Taille d'août. — Elle se fait sur lesarbres à fruits
à pépins, quand la sève se ralentit en juillet et août, et consiste à supprimer à trois ou quatre feuilles la plus grande partie des bourgeons qui ont été conservés lors du pincement, dans le but d'absorber la sève et d'éviter rinconvénient du développement des boutons à fruit; elle dispose les yeux qui restent sur la partie taillée à donner de petits dards l'année suivante. Quand l'œil sur lequel on taille est trop gros et menace de donner un fort bourgeon, on Pévente. Si l'on remettait cette opération au printemps prochain , les résultats seraient douteux , tandis qu'à l'époque que nous indiquons , la sève déjà ralentie assure leur sortie, non pour une forte pousse, mais pour une production faible, par conséquent disposée à donner du fruit. Cette taille préparatoire de la branche à fruits veut être faite avec discernement ; on ne la pratique que successivement et après quelques jours d'intervalle sur une partie des bourgeons, pour ne pas troubler la végétation en en supprimant une trop grande quantité à la fois ; il faut toujours prendre soin d'éviter de provoquer le développement des boutons à fruit. C'est d'ailleurs autant de fait pour la taille d'hiver, car on doit laisser intacts ces rameaux ainsi taillés. Elle remplace aussi en partie le cassement, qui a souvent l'inconvénient de former des branches à fruits trop fortes, et sur lequel il faut revenir à la taille. Ce dernier peut aussi arrêter le développement des fruits , s'il est fait d'une manière rigoureuse, en enlevant trop de rameaux à la fois. A la même époque, on peut rapprocher les branches dont le fruit n'a pas noué.
61. Taille surjides. — Cette taille s'applique avec succès sur de petites branches âgées de plusieurs années, et qui se trouvent ridées à leur circonférence. Sur le poirier on rapproche en mai et juin sur les rides, où existent de petits yeux, qui, par suite du rapprochement
Fig. 18.
fait sur eux, se transforment en boutons (fig. 18 et 19). On a soin de faire la coupe horizontale afin de ménager ces yeux. Sur le pommier, l'opération peut se faire jusqu'en août.
/ 62. Du cassement. — C'est plus spécialement sur les
arbres à fruits à pépins qu'on le pratique. Il consiste dans la rupture complète du rameau lorsqu'il est à Tétat ligneux. On le fait à deux époques. La première, à la taille; on rompt la brindille ou le rameau à 5 ou 6 cen-
timètres au moyen de la serpette, sans le couper. La deuxième époque est la fin de l'été, aux mois d'août et de septembre , lorsque le pincement n'a pu être effectué ou qu'il a été pratiqué très long; les yeux qui restent à la base des rameaux cassés ont encore le temps de grossir
Fig. 19.
et de se préparer à fruit. Mais si le pincement a été suivi, cette dernière opération devient inutile; aussi commence-t-on à l'abandonner. La taille d'août, que je conseille, la remplace avec avantage. Quand on fait le cassement , il vaut mieux rompre que tailler ; la plaie est plus difficile à guérir, elle fatigue le rameau, et, diminuant sa vigueur, le rend plus propre à fructifier.
63. De r effeuillage. — Il se pratique principalement sur la vigne et sur le pêcher; il a pour but de faire colorer les fruits, d'aider à leur maturation et de leur donner de la qualité : ceux-ci doivent être arrivés presque à leur grosseur, autrement , frappés par un soleil trop fort , ils pourraient jaunir et tomber, ou tout au moins être arrêtés dans leur grossissement. On choisira, s'il est possible, un temps couvert ou pluvieux, en agissant graduellement, afin de ne pas découvrir les fruits tout d'un coup ; on laissera donc une ou deux feuilles pour les abriter, qu'on enlèvera quelques jours après. Les pêches tardives devrctot être eflfeuillées plus tôt aue les autres, relativement à l'époque de leur maturité. On dégage le mur des feuilles qui le cachent pour que la chaleur l'échauffé et enveloppe le fruit. Il se colore mieux tant par l'effet de la chaleur que par celui de la lumière. /
Les feuilles ne seront pas arrachées, mais coupées, et Ton conservera le pétiole, afin de laisser Toeil de Taisselle protégé. Elles sont, comme nous l'avons dit, des organes indispensables à la végétation ; on les ménagera donc autant que possible.
64. Éclair cie des fruits. — Èclaircir les fruits, c'est enlever ceux qui sont de trop , qui nuiraient à la beauté des autres et à la santé de l'arbre. On peut le faire sur tous les arbres, mais c'est surtout utile à la vigne et au pêcher; sans ce moyen on ne peut obtenir de beaux fruits sur ces deux espèces, dans les années abondantes, bien entendu.
La quantité de fruits à èclaircir se règle selon la na-
ture de l'arbre et selon que l'année est plus ou moins favorable à la production. Sur le pêcher, on supprime en mai et juin , en deux fois , les fruits qui sont de trop ; et l'on doit éviter qu'ils ne se touchent lorsqu'ils seront arrivés à leur grosseur : un ou deux au plus par coursonne suffiront ; un , même , sera assez pour les coursonnes inférieures sur les branches de charpente. Pour la vigne il ne faut pas hésiter à supprimer un tiers dans les espèces ordinaires, et souvent moitié des grains d'une grappe dans les espèces dont les gains sont serrés à l'époque où ils sont gros comme un petit pois environ : ceux qui resteront prendront plus de volume et plus de qualité; et en fin de compte, la grappe pèsera tout autant que si l'on avait laissé tous les grains et sera plus belle.
Quant aux autres espèces de fruits , leur position sur les branches qui les portent indiquera suffisamment quels sont ceux qu'il faut laisser et ceux qui doivent être supprimés.