‹ Trate de la taille des arbres fruitiersChapitre 20 sur 105 · Dupincement (fig. 15, 16, 17). — C'est une des · texte numérisé non relu

Dupincement (fig. 15, 16, 17). — C'est une des

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opérations les plus importantes de la conduite des arbres fruitiers. Elle consiste à supprimer avec les doigts ou avec un instrument tranchant la partie supérieure d'un

bourgeon pour l'arrêter dans son développement. Elle se fait à tous les moments de la végétation : sur le poirier on pince, à 8 ou 10 centimètres, les jeunes pousses situées immédiatement au-dessous des terminales, et à trois, quatre, cinq ou six feuilles, lorsqu'elles ont acquis environ 0",15 à 0"^,20, celles placées sur les branches à fruits ou dans leur voisinage. Dans tous les cas^ ces bourgeons auront déjà un peu de consistance à leur

Fig. 16.

base , mais seront encore à l'état herbacé à leur extrémité , afin de pouvoir être facilement coupés avec les ongles. Si l'on pinçait trop tôt, la sève abandonnerait la partie pincée, qui resterait inerte et ne produirait plus rien; si l'on pinçait trop tard, les yeux bien formés se développeraient presque immédiatement, il faudrait recommencer, et les résultats ne seraient pas aussi avantageux. 'Ceci s'applique aux bourgeons naissant sur la branche charpentière. Quant à ceux qui se développent sur les coursonnes du poirier, il convient de les pincer tout à fait herbacée.

Il se produit^alors sur ces coursonnes des dards et des

lambourdes, organes de fructification. La partie pincée par l'empâtement de la coursonne reçoit toujours assez de sève pour se maintenir en bon état et former par la suite des boutons à fruits. Lorsque l'œil de pincement part, on l'arrête à une feuille^Suivant les espèces, on laisse à la partie pincée, comme nous l'avons dit, de trois, quatre à six feuilles, afin de ^,.^ j^ s'assurer de la vitalité des yeux qui sont à

leur aisselle (fig. 17).

Le pincement a pour effet de faire passer la sève dans les bourgeons utiles, de les développer à bois et de mettre à fruit les parties pincées. Il est d'ailleurs subordonné à la vigueur des arbres et à leur fructification . On le pratique aussi pour faire bifurquer, l'année même de leur développement, certains bourgeons, comme nous le verrons par la suite.

Il est fait avec sévérité sur les jeunes arbres non entièrement forméSi^ais vigoureux; s'ils étaient faibles, il ( devrait être long et modérer avec lui on obtient promptement une parfaite régularité dans la forme qu'on leur donne. Il est aussi, comme nous venons de le dire, un puissant moyen de les mettre à fruit : ainsi , sur une partie pincée , les yeux se gonflent^t deviennent souvent boutons/dans la même année (principalement sur / le pommier paradis); quelquefois cependant l'œil de ^ l'extrémité pousse, il faut alors le pincer de nouveai^ à une ou deux feuilles au plus. / ^

Sur le pêcher, le pincement demande à être plus suivi que sur les arbres à fruits à pépins , surtout dans le but de favoriser le bourgeon de remplacement. Chez cette essence, la végétation étant plus soutenue, il faut quelquefois, pour éviter les gourmands, pincer les bour- V

geons du dessus des branches de charpente à deux ou trois feuilles et quelquefois sur l'empâtement, mais alors de bonne heure pour qu'ils puissent repartir. Ils continuent de pousser : s'ils prennent trop de développement, on recommencera cette opération chaque fois qu'il sera nécessaire ou on taillera en vert; s'ils poussent modérément, comme c'est le plus ordinaire, on les pincera, lorsqu'ils auront de 0°*,30 à 0°',40 de longueur, à leur extrémité seulement, afin que les yeux restent inactifs à leur base; on obtiendra ainsi une meilleure branche à fruits pour l'année suivante. Les plus faibles seront laissés intacts/ Si cependant ils étaient maigres et très allongés, il serait bon de les pincer long sans les palisser, le fruit reste alors plus près de la base/ Quant à ceux du dessous, on les pince rarement, à moins qu'ils ne soient trop vigoureux, comme il arrive quelquefois chez les jeunes arbres ou sur les jeunes branches.

Lorsque les arbres à fruits à pépins sont chargés de lambourdes et de branches fruitières, le premier pincement doit se faire de bonne heure et rigoureusement , mais ceux qui suivront seront exécutés avec ménagement, et on laissera les bourgeons assez longs en supprimant leur extrémité herbacée. Autrement on risquerait, en interceptant trop d'issues à la sève, de la con-

duire dans les boutons qui se forment, et qui alors se développeraient à bois au détriment du fruit pour Tannée suivante/ Ces bourgeons servent en même temps à garantir, par leurs feuilles, ces fruits en voie de grossissement de l'ardeur trop vive du soleil/Si deux bourgeons se présentent au même endroit sur la branche charpentière ou sur les branches destinées à donner du fruit, on en pince un , le plus éloigné , l'autre reste entier pendant quelque temps : on ne le pince que plus tard en retranchant seulement son extrémité herbacée (fig. 15, p. 72). Si l'on avait pincé les deux bourgeons à la fois, la sève se serait portée dans les yeux des parties pincées , les aurait fait pousser à bois, et l'on aurait été forcé de les pincer plusieurs fois sans obtenir les résultats que Ton cherche , c'est-à-dire la transformation de ces yeux en boutons. En laissant donc une partie sans la pincer, si ce n'est tard, pour qu'elle ne prenne pas trop de force, la sève s'y porte préférablement au bourgeon pincé; celui-ci alors végète peu; ses yeux, au lieu de se développer à bois, se transforment à fruit. Ce procédé est le meilleur à appliquer aux bourgeons que l'on contraint à fournir du fruit. Si trois bourgeons se trouvaient sur le même point, on en retrancherait un tout à fait, le moins bien placé, les deux autres seraient traités de la manière que nous venons d'indiquer/l^lusieurs tirants de sève au même endroit rendraient la coursonne trop forte, lui feraient absorber trop de sève au détriment des dards et coursons voisins qui finiraient par dépérir au lieu de fmctifier. Et cette coursonne elle-même, à cause de son

^ trop d'empâtement, se mettrait diflScilement à fruit, i ayant trop de vigueur/Comme sur une branche de charpente il peut se trouVer beaucoup de bourgeons, dans ce cas, on ne pincera ceux qui ont été réservés que successivement, pour ne pas faire subir à la sève de trop fortes secousses. Enfin, tous ces bourgeons pourront être soumis à la taille d'août, si l'on pense que la partie pincée la première ne soit pas dans de bonnes conditions pour fructifier /c'est surtout dans les années humides, où la végétation se prolonge longtemps, que le pincement devra être fait avec ménagement et discernement, afin ^ de ne pas obliger la sève à se porter dans les boutons préparés à fruit. /

Cette opération se fera avec soin dans le voisinage des bourgeons de prolongement, afin que ceux-ci puissent toujours être forts et absorber une grande quantité de nourriture. Les branches faibles seront pincées un peu tard pour leur laisser attirer la sève à leur profit. Ce procédé aide puissamment à maintenir la symétrie de l'arbre. Avec lui on évite aussi les gourmands, et l'on arrête la vigueur des branches qui seraient disposées à devenir trop fortes au préjudice de certaines autres, comme il arrive pour les branches supérieures dans le pêcher.

Les faux bourgeons de ce même arbre seront pinces , excepté ceux qui seraient nécessaires pour la branche de charpente, comme nous le verrons par la suite, ou pour absorber une partie de la sève, dans le cas ou Ton craindrait que tous les yeux ne se développassent. On les

pincera sur la quatrième ou cinquième feuille, s'ils sont en dessus, afin de maintenir autant que possible l'équilibre; s'ils sont en dessous, ils seront palissés dans leur entier, ou pinces au moins vers 0'°,40.

59. De la taille en vert. — Elle se pratique sur tous les arbres, mais principalement sur le pécher; c'est un correctif de la taille d'hiver. Elle supprime tout ce qui est devenu inutile à partir du moment où la végétation a commencé. On l'emploie dans les cas suivants : 1** Lorsque sur le pêcher on a taillé long une branche à fruits , et que le fruit n'a pas noué, on rapproche sur le deuxième bourgeon de la base. On conçoit l'inutilité délaisser une branche qu'on avait gardée dans le but d'avoir du fruit, lorsqu'elle en est dépourvue; elle absorberait la sève au préjudice du bourgeon de remplacement. Le palissage en devient plus facile.

2'' Quand une branche ou un rameau, de quelque nature qu'ils soient, prennent trop de force, il est souvent utile de les rabattre sur un œil ou un bourgeon, et l'on destine ce dernier à les prolonger.

3** Pour rabattre un bourgeon pincé qui aurait émis plusieurs faux bourgeons après le pincement/c'est sur le plus inférieur que l'opération se fait/

On applique aussi quelquefois le rapprochement en vert sur les arbres à fruits à pépins , dans le but de renouveler leurs branches à fruits, ou trop longues ou trop épuisées , lorsqu'à la base de celles- ci naît un bon bourgeon.

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