière précise. Toutefois, en arboriculture, on est convenu de le distinguer extérieurement juste au-dessus du point où les premières racines prennent naissance sur le corps de l'arbre.

4. Quant à leur direction, les racines sont privotantes, lorsqu'elles tendent à s'enfoncer en terre verticalement; obliques y lorsqu'elles s'écartent de la verticale; traçantesy lorsqu'elles rampent près de la surface du sol.

Nous l'avons déjà dit, les racines ont pour fonctions de fixer le végétal au sol et d'y puiser, par leurs spongioles, une partie de la nourriture nécessaire à son développement; aussi doit-on apporter dans la culture de l'arbre fruitier le plus grand soin à les conserver et

à les faire croître. Il est convenable de préparer suffisamment le terrain, car c'est surtout dans un sol meuble qu'elles se développent facilement, qu'elles acquièrent promptement de la force , et que le chevelu devient abondant. Lors des façons à donner ^u sol, telles que labours, binages, fumures, etc., on devra considérer si Ton opère sur des arbres à racines pivotantes ou à racines traçantes, afin de ne point endommager ces dernières.

5. Quoiqu'on ne puisse pas dire d'une manière générale, que la dimension des racines soit en proportion exacte avec celle des tiges, il n'en est pas moins vrai que très souvent les volumes sont en rapport : ainsi plus un arbre aura de racines, plus il aura de branches ; et réciproquement. Cependant, bien des circonstances, soit météorologiques , soit culturales , tendent à faire varier cette règle.

Certaines parties des végétaux peuvent produire des racines adventives. Nous en parlerons en traitant de la multiplication des espèces fruitières.

6. Les racines paraissent excréter certaines matières, encore mal définies, plus ou moins incapables de servir à la nutrition des arbres, et qui même semblent leur nuire, surtout à ceux de la même espèce. Cette excrétion radiculaire existe -t- elle réellement? C'est une question que la physiologie n'a pas encore résolue de manière à lever tous les doutes. Toutefois, il est constant qu'un arbre ne peut prospérer là où était précédemment un individu semblable à lui : c'est sur cette sorte de

répulsion que se fonde en partie la pratique de changer la terre quand on veut planter à nouveau, dans le même emplacement, un arbre de même nature. Cependant il est peut-être plus juste d'admettre que c'est par smte de l'épuisement du sol qu'il convient , ou d'alterner les essences, ou de changer les terres. (Voy. 13.)

7. Tige. — La tige est la partie opposée à la racine; elle s'élève dans l'air. Elle est naturellement verticale dans les arbres qui nous occupent, mais les applications de la taille l'obligent souvent à être oblique ou horizontale.

Généralement, la tige se ramifie. Les ramifications prennent le nom de branches; elles varient de volume suivant l'âge de l'arbre et leur éloignement de la tige : ces branches portent les rameaux j qui en forment les extrémités.

La tige se compose : 1^ de Vécorce^ 2** du bois , 3° du canal médullaire.

Vécorce comprend de l'extérieur à l'intérieur : 1° Vépiderme j qui recouvre toutes les parties du végétal, mais qui n'est pas toujours permanent ; 2** V enveloppe herbacee, qui présente une couleur verdâtre et dans laquelle sont contenus les sucs propres; 3° les couches corticales, et le liber, qui, formé de plusieurs couches intimement unies, se trouve en contact avec l'aubier!

Bois. — On distingue dans le bois, V aubier et le bois proprement dit.

Vaubier est la partie la plus extérieure et la plus jeune du bois; il est formé par des couches concentriques

'une teinte ordinairement plus claire que le bois propement dit, ou cœur, et est d'un tissu moins solide.

A mesure que Parbre vieillit, Taubier devient bois en )mmençant par les couches intérieures , et augmente e densité.

Canal médullaire. — Il occupe le centre de la tige et ontient la moelle , qui est surtout abondante dans les arties jeunes. De la moelle partent des rayons dits léduUaires, qui vont jusqu'à Pextérieur de l'aubier.

8. Feuilles et bourgeons. — Les feuilles naissent au ourtour de la tige et de ses ramifications; le plus ordiairement elles sont vertes, elles ne perdent cette cou- 3ur que lorsque la vie cesse chez elles ou qu'une maladie îs frappe. Leur base se termine le plus fréquemment far une queue nommée pétiole. Elles se forment dès la remière année de la végétation ; un tissu fibro-vascuaire constitue la charpente représentée par les nervures ; 3S intervalles que celles-ci laissent entre elles sont remlis par du parenchyme ; le tout est recouvert d'un épi- [erme , et porte le nom de limbe.

Souvent la base du pétiole est accompagnée de petits ppendices foliacés, un de chaque côté, auxquels on a ionné le nom de stipules. Leurs dimensions et leurs Drmes varient beaucoup. Les stipules semblent soudées u à la tige et aux rameaux, ou au pétiole dans une plus u moins grande étendue. Suivant les espèces, elles sont ersistantes ou caduques.

Il est certaines greffes, comme nous le verrons plus ird, où il convient d'enlever les stipules.

Sur les deux faces de la feuille , mais surtout sur Tinférieure, se trouvent de nombreuses petites ouvertures nommées stomates , par lesquelles l'intérieur est en rapport avec l'atmosphère .

Les feuilles, par leurs stomates, absorbent les fluides contenus dans Tair qui peuvent servir à la nutrition du végétal, et rejettent ceux devenus inutiles. Outre cette absorption et cette exhalation , elles remplissent encore des fonctions de respiration en modifiant les liquides absorbés. Elles sont donc éminemment utiles à la vie du végétal.

Le bourgeon paraît à l'aisselle de la feuille et à l'extrémité des rameaux sous forme d'un petit corps ovoïde; c'est une petite branche non encore développée , recouverte d'écaillés qui la protègent contre les rigueurs de l'hiver et les divers agents atmosphériques.

Il se développe en rameau et en branche lorsque la saison ranime la végétation. La jeune pousse conserve le nom de bourgeon tant qu'elle est à Tétat herbacé.

Il y a des bourgeons qui ne contiennent que des feuilles, d'autres que des fleurs; d'autres renferment réunis ces deux organes. En arboriculture, les premiers sont nommés yeux, les deuxièmes et troisièmes , &omtons. Dans la plupart des arbres qui nous occupent, ils sont apparents dès la fin de l'été.

9. De la fleur. — Indépendamment des organes dont nous venons de parler, et qui servent au développement de la plante, il en est d'autres qui servent à sa ^ reproduction , et dont nous allons dire très brièvement

ne faisant que signaler leurs parties les s.

destinés à reproduire le végétal sont la

B l'extérieur à l'intérieur, la fleur se compremière enveloppe ordinairement verte, ; 2^ d'une deuxième enveloppe, presque e, appelée corolle; S^ de petits filets, en grand nombre , terminés chacun par un lé contenant la poussière fécondante ou les étamines ou organes mâles ; 4** enfin, :>u de plusieurs organes soudés ensemble, u organe femelle : il renferme les jeunes UeSf et, par la fécondation , il devient \e

oâle si elle n'a que des étamines; femelle, l'un pistil; hermaphrodite, si ces deux iunis. Cette dernière condition est la plus X plus favorable à la fécondation. Les ; les fleurs femelles peuvent être sur le omme dans le noyer, le noisetier, etc. :

5t dit monoïque. Si elles se trouvent sur )arés, comme dans le dattier, le pista- 'bre est diotque,

i fleur donne un fruit et des graines férue le pollen des étamines ait fécondé le ^, pendant la floraison, un. obstacle, uie froide et prolongée, par exemple, te influence du pollen sur le pistil, la

fécondation n'a pas lieu, la fleur coule ^ et le fruit ne se développe pas. *

10. Du fruit. — Après la fécondation, la partie inférieure du pistil, c'est-à-dire Vovaire, grossit et forme le fruit, qui contient la graine. On dit alors que le fruit est noué.

On distingue dans le fruit : i"" Vépicarpe^ membrane extérieure mince ; 2° le mésocarpej très développé dans les fruits charnus : il en constitue la partie mangeable; 3° V endocarpe, qui enveloppe immédiatement les graines; il varie beaucoup de forme et de consistance.

La graine fait partie du fruit ; c'est un corps particulier renfermant Tembryon qui doit reproduire le végétal. Dans certains arbres fruitiers , c'est elle que Ton mange ; on lui applique alors par extension le nom de fruit.

Mode de nutrition.

H. L'arbre se trouve, par sa partie supérieure, en rapport avec l'air, par sa partie inférieure avec le sol. Les feuilles, par leurs stomates, ainsi que les parties herbacées jeunes , puisent les gaz et l'humidité répandus dans l'atmosphère; les racines, par leurs spongioles, Teau contenue dans la terre , et qui tient en dissolution certaines substances utiles à la végétation. Le liquide prend le nom de sève; il fournit les principes nutritifs du végétal.

La sève a deux courants bien marqués : l'un ascendant, l'autre descendant. La sève ascendante monte

par les couches ligneuses, et surtout par les plus jeunes, avec une très grande rapidité /Cette force d'as- / cension dépend de causes multiples; principalement des circonstances atmosphériques; la chaleur et la lumière la favorisent; l'action qu'exercent les feuilles, par exhalation et la transpiration , le phénomène d'attraction connu des physiologistes sous le nom d'endosmose^ ainsi que la capillarité jouent un rôle important. La sève tend toujours à s'élever de préférence dans les parties les plus verticales. Nous verrons par la suite combien on doit faire attention à cette propriété dans diverses applications de la taille et de la conduite des branches de charpente ; outre cette marche ascendante, elle en a aussi une latérale : elle parcourt donc le tissu végétal dans tous les sens, sans chemin absolument déterminé ; les obstacles qu'elle rencontre la font dévierj C'est au printemps qu'elle commence à entrer en mouvement et que son ascension a lieu avec le plus de force. La sécheresse et la vie moins active des feuilles la ralentissent peu à peu et la font cesser d'une manière apparente vers la fin de Tété. Cependant, au mois d'août, elle reprend son cours avec une nouvelle recrudescence chez certaines espèces d'arbres , entre autres le poirier, lorsqu'il commence à végéter de bonne heure ou qu'à un été sec succède un temps doux et pluvieux. Cette reprise, nommée sive (Taoûty est quelquefois assez fnrfû r^nii». développer les bourgeons. Dans tous les cas, moment que s'achève la formation des orgarbre : on dit alors que le bois s^aoûle.

NOTIONS SUR LE DÉVELOPPEMENT DES ARBRES, il

La sève ascendante ou brute n^est pas apte à nourrir le végétal ; elle ne saurait suffire aux parties en voie^ d'accroissement. Mais une fois arrivée dans les branches, la sève se répand dans les feuilles; là, mise en contact avec Pair qui pénètre dans Tintérieur de ces dernières parleurs stomates, et sous Pinfluence de l'acte de respiration qu'accomplissent ces organes, sous celle de la chaleur et particulièrement de la lumière, elle subit une modification profonde : elle laisse échapper une partie de son eau, s'épaissit, prend des propriétés nouvelles, et redescend des feuilles vers les racines en circulant à travers les couches du liber par des conduits spéciaux. Cette sève descendante ainsi élaborée constitue le cambiurrij suc qui sert essentiellement à la nutrition et à l'accroissement de Tarbre. Chaque année , le cambium forme une couche d'aubier et une couche de liber; celle-ci, extrêmement mince, est moins apparente que la première^ La sève descendante ne descend pas toujours, du moins en totalité; elle suit souvent une marche dififérente. Ainsi elle se porte vers les parties du végétal en voie d'accroissement comme Pextrémité de la tige et des rameaux, tout en fournissant la couche génératrice du nouveau bois et de la nouvelle écorce et la matière de l'allongement des racines. — De ces différents phénomènes résultent l'accroissement des plantes et le développement successif de tous les organes.

Nous n'avons voulu donner ici qu'un très faible aperçu de la manière dont les arbres vivent; nous

reviendrons sur ce sujet chaque fois que l'occasion s'en présentera. Mais il sera indispensable de recourir aux traités debotanique, si Ton tient à connaître à fond ce qu'est la vie végétale.

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