RESTAURATION DES VIEUX POIRIERS
fruit, la torsion des branches, le retranchement de racines, la transplantation, la taille pendant la sève. A l'exception de la greflTe de lambourdes ou de boutons à fruit , nous ne conseillons les autres moyens que comme dernière ressource. Une taille longue, une arcure ou un pincement intelligent, une taille d'août ou un cassement fait en temps convenable, suffiront pour amener promptement l'arbre à donner des fruits.
72. De la restauration des vieux poiriers. — Le poirier peut vivre très vieux; cela dépend beaucoup, et du terrain dans lequel il est planté , et du sauvageon sur lequel il est greffe. Toutefois il arrive un moment où il finit par devenir improductif, quoique encore assez vigoureux, c'est-à-dire qu'il donne très peu de bois et de très petits fruits. La branche à fruits s'épuise , il faut la renouveler progressivement.
Nous allons dire quelques mots sur ce qu'on peut faire à de tels arbres, soit pour prolonger leur existence, soit pour ramener leur production.
Les engrais sont un excellent moyen, mais généralement trop peu employé. Les meilleurs sont ceux qui peuvent être facilement absorbés par les racines, pourvu qu'ils soient appropriés à la nature du sol. S'ils sont liquides , on a soin de les répandre non directement au pied de l'arbre, mais alentour, afin que les jeunes racines puissent les absorber. Si c'est du fumier, on le choisit très décomposé , on enlève un peu de terre au-dessus des racines sans les mettre à découvert , car il faut éviter leur contact avec lui; on en met une
couche que Ton recouvre avec la terre précédemment enlevée.
On renouvellera le fumier toutes les fois qu'on s'apercevra que l'arbre faiblira.
r- Le fumier se met encore en couverture. Pour cela on laboure à l'automne , on épand ensuite un bon lit de fumier bien gras sur la partie labourée où il passe rhiver. Pendant cette saison la déperdition des éléments nutritifs de l'engrais est à peu près nulle; les jus, par l'effet des pluies et des neiges y s'infiltrent dans le sol jusqu'aux racines. Au printemps on enterre le fumier par un léger labour ; le soleil commençant à avoir de la force le dessécherait.
Terrer les arbres avec des terres prises à la superficie de carrés de jardins ou de champs cultivés chaque année est aussi un excellent procédé pour ranimer leur vigueur. On enlève alors toute la terre usée recouvrant les racines pour y substituer celles dont nous venons de parler. -- Quelquefois la faiblesse de l'arbre est due à Tétat des racines et non à son épuisement; il faut donc les examiner. Si elles sontrétrécies et comprimées, on les incise , comme nous Tavons dit pour les branches; si elles sont attaquées par des champignons ou pourries, il convient d'arracher l'arbre et de le remplacer. Dans les terres très légères, comme dans celles qui sont très humides , les poiriers arrivent vite à la caducité : il faut les renouveler souvent ou amender les terres.
Lorsque l'arbre est languissant, malgré les soins qu'on lui a donnés, on peut le ravaler ou le receper; enfin