‹ Trate de la taille des arbres fruitiersChapitre 11 sur 105 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

12. Arrachage. — La réussite des arbres fruitiers dépend en grande partie des soins que Ton apporte à leur plantation. Le changement que leur fait éprouver le déplacement de la pépinière nécessite de Tattention dans la manière de les planter, afin d'assurer leur reprise , d'activer la formation du chevelu , et de leur faire prendre, les années suivantes, un accroissement aussi rapide que la- qualité du terrain le permettra.

Le première condition à .observer est un bon arrachage ou plutôt une bonne déplantalion : on ne saurait apporter trop de précautions pour éviter la meurtrissure ou Péclatement des racines, accidents si fréquents. Il est certain que plus celles-ci seront ménagées, plus le chevelu sera abondant et la reprise mieux assurée.

Les racines resteront à Pair le moins longtemps possible , et devront surtout être protégées contre la gelée ; si après un long trajet elles étaient desséchées, il serait utile de les laisser tremper dans l'eau pendant plusieurs heures et de les planter immédiatement/ Il ne faudrait pas exagérer le séjour dans Teau des racines , car au lieu de les raviver on pourrait quelquefois, par suite d'une trop grande absorption, les rendre sujettes à

/^ moisir et amener alors leur pourriture/ Lorsque la plantation ne pourra avoir lieu tout de suite, il faudra mettre les arbres en jauge, abrités du froid et des < grands vents. La mise en jauge consiste, comme on sait , à les placer dans une tranchée peu profonde , les uns à côté des autres , en prenant la précaution de ne pas entremêler leurs racines ; on les couvre de terre sans la tasser, mais en assez grande quantité pour qu'ils puissent tenir debout; on les prend ensuite au fur et à mesure des besoins de la plantation. En recevant des arbres par un temps de trop forte gelée , il ne serait pas prudent de les déballer, on les abritera du froid, et l'on attendra que celui-ci soit notablement diminué.

13. Choix et préparation du terrain. — Si Ton a à sa disposition le choix du terrain , on s'établira de préférence sur un sol fertile et de moyenne consistance , ni trop sec ni trop humide. En général , les arbres à fruits à pépins sont plus difficiles sur la qualité du sol que les arbres à fruits à noyau. Ils veulent une terre plus profonde et plus riche : parmi les derniers , le pêcher fait peut-être exception à cette règle, quoiqu'il puisse encore venir dans les terres légères et peu profondes. Il est utile de sonder le terrain de place en place afin d'en connaître la composition ainsi que l'épaisseur de la couche végétale et Tétat du sous-sol. Cette épaisseur sera suffisante pour la prospérité des arbres, si elle a de 0°',60 à 0°',70, pourvu que le sous-sol soit perméable; dans le cas contraire, elle devra avoir de

O^'jSO à 1 mètre. Ce que nous recommandons en ce moment est ce qu'il faut rechercher, mais n*est pas absolument indispensable. Quelle que soit la nature du sol, il faut le préparer à recevoir les arbres , ce qui consiste à le défoncer et à le fumer, quelquefois même à y apporter des amendements, dans le but de le rendre plus propice à la végétation.

Le défoncement, que nous ne décrirons pas entièrement ici, peut être partiel ou total; ce dernier vaut mieux , il mélange davantage les différentes couches du sol , qui change souvent de nature à divers degrés de profondeur. Il s'emploie quand on veut planter en plein carré , ou dans toute la longueur d'une plate-bande. Le défoncement partiel consiste à faire des trous dont la grandeur varie.

Cette opération devra se faire de six semaines à deux mois au moins avant la plantation, si le terrain est libre, afin de soumettre la terre ramenée à la superficie aux influences atmosphériques, qui la rendront plus végétale.

Le tassement se sera en partie effectué, ce qui permettra de régaler la surface du terrain et d'avoir des arbres dont les racines seront enterrées à une profondeur régulière.

On est dans l'habitude , quand on défonce un terrain, de jeter au fond de la tranchée ouverte la terre prise à la superficie sur une épaisseur de 0°*,30 à 0"',40 et de ramener par-dessus celle qui formait le sous-sol. C'est une pratique vicieuse. Dans la plupart des cas, la terre

du sous-sol est presque toujours infertile, ou du moins son degré de fertilité est très faible ; elle est loin d'avoir la même qualité que la terre ordinairement labourée. Elle a besoin, pour acquérir les propriétés voulues de fertilité, d'être soumise assez longtemps à llnfluenoe des agents atmosphériques et d'être cultivée fréquemment. On peut toutefois accélérer . le moment où elle deviendra bonne par Taddition d'une certaine quantité d'engrais à demi-consommé ; mais elle ne le sera pas encore suffisamment à l'époque où Ton plantera, à moins de s'y prendre bien d'avance. Aussi les racines des jeunes arbres mises dans une telle terre s'y développent peu, et souvent l'arbre languit sans autre cause, pendant les premières années de sa plantation. Ce résultat se fait surtout apercevoir lorsqu'on replante un terrain depuis de longues années couvert d'arbres, quoiqu'on en change l'essence. On le voit encore se produire dans les terrains neufs, mais à un moindre degré. Nous conseillerons donc, une fois la tranchée ouverte, de mélanger ensemble aussi bien que possible le sol et le sous-sol jusqu'à la profondeur fixée pour la défonce, en se servant de la bêche et de la houe à crochets , de manière à rendre la masse de terre remuée sensiblement homogène, au lieu de la conserver par couches distinctes et de qualités différentes. La prospérité de l'arbre est plus certaine. Nous entendons , en ce moment, par sous-sol, l'épaisseur de terre végétale non ordinairement cultivée et sur laquelle repose la couche labourable. Le mélange que nous recommandons ne se fera

que si ce sous-sol est susceptible de devenir promptement fertile par la culture; autrement il vaudrait mieux le laisser de côté^ et améliorer le sol par le moyen des engrais , ou ^ si l'on ne craint pas la dépense j augmenter son épaisseur par l'apport de bonnes terres. Quand on a aflFaire à des terrains neufs, c'est-à-dire ne portant pas d'arbres ou n'en ayant pas porté depuis longtemps , au lieu d'opérer le mélange des terres , qui , bien que préférable, ne laisse pas que d'être coûteux, on peut se contenter de défoncer en remuant les terres sans en changer les couches de place, en employant le défoncement à trois jauges. La couche végétale fertile reste à la superficie. Si ces travaux peuvent être faits plusieurs mois à l'avance et le terrain mis en culture et filmé, ce n'en sera que mieux pour le succès des plantations.

La profondeur à laquelle il convient de défoncer varie suivant la nature du sol et celle de Tarbre ; nous donnerons ici des chifiFres moyens qu'il sera toujours possible de suivre. Si le sol est léger, comme dans un tel sol les racines pourront s'établir profondément d'ellesmêmes, il suffira de l'approfondir de 0"*,60 à 0°",70 ; si au contraire, il est fort et compacte, on creusera de O'^ySO à 1 mètre. Si l'eau séjournait sous le sol , il serait utile de mettre au fond de la tranchée un lit de O^'yâO de plâtras ou des pierres , pour la laisser s'écouler de la partie supérieure et empêcher les racines de rester au contact d'une humidité trop prolongée qui leur serait nuisible. Dans le cas où ce serait nécessaire, on pla-

cerait par-dessus ces pierres quelques tuiles qui feront obstacle au pivotement des racines et les obligeront à s'étendre horizontalement. On aura ainsi moins a craindre les mauvais effets de Thumidité. Malgré ces précautions, il arrive souvent que Teau du fond du sol remonte, par l'effet de la capillarité , dans une trop grande proportion, et provoque surtout, si elle est stagnante, la pourriture du chevelu. Aussi le mieux serait de faire une tranchée assez profonde dans l'allée en avant de la plate-bande , et d*y apporter une certaine épaisseur de pierres ou d'y poser un drain. Les eaux s^y rendront, abandonneront la plate-bande ou le troU; et le sol ainsi asséché conviendra parfaitement aux arbres. On conçoit que des pierres ou des plâtras suffiront pour égoutter suffisamment le sol, si l'on plante seulement une plate-bande ; mais , si l'on plantait un carré en entier, il deviendrait nécessaire de drainer. Le drainage, comme on le sait , consiste à assainir le sol au moyen de rigoles couvertes nommées drains. Ces drains se composent de tuyaux de terre placés bout à bout , et par les joints desquels l'eau s'infiltre et s'écoule. On les distance suivant la profondeur à laquelle on les met : ainsi, pour une profondeur de 0",80 à 1 mètre, indispensable aux arbres fruitiers, on peut les espacer de 8 à 10 mètres. Dans les drainages faits en plein champ , les joints des drains ne sont ordinairement recouverts que par la terre qui comble la tranchée ; mais lorsqu'il s'agit de plantations d'arbres, il est utile de les recouvrir d'un manchon ou d'un demi-manchon , afin d'éviter, autant

que possible 9 que les racines ne s'introduisent dans les drains et ne donnent lieu à la formation de queuesde -renard, qui les obstrueraient promptement. La grande difiSculté du drainage est l'écoulement des eaux recueillies par les drains ; aussi, avant de commencer une telle opération, convient-il de s'assurer de Tendroit où celles-ci seront rejetées, pour donner ensuite la direction et la pente convenables aux drains collecteurs etévacuateurs. Nous n'avons pas la prétention de décrire ici les travaux que nécessite le drainage d'une propriété; nous n'avons voulu qu'indiquer ce mode d'assainissement comme étant l'un des plus faciles et des moins dispendieux. Les résultats sont certains lorsque l'opération est bien faite.

Quand on fera des trous dans les terrains médiocres, ils ne devront pas avoir moins de 2 mètres de largeur sur tous sens, et de O^'jSO à 1 mètre de profondeur, si toutefoislesous-solle permetpar sa perméabilité. Lorsque ce dernier est de nature tout à fait infertile, on amène des terres de bonne qualité pour remplir les trous, ce qui rend alors la plantation plus dispendieuse et malgré cela, quelquefois peu durable. Si cette dépense ne peut être faite, il importe de ne pas entamer le sous-sol, et de ne pas dépasser la couche végétale dans laquelle les racines s'étendront horizontalement; tandis que prises dans le sous-sol elles s'arrêtent bientôt, et l'arbre après avoir végété pendant quelques années, ne tarde pas à dépérir. Dans les terrains de bonne nature, une largeur de 1",50 sur chaque côté et une profondeur de 0™,80

suffiront pour la prospérité des arbres : il y a, du reste, avantagea étendre ces limites, si Ton n'est pas arrôtépar la dépense. Une précaution essentielle à prendre est de faire mettre à part la terre qui était à la surface, afin de la réserver aux racines, comme étant de qualité supérieure à celle extraite du fond; celle-ci restera à son tour exposée à Tair et y acquerra de meilleures qualités. On pioche le fond et les côtés de chaque trou, qui, sans cela, formerait une sorte d'encaissement préjudiciable à Tavenir de Tarbre.

Si Ton était dans l'intention de planter entièrement un espalier, je conseillerais de défoncer la plate-bande dans toute sa longueur, sur une largeur de 2 mètres au moins et sur une profondeur de 0"",70 à 0",80.

Dans le cas où le défoncement du terrain a été complet, il n'est plus nécessaire pour planter de faire des trous de la dimension de ceux que nous venons d'indiquer^ on en ouvrira d'assez grands seulement pour que les racines puissent y être placées à l'aise.

Le défoncement se fera préférablement pendant l'été, lorsque les terres sont saines et se travaillent facilement. On apporte à la surface de la partie à défoncer les engrais, consistant en fumier bien décomposé et approprié à la nature du sol ou en terreau gras , et au besoin les amendements jugés utiles. Puis on ouvre une tranchée dont on enlève les terres de manière que l'ouvrier puisse y descendre et s'y mouvoir aisément. Celui-ci abat devant lui la terre et la mélange avec l'engrais, puis il la jette derrière lui en la prenante la pelle

OU à la bêche, en faisant toujours une tranchée de même dimension que la première. La terre extraite de cette tranchée sert à fermer la dernière. On laisse le sol se tasser pendant plusieurs semaines y et si on le croit nécessaire on recommence Topération en sens inverse. Ce double défoncement est «coûteux, mais assure le succès de la plantation; nous n'hésitons pas à le conseiller.

11 importe de rappeler ici que lorsqu'on est obligé de remplacer un arbre mort de vieillesse ou d'accident, alors qu'il n'était plus tout à fait jeune, par un autre de même espèce, il est nécessaire de changer la totalité de la terre extraite du trou où Ton veut replanter, afin d^ assurer sa réussite. On prend la terre dans un carré voisin, en choisissant la meilleure. Sans cette précaution, soit que l'arbre ait épuisé les substances qui étaient propres à sa nature , soit que, par TefiFet de ses excrétions , il nuise à son semblable, toujours est-il que celuici ne pourrait pas prospérer. Si l'arbre à planter était d'une autre nature que celui qu'il remplace, il serait inutile de changer la totalité de la terre , un peu de nouvelle sur les racines suffirait /à la condition de fumer la \ terre conservée. '

14, Époque de plantation et habillage des arbres. — Bien qu'on puisse, à la rigueur, planter à toutes les époques de Tannée, la plus favorable est l'automne, surtout si les plantations sont faites de bonne heure. On peut commencer dès que la végétation a cessé, ce qui a lieu pour nos climats vers la seconde quinzaine d'octobre. Les arbres mis en place à cette époque, et pen-

dant la première quinzaine de novembre, émettent immédiatement du nouveau cbevelu , et poussent avec plus de vigueur que ceux plantés après l'hiver. La plantation au printemps n*est .préférable que pour les terrains très argileux, froids et humides ^ et ceux sujets à être submergés pendant l'hiver.

Avant de planter un arbre, il faut procéder à son habillage. Cette opération se fait aux branches et aux racines. Pour les racines, elle consiste dans le retranchement de toutes celles qui ont été éclatées ou meurtries lors de l'arrachage ou pendant le transport; on doit y apporter le plus grand soin, car il arrive souvent que des racines meurtries, au lieu de se cicatriser, se chançrent, l'arbre devient languissant et finit par périr. On rafraîchit avec la serpette l'extrémité du chevelu desséché et des racines , afin qu'elles puissent en produire de nouveau qui concourt puissamment à la reprise. La coupe se fait en dessous, de manière que la plaie repose directement sur la terre, dont le contact favorise la cicatrisation.

Quant aux branches, on ne supprimera que celles cassées , et ce n'est qu'un peu avant l'ascension de la sève qu'on les mettra, pour la longueur, en rapport avec les racines, ou qu'on les taillera/ Pour les arbres à haute tige , on ne conservera que les branches nécessaires à la bonne conformation de Tarbre, et les racines seront ménagées autant que possible.

Dans les plantations tardives, il y a souvent avantage à ne pas tailler la première année de plantation , on

règle seulement les branches entre elles suivant la longueur exigée par leur position. Quant aux branches fruitières y si Parbre en porte, il faudra toujours les tailler comme elles doivent l'être , que la plantation soit faite de bonne heure à Pautomne ou tardivement au printemps.

15. Choix des arbres. — On devra choisir des arbres sains ) bien portants , et ne présentant aucun signe de faiblesse. Plus ils seront jeunes ^ plus leur transplantation sera facile et leur reprise assurée. Je suis loin de partager Tavis généralement admis qu'un arbre sortant d'une pépinière où le terrain de première qualité lui aura fait prendre un grand accroissement résistera moins bien, transporté dans un terrain de qualité inférieure que s'il avait été élevé dans une pépinière où le sol serait à peu près de même nature. Tout au contraire, l'expérience nous a prouvé qu'un tel arbre luttait beaucoup plus avantageusement contre la mauvaise qualité de la nouvelle terre qu'un autre plus faible , sortant d'une pépinière dont le terrain serait de qualité moyenne. Les arbres bien venants ont des racines beaucoup plus absorbantes, des canaux séveux plus dilatés, un système ligneux mieux constitué que ceux qui sont faibles, quoique bien portants; ils peuvent mieux résister. Aussi conseiUons-nous de ne prendre les sujets que dans une pépinière où la fertilité du sol les aura rendus robustes.

16. Plantation. — L'arbre une fois habillé, il s'agit de le planter. Une des premières précautions à prendre

est de le mettre à la profondeur voulue, qui varie suivant la nature du sol et celle du sujet sur lequel l'espèce est greffée. Dans un sol léger et brûlant il sera avantageux d'enterrer un peu plus profondément que dans un sol humide et froid» où il y aura nécessité de tenir les racines le plus près possible de la surface, afin d'éviter leur pourriture et d'activer leur végétation. Toutefois on laissera la greffe hors de terre , elle ne doit pas être enterrée : il y a toujours avantage à ce que l'air puisse arriver aux racines, conséquemment à ne pas trop les couvrir^' L'arbre n'en est que plus fertile et les fruits meilleurs. Si les effets du froid, et principalement ceux de la sécheresse, étaient à craindre, il serait très utile, la première et la deuxième année de plantation, de couvrir le sol d'une légère couche de fumier à demi-consommé, en guise de paillis. Les racines, dans une terre ainsi abritée, trouveront des circonstances favorables à leur premier développement.

En plantant, on doit prendre en considération l'effet du tassement du sol fraîchement remué ; on l'évalue de 0'",08 à 0°*,12 pour 1 mètre, suivant sa nature forte ou légère. Pour savoir si l'arbre est placé à la hauteur convenable, on peut se servir d'une grande règle que l'on met en travers du trou ; on présente Içs racines dans le trou et Ton pose la tige le long de la règle, en tenant la greffe à O'^jO? ou 0°",08 au-dessus. On retire l'arbre, puis on remplit le trou de la manière suivante : On jette de la terre en quantité telle que l'arbre se trouve à la hauteur voulue. Si l'on a des gazons décomposés, on

en mettra^au fond, on les divisera bien avec la bêche pour ne pas occasionner un trop fort tassement. Un homme tient Parbre dans la position indiquée, en ayant soin de Paligner avec ses voisins , s'il y a nécessité; un autre fait entrer la terre, qui sera substantielle, entre les racines. Elles doivent toutes passer par les mains du planteur, qui leur fera prendre leur direction naturelle sans les contraindre ni les forcer à mesure qu'il les couvrira de terre. S'il y a un pivot , et qu'on ne puisse le conserver vertical , on Pincline horizontalement sur Pun des côtés. On se donnera bien garde de secouer, comme on le fait si fréquemment, dans le but, prétend-on, de faire descendre la terre entre les racines : cette habitude de secouer Parbre en le soulevant légèrement a le grave inconvénient de déranger ces dernières, de les amonceler lorsqu'elles devraient être écartées, et souvent même d'en rompre quelquesunes.

Il ne faut pas marcher au pied d'un arbre lorsqu'il vient d'être planté , cette pratique est vicieuse , en ce sens qu'en plombant le terrain , on s'expose à casser les racines, ou tout au moins à les meurtrir. Il faut seulement appuyer légèrement avec le pied pour le maintenir contre le vent ; les pluies suffisent pour tasser les terres/ Dans une plantation très tardive , il sera avantageux de mouiller les racines pour que la terre s'y attache immédiatement, et de verser doucement un ou plusieurs arrosoirs d'eau autour du pied pour aider au tassement|tCette pratique au moment où l'arbre vient

d'être planté, peut être généralisée , sans avoir égard à l'époque, excepté pendant l'hiver; elle hâte le tassement du sol.

11 sera aussi utile j quand la plantation aura lieu tard ou lorsqu'on transplantera des arbres déjà forts ^ d'enduire la tige et les branches d'onguent de Saint- Fiacre ^ qui les préservera du hâle et de la sécheresse, et assurera ainsi davantage la reprise.

L'application de cet onguent aux racines est également très avantageuse pour tout arbre, n'importe son âge. S'il est jeune , on trempe simplement les racines dans un baquet rempli de cette matière , que Ton fait un peu liquide; il y aurait inconvénient pour les jeunes radicelles à l'avoir trop épaisse; s'il est âgé, on doit l'étendre avec la main.

Lorsqu'on est dans la fâcheuse nécessité de transplanter un arbre alors qu'il est couvert de feuilles , il est indispensable de supprimer ces dernières en conservant leur pétiole, destiné à protéger les yeux et les boutons. On coupe aussi l'extrémité trop herbacée des bourgeons, afin d'éviter l'évaporation de la sève, et par suite le dessèchement des rameaux et des branches. Des arrosements sur la tige et les branches , ainsi qu'aux racines, facilitent la reprise toujours chanceuse de l'arbre.

Quand on plante en espalier, on opère de la même façon ; seulement on a soin de tenir la tige éloignée du mur de 0°',12 à O'^jlô (afin de permettre par la suite son grossissement) , et de la placer obliquement vers lui

pour qu'elle s'y applique plus facilement. On distribue à droite et à gauche les racines pour les empêcher de rencontrer les fondations, et l'on a soin de ne fixer le petit arbre au treillage que quand le tassement du sol est eflfectué.

Il est préférable de planter par un beau temps plutôt que par la pluie; la terre saine vaut mieux que la terre trop humide , qui se plombe , devient compacte , et nuit au développement du jeune chevelu.

Au printemps , lorsque les plantations seront terminées , à moins que le sol ne soit par trop humide , on leur mettra un léger paillis qui maintiendra la fraîcheur ; quelques binages et quelques arrosements pendant Pété, si c'est nécessaire, compléteront les soins qu'elles réclament.

La distance à observer entre les diverses espèces d'arbres est une chose importante, et de laquelle souvent dépendent les bons résultats d'une plantation. Avant de traiter cette question , nous poserons en principe qu'il est toujours plus avantageux de ne planter sur un espace donné que la même nature d'arbres , à cause de leurs besoins différents, au lieu d'en mettre plusieurs, comme cela se pratique encore aujourd'hui dans la plupart des jardins. Ce que nous disons là s'applique surtout aux espaliers.

On est presque toujours dans Thabitude de planter trop près. On ne voit Tarbre que jeune, sans se rendre compte de l'étendue et de l'accroissement qu'il est sus- y ceptible de prendre par la suite, et qui lui sont néces- /

saires pour obtenir une fructification abondante et régulière.

Toutefois f ce n'est pas sans une sorte de raison que Ton commence à planter aujourd'hui plus rapproché qu'autrefois y principalement les arbres en espalier. Il s'agit d'aller vite» on est peu disposé à attendre. On veut garnir promptement les murs et les utiliser ainsi davantage, quitte à voir les plantations durer moins longtemps. Pour les petits jardins , cette manière d'agir est bonne ; elle permet de retirer un profit plus considérable en un temps donné. De plus, si un arbre vient à périr, Tespalier est moins dégarni et la lacune plus vite comblée. On a encore l'avantage de pouvoir réunir sur un espace limité un assez grand nombre d'espèces ou de variétés de fruits , ce qui en varie et prolonge la jouissance. Toutefois, dans les grands jardins, on devra allier les deux modes de plantations rapprochée et éloignée , afin d'avoir, avec cette dernière , des arbres de longue durée formant une réserve sur laquelle on \ aura la ressource de récolter quand la première corn- I mencera à s'épuiser, et donnant une grande valeur à la \ propriété.

-^ La distance à observer entre les arbres dépend ; 1^ de leur nature; 2^ de celle du terrain; 3° de la forme sous laquelle on les élève; 4** de la hauteur du mur.

Examinons successivement ces diverses circonstances, en commençant par les espaliers. Pour un mur de â'^ySO de hauteur sous chaperon, qui est la plus générale :

Les pêchers, dans un bon terrain, dirigés suivant la forme carrée (fig. 68 et 81) , seront éloignés de 8 mètres les uns des autres; sous la forme palmette à branches horizontales (fig. 82 et 84) , de 6 à 8 mètres; à cinq branches verticales (fig. 86), à â'^ySO; à trois branches verticales, à l^'jSO; à deux branches en U (fig. 88) , à 1 mètre; en cordons verticaux ou obliques (fig. 89), de 1 mètre à 0°',80. Dans un terrain médiocre, la forme carrée, 6 mètres; la palmette horizontale, D mètres. Les autres formes aux distances que nous , venons d'indiquer.

Les poiriers en palmette horizontale (fig. 39 et 42), dans un bon terrain, auront 5 mètres d'écartement; dans un terrain Inférieur, 4 mètres ; à huit branches ^ verticales (fig. 46) , 2 mètres; à cinq branches (fig. 45) à l'^jgS; à quatre branches en U, à 1 mètre; à trois ! branches, à 0°",!^ ; enfin à deux branches , à O'^ySO. , ^

L'abricotier, le cerisier, le prunier en palmette, dans un bon terrain, seront distancés à 6 mètres; dans un sol médiocre , à 4 mètres; en palmette verticale ,, même distance que les poiriers.

La vigne, suivant la méthode de Thomery, sera plantée de O^^ySO à 0°',60 entre chaque pied, suivant la hauteur du mur. A l'article Vigne, nous en reparlerons. En palmette ordinaire (fig. 100), de 0°',75 à 0"^,80; pour palmettes alternées (fig. 101), à 0^^,40^ n'importent la nature du terrain et la hauteur du mur. Dans les terrains où la vigne ne végète pas très fort, il y aura intérêt à rapprocher les pieds de celle cultivée en cordons. Ceux-

ci sont moins longs, chaque bras ayant moins à parcourir. On multiplie ainsi les extrémités de cordons , sur lesquelles vient le plus beau raisin, en diminuant le nombre des coursonnes qui en donnent de moins beau. Les racines s'étendent en devant du mur suffisamment pour nourrir la treille.

La pyramide du poirier (fig. 4) se distancera dans un bon terrain, greflfée sur franc (1) ou sur cognassier^ de 3 à 4 mètres en tous sens et en alternant, et à ^"'jSO dans un mauvais sol , en la plaçant à 1 mètre au moins du bord des allées. Si celles-ci étaient limitées par des cordons de pommiers, l^'jSO serait nécessaire.

Pour le pommier sur franc, à â^'jSO; mais ce dernier se cultive peu sous cette forme f on le plante préférablement greflfé sur paradis (fig. 5), alors il se met à 1 mètre ou l^'jâO en tous sens; sur doucin, pour contre-espalier, à 4 mètres. Si on le place en contreespalier, greflfé sur franc, on lui donnera un développement de 4 à 5 mètres. t Enfin, élevé en cordons sur paradis (fig. 47), on le distancera de 1 et 2 mètres, suivant le parcours des cordons et le nombre d'étages. /

Nous n'avons indiqué des distances que pour les formes le plus généralement adoptées dans les jardins

(1) Il est très avantageux, dans la plupart des terrains de transplanter le poirier franc au lieu de le greffer en place. La transplantation facilite la ramification des racines et l'abondance du chevelu ; tandis que non soumis à cette opération, les racines pivotent profondément, font peu de chevelu, et atteignent vite le mauvais sol. Alors l'arbre devient languissant, peu productif, et Tmit par dépérir entièrement.

de moyenne étendue^ où rarement on plante à haute tige ; il n*y a que dans les grands jardins et les vergers que cette pratique est admise. Il deviendrait trop coûteux de défoncer la totalité du terrain ; on fait des trous dans les plus grandes dimensions que nous avons données. La distance à laquelle on les mettra sera d'environ 8 à 15 mètres, suivant la nature de raii)re et celle du terrain : il est avantageux de laisser Tair et la lumière circuler très librement entre tous les arbres , et il est souvent nécessaire de ménager les cultures voisines ^ surtout si Pou plante dans un potager dont le sol est occupé par des légumes pendant à peu près toute Tannée. Les vergers sont ordinairement peu cultivés, le meilleur moyen d'utiliser le sol est de le mettre en herbage; les premières années, cependant, on peut cultiver de gros légumes, comme les pommes de terre, les haricots, etc.

La plantation en bordure ne se fait sur une assez grande échelle que dans les champs, le long des chemins et des avenues; on distance à 10 ou 12 mètres pour la commodité des travaux de culture et de la circulation. Les soins à donner à ces arbres consistent à élaguer les branches qui forment confusion, à enlever le bois mort et à biner le pied pendant leur jeunesse.

17. Des murs. — La construction des murs étant subordonnée à diverses causes locales, comme la rareté de certains matériaux , nous nous arrêterons peu sur ce sujet; nous dirons seulement quelques mots sur leur disposition.

Une hauteur de ^"'ySO à 3 mètres est celle qu'on leur donne le plus ordinairement; elle convient parfaitement pour toutes sortes d'espaliers. Si Ton a le plâtre à bon marché, il sera avantageux d'en enduire le mur, afin de pouvoir palisser à la loque , méthode que nous ferons connaître plus loin.

Les meilleurs murs sont ceux de clôture ou de refend; les murs de terrasse ne sont pas très bons, ils sont trop humides l'hiver et trop chauds pendant Tété; cependant, moyennant quelques soins , on peut les utiliser avec profit. /Ainsi les treillages posés contre ces murs en seront écartés de 0°,10 par des crochets ou des pieux; on évite par là aux arbres l'humidité pendant Phi ver et la trop grande chaleur en été. En laissant un petit intervalle entre le mur et le treillage, l'air circule mieux et maintient les arbres dans un milieu

f\favorabWLe choix de l'exposition pour la disposition générale d'un jardin n'étant pas toujours possible, je ne parlerai que de celle offerte par les murs. Si Ton a la facilité de les disposer à son gré^ on les 1 établira du nord au midi, de manière que les faces ^ regardent, l'une le levant , l'autre le couchant. Ces deux expositions sont plus favorables que le nord, et souvent même que le midi , à la culture des arbres fruitiers. Mais comme, avant tout, il faut utiliser celles que l'on a, on mettra : au nord, au nord-est et nord-ou^t, les poiriers et les cerisiers (et encore des espèces choisies dans ce but); au midi, au sud-ouest, ainsi qu'au levant et au sud-est, le pêcher, la vigne, l'abricotier; enfin,

au couchant, le pêcher, le poirier et la vigne. Du reste, ces données n'ont rien d'absolu, si ce n'est pour ce qui concerne l'exposition du nord. Quant aux espèces de pêchers dont le fruit est d'une nature tardive , il conviendra de les mettre au midi, afin d'assurer leur maturité.

18. Das treillages. — Lorsque le palissage à la loque n'est pas possible, il faut nécessairement construire des treillages. Ceux de bois sont employés le plus généralement, quoiqu'on puisse y suppléer par de simples fils de fer, là où leur établissement reviendrait trop cher. /'Mais ceux-ci ne conviennent pas pour les arbres à fruit à noyau. Ils risqueraient d'écorcher les branches et de provoquer la production de la gomme/ Un treillage se fait, soit de chêne, soit de châtaignier, soit de sapin refendu à la scie mécanique , et se compose de montants qui sont perpendiculaires à la direction du mur, et de traverses parallèles au sol, sur lesquelles reposent les montants. Je ne m'occuperai ici que de ce qui se rapporte à la distance à observer entre les traverses et les montants , chose essentielle au point de vue du palissage.

Suivant la nature des arbres, cette distance variera. Pour le poirier, un écartement de 0°^,20 à 0"*,25, et préfèrablement ce dernier, en tous sens, pourra être adopté. Pour le pêcher, chez lequel la petite branche a besoin d'être soigneusement attachée, un écartement de 0"',10, entre les montants ne sera pas trop faible. Le cerisier exige la même largeur que le poirier : comme

pour ce dernier, on n'attache que la branche de charpente; la branche à fruits, tenue toujours courte , ne se palisse pas ; les bourgeons à bois sont pinces. La vigne veut aussi être attachée; on donnera aux traverses et aux montants un écartement de 0°,25, afin de pouvoir fixer~et les cordons et les sarments. Les treillages de fil de fer lui conviennent parfaitement (1).

.M. 19. Des abris. — Ils sont indispensables à la culture des espaliers. Sous notre climat, où la température est si variable , il importe de pouvoir protéger les arbres ,/ f ;;. contre Faction des gelées tardives et contre les intermit-

/. t"' , (1) Si l'on adopte le treillage de fil de fer, il fluflfira de tendre horizontale-

ment des fils n^ 17, qui varieront entre eux de distance suivant l'essence d'arbres. Pour le poirier et l'abricotier, on les mettra à 0™,25. Pour la vigne on observera le même écartement : le premier fil, à partir du bas du mur, servira à maintenir les cordons, et le second les sarments ; ainsi de suite. Quant au pécher, dont la petite branche a besoin d'être palissée soigneusement, les fils placés horizontalement à 0™,20 serviront à porter des lattes de bois rapprochées entre elles à 0°^,10 verticalement. 11 sera même bon d'en mettre une de chaque côté des branches charpentières à 0",05, afin d'éviter les brides.

Les fils de fer, dans ce système, sont maintenus au moyen de pitons et de crochets à scellement ou de crochets à pointe (si le mur peut se laisser pénétrer par ces derniers), que l'on pose tous les 3 mètres sur la ligne, en les alternant avec ceux des lignes voisines. On les tend à l'aide du roidisseur Collignon d*Ancy, qui leur conserve toujours la tension désirable. Les treillages ainsi faits^ tout en remplissant parfaitement le but qu'on se propose, sont d'un établissement plus simple et plus économique qu'un treillage de bois, et sont d'un entretien pour ainsi dire nul, si les fils de fer et les roidisseurs sont, comme c'est préférable, galvanisés. Toutefois nous devons dire que si l'on tenait au coup d'oeil, les treillages de bois, garnissant mieux le mur, seraient sous ce rapport, plus convenables. Ils sont également préférables pour les contre-espaliers, auxquels ils donnent plus de solidité, bien que cette dernière forme puisse être établie plus économiquement avec des fils de fer supportés par des pieux, et offrir encore une résistance suffisante. Le fil de fer n^ 16 peut être employé comme le no 17 ; il est moins gros, plus facile à tendre et suffisamment solide.

tences de pluie et de soleil » surtout au moment de leur floraison, afin de rendre les récoltes moins incertaines. A cet efiFet, une bonne précaution à prendre est de garnir le mur à son sommet d'un chaperon formant une forte saillie destinée à rejeter les eaux au delà du pied de l'arbre et à le protéger en partie contre le refroidissement subit pendant la nuit. Cette saillie sera d'autant plus forte que le mur sera plus élevé : pour la hauteur que nous avons mentionnée précédemment, elle devra être environ de O^'jlS à O^'jSO pour le levant et le midi, et de O^'yâO à 0"',24 pour les autres expositions; si l'on palisse à la loque, on diminuera la saillie des chaperons de O^'jOS à O^^jOG./On donnera peu de '\ pente au chaperon, afin de pouvoir glisser les auvents ^ dessous. J

Fig. 1.

En outre de ces chaperons, il est bien de se servir d'auvents pour atteindre plus complètement le même but (fig. 1). On scelle au haut du mur, 0°',10 au-dessous de là saillie du chaperon, des supports de fer

(fig. 2) OU de bois, distancés de 1 mètre les uns des autres et ayant au plus O'^^OS de pente; on place dessus,

Fig. 2.

soit des auvents de paille de 0",40 à 0",50 de large et de 2 mètres de long^ soit des planches légères de sapin renforcées par des traverses clouées, au moment où les arbres vont entrer en fleur, et on les laisse jusqu'à ce que le fruit soit bien noué. Les auvents de paille ne doivent pas dépasser la longueur que nous indiquons, ils sont alors d'un maniement facile et d'une solidité plus durable. Quant aux planches, comme elles sont beaucoup plus résistantes, la longueur est assez indifférente. Si le printemps était changeant, il serait avantageux de les laisser jusqu'à ce que le mauvais temps ne fût plus à craindre , c'est-à-dire vers la fin de mai ; les fruits ne se tachent pas et deviennent plus beaux J^ Pour les fruits sujets à se tacher, comme il arrive au saintgermain, au bon-chrétien d'hiver et au doyenné d'hiver dans bien des localités, il convient de laisser les abris plus longtemps; on ne les enlève qu'un mois ou deux avant la récolte; Lorsque le mur est garni d'un treillage, on peut, à la rigueur, se dispenser de supports scellés; on les remplace par une sorte de potence (fig. 3) que l'on accroche dans le treillage, on place l'auvent dessus,

et on Ty fixe solidement avec des liens d'osier ou de fil de fer/A défaut de treillage, on maintiendrait la potence à Paide de deux forts clous à crochet , comme l'indique la figure 3. Un troisième clou, en bas, près du pied de la potence, enfoncé la tête renversée, est destiné à rece-

Fig. 3.

voirPune des extrémités de la bride d'osier (voy. fig. 1); l'autre s'attache à la traverse de l'auvent, pour rendre le tout immobile. Ces brides sont inutiles lorsqu'on se sert de supports scellés dans le mur, il sufiît alors d'attacher l'auvent sur eux.

Il ne faut presque pas donner de pente aux auvents , autrement ils ombrageraient trop les arbres, et on ne les enfonce que de O^'ylO seulement sous le chaperon pour qu'ils aient plus de saillie en avant du mur.

La manière d'établir ces auvents est simple. On prend

de la paille de seigle peignée, mise préalablement à tremper pendant vingt-quatre heures environ dans un bain de sulfate de cuivre. Lorsqu'elle est séchée, on la / pose entre deux cadres de lattes de châtaignier que l'on / cloue ensemble.

L'eau sulfatée se prépare en faisant dissoudre 2 kilogrammes de sulfate de cuivre aussi pur que possible, dans 100 litres d'eau. On peut augmenter la masse du liquide en suivant les proportions indiquées.

Ce sulfatage a pour eflfet de préserver la paille d'une ; pourriture trop prompte , et par conséquent de conserver l'auvent pendant longtemps en bon état d'entretien.

Pour établir les potences on peut encore employer du fer à T de 0°*,020 d'épaisseur. Cette nature de fer permet de supprimer la jambe de force et l'on évite ainsi un scellement. On perce deux trous dans la potence pour y passer des fils de fer qui servent à attacher les ^auvents.

Si les gelées sont à redouter, on emploie , conjointement avec les auvents , des paillassons ou de grosses toiles comme abri pendant la nuit ; on les éloigne du mur par des fils de fer ou de petites perches placées en avant ^ pour qu'ils ne froissent pas les fleurs, et on les relève pendant le jour, lorsque la température est radoucie. Ces soins, qui sembleront peut-être minutieux, donneront cependant au cultivateur qui n'hésitera pas à les prendre 9 la satisfaction d'assurer complètement ses récoltes, qu'une seule nuit souvent lui enlève.

Un autre genre d'abri, qui a aussi son utilité, consiste à mettre sur les espaliers de vigne et de cerisiers des toiles claires, lorsque la maturité approche; on évite ainsi les dégâts de la part des oiseaux, et l'on peut conserver pendant longtemps le raisin mûr sans être obligé de le cueillir avant les gelées.

Nous recommandons beaucoup les abris. Outre qu'avec eux les récoltes sont plus certaines, ils conviennent aussi comme préservatifs contre plusieurs maladies, entre autres contre la cloque, et sont un moyen de tempérer la vigueur des branches supérieures en les privant en partie de l'influence directe de la lumière : ce qui , comme nous le verrons plus tard , peut servir à maintenir l'équilibre entre les diverses parties de l'arbre.

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