‹ Trate de la taille des arbres fruitiersChapitre 22 sur 105 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

§ I". — Du poirier.

65. Taille de la première année. — La figure 20 représente un arbre qui est le résultat du développement d'un écusson placé Tannée précédente sur un sauvageon. Le sujet que nous examinons est donc un scion d'un an. Dans un bon terrain, le bourgeon doit, la première année de sa pousse , atteindre , terme moyen , une hauteur de 1™,30; cela, du reste, tout en dépendant beaucoup des terrains, varie aussi suivant les espèces.

Assez ordinairement les yeux situés à la base de ce scion sont moins bien constitués que ceux de la partie moyenne et de la partie supérieure ; c'est sur cette observation que doit être basée la longueur de la taille. Plus les yeux seront apparents çt bien nourris vers la base, plus on pourra éloigner la coupe de l'insertion de la greflfe a; dans le cas contraire , il faudra la rapprocher afin de faciliter le développement des yeux inférieurs, en concentrant la sève dans cette partie.

Toutefois la taille n'excédera pas pour sa longueur la moitié du rameau. Nous conseillerons même, dans l'incertitude , de se tenir un peu au-dessous pour bien assurer la sortie des bourgeons inférieurs qui doivent former les premières branches latérales, et commencer à constituer la charpente de la pyramide.

Nous l'avons déjà dit, la sève tend à s'élever dans les branches les plus verticales et les plus rapprochées du sommet de la tige; il importe de s'opposer [à cette tendance lors de la formation des branches latérales inférieures, pour que celles-ci puissent prendre le plus de force possible. On choisira pour établir la taille un œil bien constitué, 6, se trouvant du même côté que la coupe d faite au sujet sur rinsertion de la greffe, aQn de conserver à la tige une direction verticale; autrement il pourrait en résulter par la suite de graves accidents dans l'économie de l'arbre.

Ainsi, si au lieu de prendre l'œil b , on avait pris Tœil c pour y asseoir

Fig. 20.

la coupe j le bourgeon qui se développerait prendrait une direction tendante à faire dévier la tige de la ligne verticale et à lui faire former des coudes prononcés qui, nuisant au libre parcours de la sève, rendraient difficile le maintien de l'équilibre dans la pyramide.

Dans l'exemple que nous présentons , les yeux de la base sont tous parfaitement constitués, il sera nécessaire de faire une légère incision transversale au-dessus des trois ou quatre premiers yeux; s'ils étaient moins apparents , l'incision devrait être plus forte.

Les branches latérales , suite du développement de ces yeux, seront établies sur toute la longueur de la tige et dans tous les sens, à environ 0'°,20 à 0°',30 les unes des autres, alternant entre elles autant que possible, pour éviter la confusion et laisser pénétrer Pair et la lumière dans l'intérieur de la pyramide. Hâtons-nous cependant de dire qu'on ne devra pas être rigoureux pour cette distance, car avant tout il faut prendre les branches où elles se trouvent : elle pourra donc varier de quelques centimètres. Quant aux premières branches du bas, elles seront tenues à O^'jSS environ au-dessus de terre, afin de permettre facilement les façons à donner au sol.

Il faudra éviter aussi, autant que possible, de faire prendre naissance sur la tige à plusieurs branches latérales vers le même point; elles absorberaient une trop grande quantité de sève, et n'en laisseraient passer qu'une trop faible dans les parties au-dessus d'elles.

Si les deux ou trois bourgeons placés immédiatement au-dessous du bourgeon terminal , c'est-à-dire de celui

destiné à continuer la tige , acquéraient trop de force et menaçaient de nuire à ce dernier, il faudrait les pincer, lorsqu'ils auraient déjà une certaine consistance , à la longueur de 6 à 7 centimètres. En supposant même qu'ils ne fussent pas trop vigoureux, quoique se développant bien, on les arrêterait, mais plus tard, en supprimant seulement leur extrémité herbacée /Cependant , avant de les pincer, il faut s'assurer si le bourgeon terminal de la tige est bien constitué et capable de pro- • ^^^ longer la pyramide; autrement on choisirait un de ces bourgeons placés inférieurement à Ini, le plus convenable pour le remplacer et continuer la tige, qu'alors on protégera.

Ce procédé peut aussi s'appliquer aux branches latérales des arbres plus avancés en âge . Quant aux autres bourgeons , on les laissera dans leur entier.

L'arbre dont .nous venons de parler n'oflfre pas de faux rameaux ou rameaux anticipés, mais il s'en trouve souvent des scions du même âge (un an) ; cela dépend des espèces.

La figure 21 nous en montre un que nous allons tailler. Quand de semblables productions existent sur la tige, il faut les utiliser, pourvu qu'elles soient bien placées pour donçer les premières branches latérales et surtout déjà fortes; autrement il serait difficile de former avec elles de beaux arbres. Ainsi, souvent les faux rameaux sont grêles, présentant peu d'empâtement, ayant les yeux mal constitués, si ce n'est le terminal, et nécessitent alors de grands soins dans leur conduite.

afin d'établir fortement les branches latérales. Si donc ils étaient mal placés ou mal conformés, il faudrait les retrancher jusque sur la couronne; on aurait alors un arbre complètement ravalé, dont les nouveaux bourgeons seraient vigoureux.

Le rameau n** 1 sera taillé sur le quatrième œil.

Les rameaux n**" 2 et 3 seront taillés sur le troisième œil qui se trouve en dessous ou devant. Cette position est avantageuse pour continuer la branche latérale , en ce sens qu'elle n'occasionne que de légers coudes, et qu'elle est plus facile à diriger dans une position oblique.

Le rameau n** 4 ne sera pas taillé , il est trop faible comparativement aux autres; laissé intact, il va prendre un grand accroissement, l'œil terminal ayant la faculté d'absorber plus de sève que les yeux latéraux.

Le rameau n** 5, taillé aussi au-dessus du troisième œil, présente un cas particulier qu'il faudra éviter quand on pourra : Tœil, comme on le voit, est placé en dessus. C'est de toutes les positions la moins bonne : le bourgeon tend à s'élever verticalement , et se tient parallèlement à la tige au lieu de s'en écarter obliquement; il forme ainsi confusion dans Tintérieur de la pyramide. Il sera nécessaire , pour éviter cet inconvénient , de ramener pendant la végétation ce bourgeon dans une direction oblique au moyen d'une bride d'osier.

Le rameau n° 6 sera taillé au point indiqué ; il n'offre rien de remarquable.

Le rameau n° 7, dont le premier œil est éloigné de la base (comme cela arrive fréquemment dans les faux

rameaux), est taillé sur le deuxième œil qui se trouve sur le côté ; cette position est convenable, elle permet au bourgeon de croître dans le sens que doit suivre la branche latérale.

Les rameaux n°' 8, 9 et 10, étant environ de même force seront aussi taillés sur le deuxième œil, ainsi que nous l'indiquons; et aussi le rameau n"* 11, quoique un peu faible.

Les rameaux n**' 12 et 13 , qui sont très petits , ne conserveront qu'un œil.

Enfin le rameau n"" 14 sera retranché jusque sur son empâtement ou talon.

Nous rappellerons ici qu'il se trouve sur Tempatement des yeux stipulaires qui se développeront; à l'époque de l'ébourgeonnement on en supprimera un, en réservant le mieux placé relativement aux autres.

Comme on le voit, nous avons taillé les branches en

Fii:. 21.

les tenant d'autant plus courtes que nous approchions du sommet de Tarbre, de manière à donner à l'ensemble la forme d'un cône^ et à concentrer la sève dans les branches latérales inférieures, qui seraient trop faibles sans cette précaution.

On taillera la flèche sur un œil qui soit en bonne condition pour continuer la perpendicularité de la tige : immédiatement au-dessous de Tœil de taille, il y en a un placé derrière qui, très probablement, poussera avec vigueur ; on le pincera , à la longueur et à Tépoque que nous avons indiquées lors de la taille du premier arbre, pour maintenir toujours prédominant le bourgeon terminal.

11 en sera de même de tous les bourgeons inutiles et mal placés sur les branches latérales, et particulièrement de ceux qui naissent en dessus : ils formeraient confusion et absorberaient de la sève au détriment des terminaux.

Près de Pinsertion de la grefiFe de ce jeune arbre, il existe deux yeux (a, a) dont on devra supprimer les bourgeons : s'ils se développaient, ils seraient trop rapprochés de terre; pour ceux placés au-dessus (6, ft), on provoquera leur émission par une incision transversale.

Lorsqu'un jeune scion de Tannée pousse sans donner de faux bourgeons, comme cela a lieu dans beaucoup d'espèces^ on peut le pincer lorsqu'il a environ 40 centimètres de long. Cette opération a pour but d'exciter le développement des yeux de la partie inférieure, qui

forment alors les premières branches latérales. Quant à rœil sur lequel on a pincé, sa position de terminal assure sa sortie, il continue la tige. Ce procédé, peu usité encore dans les pépinières, me paraît avantageux pour la formation des jeunes arbres. Si toutefois le bourgeon était trop faible, il ne faudrait pas essayer de le faire ramifier ; ce procédé n'est donc applicable qu'aux espèces vigoureuses.

Quelques planteurs conseillent de ne point tailler les jeunes arbres l'année même de leur plantation ; selon eux, la reprise est alors plus assurée. J'ai expérimenté cette méthode comparativementavecl'ancienne,et je n'ai vu aucune différence : ainsi la réussite est aussi certaine dans l'un et l'autre ca^ D'autres, en ne taillant pas ont pour but d'obtenir Tannée suivante des bourgeons plus vigoureux que si la taille avait été faite la première année. Cette opération, pratiquée lorsque l'arbre vient d'être planté, ne donne que des rameaux faibles et grêles avec lesquels il est difficile de commencer une bonne charpente. Souvent on est obligé de les rabattre jusque sur leur base, d'où se développent alors de meilleurs bourgeons. Cette suppression, qui a lieu la seconde année au moment de la taille, retarde la formation de hrhve. Je partage ce dernier avis lorsque la plantation a été faite tard; mais si, au contraire, elle a été effectuée de bonne heure, c'est-à-dire d'octobre à janvier, comme c'est préférable la plupart du temps, il est inutile de s'y conformer. Aussi, sauf cette circonstance, je préfère tailler, car j'ai remarqué qu'avec ce dernier

moyen la sortie des yeux inférieurs se faisait avec plus de succès, et que les branches étaient mieux garnies , tandis qu'en ne taillant pas, elles restent souvent dénudées. Ce que nous venons de dire ne s'applique qu'au poirier greflfé sur franc , car celui greffé sur cognassier, s'il n'est pas taillé, se met à fruit trop promptement et pousse peu.

Toutefois, le défaut de taille ne dispense pas de supprimer les rameaux brisés ou ceux mal placés pour l'établissement de la charpente; il sera même bon de diminuer d'environ un tiers la longueur de ceux conservés , afin qu'en consommant moins de sève, les racines puissent plus facilement les alimenter.

Pour les arbres déjà formés ou âgés, il importe de les tailler, car, malgré tous les soins possibles, la déplantation occasionne la perte d'une partie des racines; et celles-ci ne seraient plus suffisantes pour nourrir toutes les branches si on les laissait.

Quant aux arbres à fruit à noyau, ils doivent tous être taillés, parce qu'on ne peut compter avec sécurité sur les yeux latents, et s'ils portent des productions fruitières, celles-ci tendent à périr et laissent les branches dégarnies.

66. Taille de deuxième année (fig. 22). — Nous avons dit, lors de la première taille, qu'il importait de ne pas couper trop long le scion, afin d'arriver à établir solidement les branches latérales. La figure 22, que nous ofiFrons pour la deuxième taille, en est un exemple : elle représente un arbre sortant des pépinières, tel qu'on les

rencontre assez généralement sous le nom de quenouille. La tige a été la première année taillée trop haut, aussi les yeux inférieurs sont-ils restés inactifs : il n*y a que ceux du sommet qui se soient bien développés. Cet arbre, déjà défectueux, est mal disposé pour former une pyramide; néanmoins il nous sera facile de le traiter de manière à y arriver.

Je dois faire observer tout de suite que le pincement n'a point été fait : on aurait dû pincer les trois bourgeons qui avoisinent le terminal, afin de maintenir la sève dans la partie inférieure au profit des yeux.

Nous taillons tous les rameaux de cet arbre sur leur empâtement même, à l'exception de la flèche a, à laquelle nous ne laissons que deux yeux ; quant au petit dard d, qui se trouve placé au-dessous de ces rameaux, nous le laissons entier. Nous avons soin de ne pas retrancher les rameaux

trop près sur le talon , afin de ne pas altérer les yeux qui s'y trouvent et sur lesquels nous comptons pour former les branches latérales.

11 est toujours fâcheux d'être obligé de faire de fortes plaies sur un jeune arbre, tandis que si l'on eût pratiqué le pincement, on aurait évité ce grave défaut et Pon aurait des productions vers la base. 11 sera nécessaire de faire des entailles au-dessus des yeux qui sont restés inactifs, afin d'obtenir des bourgeons. Le résultat des entailles est à peu près certain ; quelquefois cependant il arrive qu'il n'y a que de petits dards produits au lieu de rameaux, et que l'œil même ne fait que grossir; on recommence l'opération l'année suivante sans aucun danger pour l'arbre. On tiendra le rameau terminal, ou flèche, très court, comme c'est marqué, inconvénient grave parce qu'il en résulte des coudes très prononcés sur la tige. Il est -faible en raison dé ce que ceux placés au-dessous ont pris un trop grand accroissement; mais il est encore assez bien constitué pour qu'on ne soit pas forcé de le rapprocher.

Si les bourgeons qui vont sortir de ces empâtements annonçaient devoir trop s'allonger, on les pincerait, surtout ceux qui sont voisins de la flèche. S'il s'en développe deux sur le même empâtement, on en supprime un en conservant le mieux placé pour créer la branche latérale. Dans le cas où Ton craindrait de ne pouvoir les surveiller pendant leur croissance, on peut, dès le moment de la taille , choisir celui qui sera destiné à la branche latérale en coupant obliquement Tempatement;

la coupe, ainsi faite, détruit l'un des deux yeux, l'autre seul pousse. Avec ces divers moyens, il est facile d'arriver à former une pyramide.

Ceci est applicable aux arbres du genre de^ celui que nousprésentons, et qui est commun ; mais il arrive encore parfois que la première taille a été plus allongée que dans l'exemple que nous donnons, alors ce que nous venons d'indiquer ne suffit pas, il faut des procédés plus énergiques. On retranche donc toute la partie supérieure de la tige , pour ne laisser que la partie inférieure telle qu'elle aurait dû être lors de la première taille. La coupe se fait comme c'est marqué en cc^ l'œil se trouvant derrière; l'arbre est ensuite traité pendant sa végétation comme nous Pavons recommandé pour l'arbre d'un an, ce qui cause un retard pour sa formation complète; mais la perte de temps , qui aurait pu être évitée par une taille intelligente, ne doit pas faire hésiter à employer ce moyen, plus avantageux que le premier dans la plupart des circonstances.

L'arbre figure 23 est également âgé de deux ans, c'est le résultat de la taille de l'arbre figure 20. On voit tout de suite quelle est la différence entre cet arbre et celui figure 22, de quelle importance est le pincement pour maintenir la sève au profit des parties inférieures. Il a une forme assez régulière, la branche n"" 1 est la seule qui ne soit pas en rapport avec les autres : cela est dû à un accident arrivé au bourgeon , qui s'est trouvé rompu ^ ce qui a retardé son développement et sa vigueur. Afin de rétablir l'équilibre, nou-s

laisserons à ce rameau tous ses yeux pour qu'il puisse attirer à lui une grande quantité de sève : nous ne le taillerons donc point, nous pratiquerons au-dessus une entaille, et nous rabattrons Tonglet qui s'est formé au point où le bourgeon a été cassé/L'œil terminal naturel ayant la propriété de pousser avec plus de vigueur que les autres yeux, Téquibre sera ainsi ramené assez vite.j

Le rameau n** 2 qui lui est opposé sur la tige est très vigoureux ; cela tient à Paccident éprouvé parle premier, la sève s'y est portée en abondance, nous le coupons sur le cinquième œil : il est inférieur, or il est nécessaire de le tenir long pour y appeler la sève.

Les rameaux n**' 3, 4, 5 et 6, qui sont à peu près de même force, seront taillés dans les mêmes proportions, c'est-à-dire sur le quatrième œil. Nous allongeons la taille par suite de la vigueur de rarl)re. Plus un arbre est vigoureux, plus on peut le tailler long. Le pincement qui a été opéré aux environs de l'insertion de la flèche a fait prendre de la force aux rameaux placés inférieurement, La branche n** 3, qui a une position presque verticale, sera inclinée parle moyen d'un arc-boutant, afin de lui faire prendre une bonne direction./'

Les rameaux n°' 7 et 8 seront coupés sur le troisième œil, et le rameau n** 9 le sera sur le deuxième pour les raisons que nous avons énoncées précédemment lors de la taille de l'arbre fig. 21. Les quatre bourgeons pinces l'ont été un peu long, aussi sommes-nous obligés de les tailler dans les dimensions marquées sur la figure.

ils formeront aussi des branches latérales . Quand le pincement est fait à temps ou plus court, on ne taille pas les parties pincées. Nous avons dit à l'article Pincement ce qu'elles deven aient. La flèche est taillée sur un œil convenablement placé pour continuer la verticalité de la tige , et nous l'avons tenue un peu courte pour concentrer la sève vers la base, dont les rameaux sont encore faibles comparativement à ceux du milieu. Comme ce jeune arbre nous paraît bien conformé, et qu'il a suffisamment de branches, il est inutile de chercher à établir des bifurcations ou des ramifications, elles doivent être évitées autant que possible pour la régularité de l'arbre ; on lie les emploiera que pour rem- Fig. 23.

plir les vides lorsque ce sera tout à fait nécessaire. Nous le suivrons pendant sa végétation pour pincer, comme nous l'avons recommandé, toutes les pousses inutiles ou mal placées, surtout sur les branches du milieu déjà fortes.

,. Dans le jeune âge on est souvent obligé pour bien dresser l'arbre de se servir de petits tuteurs sur lesquels on attache les bourgeons. Un moyen plus simple est de conserver un long onglet au-dessus de l'œil qui doit donner le bourgeon et de lier celui-ci légèrement dessus, au fur et à mesure qu'il pousse. On a eu soin préalablement d'éborgner tous les yeux de l'onglet.

Il arrive assez fréquemment que des poiriers greffes sur cognassiers se mettent à fruit la deuxième et quelquefois même la première année de leur plantation, surtout dans les terrains médiocres , et souvent à tel point qu'une grande partie des yeux ont pris le caractère de boutons; il est alors difficile de tailler d'après les principes que nous avons étabhs : on devra, dans ce cas, supprimer avec la serpette tous les boutons jusque sur leur naissance; les yeux placés au-dessous se développeront, et l'année suivante on taillera sur les rameaux qu'ils auront émis. Sur les arbres de cette nature on laissera peu de fruits pendant les premières années .

67. laille de la troisième année. — L'arbre porté sous la figure 24 est le résultat de la taille de Tannée précédente. La végétation a été aussi régulière que possible; aussi est-il bien équilibré dans toutes ses parties. On ne

l'a cependant soumis qu'à peu d'opérations pendant l'été y on s'est borné à quelques pincements.

La branche l'*, n'ayant pas été taillée Tannée dernière^apris, comme nous l'avons annoncé, un grand développement, et se trouve maintenant, par ses dimensions, en rapport avec les autres. Le rameau placé en dessus sera enlevé jusque sur sa couronne ou empâtement > et le rameau principal taillé sur un œil en dessous.

La branche 2'' a trois rameaux, dont deux seront retranchés et celui de prolongement arrêté sur le quatrième œil. On remarque un pincement a exécuté en dessus, ainsi qu'une brindille b située en dessous; on les conservera tous deux, en éborgnant toutefois Tœil terminal de cette dernière, pour qu'elle ne prenne pas trop de force. Cette branche tend à se rapprocher du centre de l'arbre, et on l'en éloignera à l'aide d'un arc-boutant qui lui fera prendre une meilleure direction.

A la branche 3®, le rameau de dessus est taillé sur l'empâtement (il aurait fallu le pincer), le terminal au quatrième œil ; elle avait été taillée l'année précédente sur un œil en dessus , le rameau qui en est sorti a pris une direction trop verticale, ce qui , comme nous le savons, est un défaut, les branches latérales devant s'éloigner obliquement de la tige. On l'écartera aussi au moyen d'un arc-boutant.

La branche 4® est un peu faible comparativement aux autres; nous taillons le rameau terminal au-dessus du cinquième œil , afin de l'allonger un peu, et nous

conservons le dard qu'elle porte , et qui doit devenir production fruitière.

La branche 5* présente un cas particulier : le rameau terminal est mal placé, il rentre trop dans Tintérieur de la pyramide, l'œil de taille se trouvait un peu sur le dessus; on choisira pour la continuer le rameau placé au-dessous; nous rapprocherons donc le terminal jusque sur l'insertion de ce rameau, que nous taillerons sur le quatrième œil qui se trouve en dessus. Il faudra le surveiller attentivement pendant son développement, afin d'éviter le défaut même qui nous oblige en ce moment à le rapprocher. On l'attachera au moyen d'un jonc, en le dirigeant peu à peu dans l'obliquité. Le rameau qui se trouve près de la naissance de la branche est retranché; la brindille en dessous sera conservée, et son extrémité éborgnée pour faciliter sa mise à fruit.

Les branches 6® et 7® seront coupées sur le quatrième œil; sur cette dernière on enlèvera le rameau du dessus qui aurait dû être pincé.

La 8® a une partie pincée^t une brindille ; on traite la brindille sans éborgner l'œil terminal , elle est trop faible; le pincement reste intact.

Les 9% 10% 11% 12' et 13* branches seront taillées, au point de marque sur la figure, au quatrième œil; le 14* rameau, au troisième œil; le 15' au deuxième œil, et le 16' au troisième, par suite de la faiblesse de la branche; le 17' au troisième, et le 18® au deuxième.

A l'opposé du rameau 14, il y a un œil par derrière

resté inactif; on pratiquera une entaille au-dessus pour exciter sa sortie, laquelle est nécessaire pour combler le vide existant. Il en est de môme de Tœil opposé au rameau 16. Au-dessus de ce dernier se trouve un petit rameau qu'il faudra laisser intact.

Dans la partie supérieure sont deux bourgeons pinces que nous laissons. La flèche est d'une bonne venue; l'arbre étant bien conformé, nous la taillons un peu long, comme nous l'indiquons. Tous les rameaux placés en dessus que nous avons retranchés sur leur talon auraient dû être pinces. Les sous-yeux vont se développer par suite de cette coupe, et émettre des bourgeons qu'il faudra pincer, à moins qu'ils ne se transforment seulement en dards ou en brindilles.

68. Taille de la troisième année (fig. 25). — Nous venons de prendre un arbre d'une assez belle conformation ; mais il arrive souvent que l'on plante des arbres de trois ans élev^ dans des pépinières, où la direction à donner aux jeunes arbres n*est pas encore bien comprise. Nous avons cru utile de représenter un de ces arbres et de donner la manière dont il faut le traiter pour en obtenir une pyramide. Celui que nous offrons a subi une taille au sécateur, faite sans aucuns principes; cependant, comme il est jeune et bien portant, il sera facile de remédier au mal.

D'abord, dans la première année, il a été taillé beaucoup trop haut, aussi les rameaux inférieurs sont faibles et manquent même sur une partie de la tige. Toute la végétation s'est portée vers le centre. Il devient indis-

Fig. 25.

pensable de faire de fortes entailles sur les yeux de la base qui ne sont pas sortis , ainsi que sur le rameau A, qui en outre est laissé entier.

Les rameaux i et 2 sont faibles , nous les allongerons beaucoup. L'un sera taillé sur un œil en dessous, l'autre sur un œil en dessus j ce dernier rameau se dirige vers la terre, l'œil de dessus doit le redresser. S'il ne le faisait pas suffisamment on lui mettrait un lien d'osier pour le ramener dans l'obliquité.

Sur la branche d" se trouvent trois rameaux, les deux plus éloignés de la tige seront retranchés au point indiqué et l'autre sera taillé sur le S'' œil; on aura soin de lui donner une bonne direction à l'aide d'un arcboutant.

La taille de la 5"" branche consiste en deux coups de serpette : l'un pour enlever Tonglet avec le rameau, l'autre la partie que nous indiquons. Il faudra mettre un lien ou une bride pour la ramener dans la position qu'elle doit occuper.

La 6* branche aura son rameau de dessus et son onglet retranchés, et sera taillée au point indiqué.

La 7® branche, située sur le devant, a un rameau qui a pris naissance sur son empâtement même ; il est mal placé, on le supprime. Quant au rameau taillé, il est trop rapproché du centre ; on doit Téloigner par un arc- boutant.

La 8® branche a été précédemment taillée trop long, elle sera rapprochée sur le rameau inférieur, mieux placé pour continuer la branche latérale; nous le rabat-

tons sur un œil en dessus. Pour la 9% il suffit de faire les opérations indiquées sur la figure.

Sur la branche 10% taillée aussi trop longue l'année précédente, on sera contraint d'exécuter un rapprochement, de tailler sur un œil latent, en enlevant toute la partie supérieure avec ses trois rameaux ; on obtiendra ainsi un bon bourgeon qui sera conduit obliquement. Si par hasard il prenait trop de force, la branche ayant un fort empâtement, on pourrait pratiquer l'entaille en dessous sur cette dernière.

Le n° 1 1 est le produit d'un œil latent ; nous l'utilisons et le taillons sur le troisième œil. Le n"" 12 est rabattu sur son empâtement. Au-dessous de ce rameau quelques yeux sont restés inactifs ; on fera sur eux des entailles, car il est important d'obtenir des branches latérales dans cette partie.

Les branches 3®, 5% 6** et 8® seront entaillées inférieurement sur l'empâtement, pour modérer leur vigueur.

L'œil détaille terminal, soit qu'il fût mal constitué, soit qu'il eût éprouvé un accident, n'a émis qu'une très faible pousse, la flèche est restée en retard; par suite de cette cause, l'œil placé immédiatement au-dessous a pris un grand accroissement, ce qui a occasionné l'affaiblissement total de la partie supérieure : nous la retrancherons et nous nous servirons du rameau a pour refaire la flèche, en le taillant sur un œil convenablement placé pour continuer la perpendicularité de la tige. Toutes les fois qu'on rencontrera des rameaux de cette nature, on agira comme nous venons de le faire.

Des bourgeons vont naître vers le centre de l'arbre , on les pincera soigneusement, afin de réserver la sève aux parties dénudées. Si cela devenait nécessaire, on pincerait même le bourgeon terminal de chaque branche forte, lorsqu'il aurait au moins 40 centimètres : procédé exceptionnel, mais dont on peut se servir pour un arbre de cette sorte. On parviendra par ces moyens à rétablir l'équilibre, s'il est vigoureux.

Il est souvent avantageux de ravaler les arbres de ce genre , et même ceux de deux ans qui auraient également cette forme défectueuse après un an de plantation; on obtient alors de nouveaux bourgeons sur la tige que l'on dirige d'une manière convenable en ne laissant que le nombre nécessaire pour former de nouvelles branches latérales.

69. Taille de la quatrième année (fig. 26). — Cet arbre est aussi régulier que possible quant à sa forme, et bien équilibré; il est la suite de l'arbre fig. 24. On voit que les résultats que nous avons annoncés ont été obtenus.

A la branche 1^^ le rameau en dessus sera retranché sur son empâtement. Quelques petits dards et une lambourde la garnissent : ce sont des productions qui, comme nous le savons , sont les principales ressources pour la fructification. Le rameau de prolongement sera taillé au-dessus du cinquième œil; Tarbre étant vigoureux et jeune, il est nécessaire d'allonger la taille, surtout dans les branches du bas.

La 2^ branche a trois rameaux; nous rabattons ceux

Fig. 26.

du dessous et du dessus sur l'empâtement, celui de prolongement est aussi taillé sur le cinquième œil. Il y a sur cette branche deux lambourdes et une brindille : les premières sont destinées à donner du fruit cette année même; quant à la brindille, sa position verticale nous oblige à éborgner l'œil terminal afin de lui retirer de sa vigueur et nous la suivrons pendant Pété afin de la pincer, s'il est nécessaire. La S*' branche qui se trouve sur la deuxième taille de la tige est retranchée complètement comme faisant confusion ; elle est inutile et trop rapprochée des autres. La taille des autres branches est facile à exécuter, il suffit seulement de les retrancher toutes au point indiqué. Quant aux rameaux supprimés sur l'empâtement, ils avaient été laissés dans le but d'absorber la sève qui aurait pu se porter dans les productions fruitières et changer la destination des yeux. Sur la troisième taille de la tige est un œil qui est resté inactif, on pratiquera une entaille au-dessus afin de le faire développer. Pour les opérations subséquentes pendant la végétation, elles sont les mêmes que celles que nous avons déjà mention nées. On voit sur cet arbre quelques productions fruitières, c'est l'âge où l'on peut le faire rapporter, en maintenant par le pincement tout le dessus des branches latérales bien garni.

70. Taille de la cinquième année (fig. 27). — L'arbre figuré pour la cinquième taille a reçu une mauvaise application de cette opération; il en est résulté, par suite de tailles trop rapprochées, des coudes assez sail-

Fig. 27.

tlO DE LA TAILLE DES ARBRES FRUITIERS.

lants sur la tige et sur les branches, ainsi que d'autres irrégularités; nous allons le traiter de façon à le rétablir et à lui donner une conformation plus régulière.

La branche !'• tendait trop à s'incliner vers la terre, on lui avait mis une bride pour la ramener dans une position oblique; mais on n'a pu y parvenir, ses coudes trop prononcés ont donné lieu à l'émission d'un rameau en dessou s ; nous en profiterons pour rapprocher la branche sur lui, et nous le taillerons très long, afin de le mettre en rapport avec les autres. Près de la tige, il y a une lambourde qui sera conservée soigneusement.

La 2° branche a aussi des coudes très forts, défaut qui doit être toujours évité, car il nuit à la circulation de la sève. Comme elle se trouve en équilibre avec ses voisines, nous la conserverons, et elle sera traitée comme nous ri ndiquon s/Nous aurons soin d'éborgner Fœil / terminal de la brindille qui est en dessus.

La branche 3* est dans de très bonnes conditions; elle porte une petite branche à fruits qui est le résultat d'une brindille cassée les années précédentes.

La branche a est une branche fruitière provenant d'un rameau qui n'a pas pris de développement, et qui est resté faible; alors il s'est porté à fruit.

La 4° branche a été tenue trop courte les premières années, elle est par cela même fortement coudée, ce qui, nous le répétons, est un grave inconvénient. Les arbres jeunes et vigoureux, lorsqu'on commence à les former, doivent être allongés autant que possible pour

éviter les coudes. Il ne faut cependant pas aller à Texcès, car, trop lonlgues, les branches se dégarniraient par suite de l'inaction d'une grande partie des yeux; mais en conservant de cinq à dix yeux suivant la vigueur, on n'aura pas à craindre le danger que nous signalons. A l'insertion du rameau terminal se trouve une portion pincée, mais trop longue ; nous la rabattons un peu en éventant l'œil. La branche 5% qui part sur l'autre côté de la tige, a une position trop verticale ; un arc-boutant lui fera perdre cette direction mauvaise.

Le rameau terminal de la branche n*" 6 a pris une bonne direction, mais comme elle forme plusieurs coudes, nous sommes obligé de le retrancher et de conserver celui de dessous qui est plus avantageux pour continuer la branche. Nous la taillons sur un œil en dessus, et au^oyen d'une bride nou3 la ramènerons un peu plus haut.

La 7* branche, coupée Tannée dernière sur un œil en dessous, a pris une bonne direction; il est fâcheux qu'il ne soit pas sorti de rameau vers la base, ce qui eût permis de lui faire la même opération qu'à la précédente : les coudes nuiront toujours à sa bonne conformation. Il sera utile de l'inciser longitudinalement dans la partie formant le creux du coude pour tâcher de l'amoindrir. La sève se portera vers l'incision, dilatera Técorce, et la branche tendra à se redresser. L'extrémité de la petite brindille rera rompue, car elle est sur le dessus ; si elle eût été en dessous , on aurait pu la laisser entière. La 8* se trouve dans les mêmes condi-

tions, nous la traiterons de la même manière. Elle est entièrement dénudée dans sa partie inférieure , nous y ferons des incisions et même des entailles pour déterminer l'émission de quelques bourgeons, que nous pincerons pour les convertir en productions fruitières. Les branches 9* et 10^ seront traitées de même. Pour la 11', à la taille précédente Tceil était en dessus, le rameau s'est élevé trop droit. Il sera rapproché sur celui situé en dessous. La 12^ n'offre rien de particulier.

Sur la branche 43® est un rameau arqué : Tarcure, nous le savons déjà, a pour but de mettre le rameau à fruit. Nous avons fait une entaille au-dessous de la 14'; elle a un trop grand empâtement et absorberait beaucoup de sève ; cet inconvénient arrive presque toujours lorsque des branches naissent immédiatement au-dessous d'un coude.

La 15® est trop droite; nous l'éloignerons de la tige par un arc-boutant.

Les 16% 17® et 18® sont des rameaux ordinaires; ils seront taillés dans les proportions marquées. Les 1 9° , 20% sont rabattus à un œil, le 21® sur la couronne.

A la quatrième taille de la tige, plusieurs yeux ne se sont pas développés ; on fera une taille au-dessus de chacun d'eux. Pendant l'été, il faudra y porter toute son attention, et Ton pincera assez sévèrement les bourgeons inutiles du voisinage, pour reporter la sève dans ces yeux et les obliger à partir.

La flèche a été tenue courte afin de concentrer la sève

au profit de la partie qui se trouve dénudée immédiatement au-dessous.

Telles sont les opérations à faire sur les arbres de cette sorte. Nous n'irons pas plus loin dans la taille des poiriers en pyramide ; à mesure que Tarbre avance en âge, on le conduit d'après les principes que nous avons émis.

D'après tout ceci, on peut voir qu'il est toujours facile d'imposer cette forme au poirier : c'est une de celles qui lui conviennent le mieux et à laquelle il se soumet le plus volontiers.

71. Taille de la sixième année. — Une pyramide, pour être bien faite et dans de bonnes conditions de rapport, pendant un nombre d'années que l'on ne peut au juste déterminer, à cause des qualités diflTérentes du sol et des soins plus ou moins judicieux donnés à l'arbre, doit présenter, dans sa plus grande largeur, un diamètre égal au tiers environ de sa hauteur, les branches latérales garnies dans toute leur étendue d'organes fructifère et un équilibre parfait dans toutes ses parties.

Le poirier âgé de six ans que nous donnons sous cette forme (fig. 28) est dans ce cas. La pyramide est bien proportionnée et couverte sur toutes ses branches de productions fruitières en quantité suffisante, à l'exception de celles du haut encore trop jeunes. On lui appliquera les mêmes opérations que celles décrites sur les pyramides précédentes : on s'efforcera de maintenir l'équilibre, en taillant les rameaux relativement à leur force et en supprimant ceux qui sont de trop dans le haut. On re-

Fig. 28.

marquera que sur cet arbre , comme sur tous ceux qui précèdent et qui sont réguliers, les tailles sur la tige ont été faites à peu près égales : cela était nécessaire pour donner un développement suffisant à la végétation. Arrivée à six ans, cette pyramide est en pleine production fruitière, et ses branches latérales sont fortes; elle pousse moins vigoureusement que les premières années : il importe de tenir les branches de la tige plus courtes pour réserver la sève au profit des fruits.. Cependant , pour cette dernière, il faudra veiller à ce que la flèche soit toujours prédominante proportionnellement au reste, afin d'assurer le prolongement de la pyramide. Autrement, la sève déviant dans les parties inférieures, la tête de Tarbre deviendrait languissante, se couronnerait, et finirait par périr.

Avant de quitter ce chapitre, nous poserons quelques principes généraux sur l'équilibre de la végétation dans les arbres pyramidaux.

Lorsqu'un arbre est faible et languissant dans toutes ses parties , et qu'il est cependant bien proportionné , il faut le tailler court, c'est-à-dire au-dessus du deuxième ou troisième œil, à la condition que cet œil soit assez bien constitué, autrement il vaudrait mieux s'établir sur un œil suffisamment apparent pour avoir une belle végétation tout en le tenant court; si, au contraire , il est vigoureux et jeune, on le taille long, vers le cinquième ou sixième œil, et même plus. Quand l'équilibre n'est pas parfait, que les branches ne sont pas entre elles en rapport de longueur et de force, on tient courte la partie

forte, et longue la partie faible. On pince dans la première tous les bourgeons, et même les terminaux si c'est nécessaire y on laisse les fruits si les branches en sont pourvues; tandis que dans la seconde, on conserve le plus de bourgeons possible, on supprime seulement ceux qui feraient confusion, on surveille ceux qui pourraient nuire aux terminaux , en les pinçant long ; enfin on retranche les fruits , soit en partie , soit en totalité. Ainsi traité pendant sa végétation, Tarbre, à la fin de la saison , se trouvera parfaitement équilibré. Ceci s'applique surtout aux arbres plantés dans le voisinage des bâtiments, des grands arbres et même des murs. Us ont souvent le côté qui regarde ces obstacles faible relativement à Tautre. Cette disproportion devient quelquefois tellement grande, qu'il est nécessaire de rapprocher la partie forte pour mettre les deux côtés opposés en équilibre, et faire des incisions longitudinales sur le côté faible. Du reste, la vigueur des arbres diminue à mesure qu'ils deviennent plus productifs. On les tiendra donc courts à la taille , en conservant la sève au bénéfice des fruits qu'il faut alors protéger.

En général , il faut sur le poirier modérer sa vigueur au profit des fruits , lorsque l'arbre est formé. Il arrive souvent qu'il se met difficilement à fruit, ce qui provient soit de la trop grande vigueur, soit de l'espèce. On remédie à cela par plusieurs moyens, parmi lesquels nous avons déjà indiqué l'arcure, le cassement, rincision annulaire. II en est d'autres encore dans certaines circonstances : la grefife de lambourdes ou de boutons à

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