‹ Trate de la taille des arbres fruitiersChapitre 28 sur 105 · yeux · texte numérisé non relu

yeux

Fig. 32.-2 yeux et 1 bouton.

» sommet ou le n"* 3, devra, dans Tannée, fournir une » pousse à bois, et les deux autres les n°' 2 et 1 devront î tourner à boutons mixtes. ^

» Un auditeur des cours de M. Courtois a formulé » le procédé en ces termes aussi clairs qu^ils sont brefs : » Un pour le bois, deux pour le fruit. »

» Deuxième année détaille et années subséquentes. — » Si len*' 3 et len** 2, celui-ci d'ordinaire après celui-là,

» se sont successivement développés à bois , on aura dû, » comme il sera dit ci-après, ébourgeonner la pousse » produite par le n* 3, afin de n'avoir jamais qu'une » pousse à chaque coursonne; le n® 1, dans ce cas, )) sera tourné à bouton mixte , et la taille alors se fera » au-dessus de deux yeux visibles sur le rameau » nouveau, et de ce bouton mixte. (Fig. 32, 2 yeux et y) l bouton.)

K) Si le n*" 3 a seul, Pannée précédente, développé un » rameau, les n""' 2 et 1, restant pour le fruit, la taille y> se fera sur Pœil le plus rapproché de la base de ce )) rameau au-dessous duquel les n**' 1 et 2 du rameau )) de Tannée précédente se sont constitués en boutons » mixtes. (Fig. 33, 1 œil et 2 boutons.)

y) Enfin, si des trois yeux aucun n'est poussé à bois, » c'est que tous les trois se seront convertis en boutons » mixtes, aucune taille alors n*est à faire. (Fig. 34, » 3 boutons.)

» Il va sans dire que si la coursonne ne portait que )) deux boutons (fig. 35) ou un bouton unique (fig. 36), » il n'y aurait non plus aucune taille à faire.

» Ces six figures représentent les six coursonnes-types )) du Poirier. Elles seraient les mêmes pour le Pommier. » Après la taille, toutes les coursonnes de Parbre, sans )) exception, rentreront forcément dans Pun de ces six

)) 1° coursonne à 3^eux;

» 2° — à 2 yeux eH bouton;

» 3"^ — à 1 œil et 2 boutons;

» 4^ coursonne à 3 boutons; » S^ — à 2 boutons; » 6'' — à 1 bouton.

)) Aucune autre combinaison n^est possible^ en dehors » de ces six types, avec la taille à trois yeux ou y> boutons* » Lorsqu'un des boutons mixtes est devenu bouton

Fig. 33. — 1 œil et 2 boutons.

Fig. 34. — 3 boutons.

» à fleurs, on peut tailler au-dessus de lui; car il

» renferme, avec son bouquet de fleurs, et à la base de

» ce bouquet , des germes d'yeux nouveaux.

j> Il importe toutefois que les deux ou trois boutons,

y> choisis parmi un plus grand nombre, le soient à des

y> distances de 0°*,03 environ pour que chacun d'eux

» puisse se développer sans gêner son voisin; c'est le

)) secret pour obtenir toujours des boutons à fleurs

» fortement constitués.

3> Le nombre des yeux ou boutons étant ainsi limité,

» le plus grand écart qui puisse exister au point de vue

» de ce nombre entre toutes les coursonnes d'un même

y> poirier ou pommier est celui qu'il y a entre un et

y> trois; au lieu de cela on rencontre le plus souvent,

Fig. 35. — 2 boutons à fleurs. Fig. 36. — i bouto7i à fleurs.

y> sur des arbres réputés bien dirigés cependant, des

y> coursonnes , simples dards , avec un seul bouton ter-

y> minai se mourant à côté de coursonnes dix fois, vingt

» fois plus considérables et d'une vigueur exagérée.

» Ni les unes, ni les autres ne forment de boutons

» à fleurs, celles-là par anémie, celles-ci par trop de

» santé.

y> M. Courtois a emprunté le principe de cette taille

» à trois y^x du Poirier et du Pommier qu'il nomme

» taille trigemme, à la taille incontestée à deux yeux et » à deux yeux seulement de la vigne de treille, ou » taille bigemme. En effet, pourquoi, sur un cordon » de vigne, obtient-on facilement, sans même y songer, )) des coursonnes toutes semblables, d'égale force, sœurs y> jumelles pour ainsi dire? C'est que la taille s'y fait » toujours à deux yeux , non pas à trois, non pas à un , » non pas à deux et demi, ni à un et demi, si des » fractions étaient possibles, mais à deux, rien qu'à y> deux. Faisons de même pour le Poirier et le Pommier, » et nous aurons le même résultat. M. Courtois croit le )) chiflFre 3 suffisant et il le propose.

§ H. — Opérations pendant la période végétative ou d'été.

» 1° Cassement herbacé. — Un seul principe sert de » guide et régulièrement une opération,. unique aussi, » est employée pour les suppressions qu'on est dans » la nécessité de faire subir, pendant la période végé- » tative , à des arbres qu'on veut circonscrire dans une y> forme. Le principe, c'est que les suppressions doivent y> être faites sur des pousses dont le sommet soit encore » herbacé ; et l'opération consiste à enlever de ce som- » met la partie la plus ténue.

» Cette opération est sensiblement la même que celle » qu'on a appelée jusqu'ici pincement. A ce mot, » M. Courtois propose de substituer celui de cassement^ » et les raisons qu'il en donne sont spécieuses au moins.

» Pincer, dans l'acception vulgaire du mot, ce n'est » pas enlever le morceau. Le pinceur n'enlève rien à

)) Tobjet pincé ; il lui laisse y au contraire, la marque de » ses sentiments parfois équivoques , une meurtrissure.

y> Au contraire , on emporte la pièce par Popération » arboricole qu'on appelle pincement. Le mot pincer est » même tout à fait inexact quand on opère, comme » M. Courtois l'indique, sans le secours des ongles, par » Tinclinaison du sommet : une main tient le rameau et » l'autre incline. On peut même opérer d'une seule )) main , deux doigts, l'index et le médium , tenant le » rameau , et le pouce inclinant. La partie ténue qu'on » a inclinée se rompt ce net comme verre , » c'est Tex.y> pression de La Quintinie, qui ajoute, dans son œuvre » posthume : Instruction pour les jardins fruitiers etpo- » tagers (1690), que les motsj^fncer et pincement étaient )) nouveaux de son temps.

» Il est certain du reste qu'on a de la peine à faire » comprendre aux personnes qui ne sont pas initiées, » que rompre un rameau, le diviser en deux, si minime » que soit Tune des divisions , c'est le pincer.

» L'acte est réellement une rupture , un cassement. » De ces deux expressions justes l'une et l'autre, » M. Courtois a choisi la dernière en y ajoutant l'épi- » thète herbacé. On dira cassement herbacé, ce qui per- )) mettra d'opposer cette opération à une autre, qui y> casse et rompt également , mais dont les effets sont » tout autres, le cassement ligneux.

» Le seul cassement que M. Courtois recommande en » principe, le seul parfait, est le cassement herbacé qui » est même d'autant plus parfait qu'il est plus ténu, et,

» par suite, plus herbacé. Le cassement ligneux, qui

» est une véritable taille et n'en diffère que parce qu'on

» rompt au lieu de couper, ne doit être employé que

» lorsqu'on opère trop tard et qu'un cassement herbacé r ^ ^ *, /.^.

» n'est plus possible ou ne pourrait être fait qu'aune ■' / ^'^ ...----

)) longueur exagérée. '^"' "

» La taille d'hiver des coursonnôs fruitières du Poiy> rier et du Pommier a été faite à trois yeux ou boutons » sans variation ni distinction.

» Le mouvement de la sève provoque des pousses à » bois ; ce sont ces pousses qui sont traitées par le cas- » sèment herbacé, comme procédé uniforme, le même )) pour toutes les coursonnes.

» M. Courtois propose les longueurs suivantes : y> 0°',20 à 0°*,25 pour les pousses des coursonnes du y> Poirier et du Pommier.

» Ces longueurs ne sont point imposées , mais propoy> sées par M. Courtois; d'autres peuvent être admises » pourvu qu'elles ne soient pas trop petites et de nature » à comprimer Tarbre dans son expansion végétative , » ni trop longues de manière qu'il n'y ait que très » peu de pousses qui puissent atteindre la longueur » réglementaire ; ce qui est essentiel , c'est qu'une lon- » gueur étant admise , elle soit appliquée à toutes les y> pousses du même arbre.

» Un premier cassement herbacé toutefois ne suffit » pas, surtout quand le sujet est vigoureux et pour cer- » taines espèces et variétés ; un deuxième est générale- » ment nécessaire et quelquefois un troisième sur le

» même rameau. Au bout d'un mois, en moyenne,

y> sur le Poirier et le Pommier, des bourgeons anticipés

» se développent à la base de la feuille devenue termi-

)> nale par le cassement et aussi à l'aisseHe de quelques

y> feuilles latérales les plus élevées.

^ » Ce deuxième cassement s'effectuera sur le bour-

» geon anticipé du sommet à trois feuilles , qui feront

» un bouquet de quatre avec la feuille-mère et sur les

» latéraux à deux qui feront un bouquet de trois avec la

y> feuille-mère. Le troisième cassement analogue au

» second sera fait également très court.

» Il faut dire aussi que ces cassements , ne s'effec-

y> tuant que successivement , au fur et à mesure que

» les bourgeons ont atteint les longueurs réglementaires

» susfixées, exigent surtout, dans les mois de mai et juin,

» un travail assez assidu. Les arbres doivent être tra-

y> vailles pendant le mois de mai et la moitié de juin, une

» fois par semaine environ. Plus tard, lorsque chaque

)) pousse qui s'est développée a subi son premier cas-

» sèment, l'assiduité peut être moindre.

» Le premier cassement est le plus essentiel; pourtant

)) il importe de ne pas laisser grandir sur une pousse

» plusieurs bourgeons anticipés qui, faisant autant

y> d'appelle-sève, ne tarderaient pas à donner à cette

» pousse une grosseur démesurée,

)) La nécessité de voir ses arbres à des époques rap-

)) prochées est un des inconvénients du procédé ; mais

» un avantage important aussi compense cet incon-

» vénient, c'est la simplicité de l'opération qui, au

» moyen d'un bout de bois de la longueur réglemen- )) taire , peut être pratiquée par n'importe qui , par les » personnes les plus étrangères à la science et à la pra- )) tique arboricole, par des femmes et des enfants.

» Pendant plusieurs années, M. Courtois a enseigné )) le pincement ou cassement herbacé , à cinq bonnes )) feuilles. S'il a substitué comme règle la longueur y> métrique au nombre de feuilles , c'est qu'il a reconnu » ce dernier procédé plus long, d'une pratique moins )) facile, sans avoir plus de précision, car on discute sur » les bonnes feuilles. Le travail se fait d'une façon plus » expéditive en prenant pour règle la longueur méy> trique. Celle de 0°*,20 à 0^,25, pour le Poirier et » pour le Pommier, correspond du reste assez aux cinq y> bonnes feuilles. On discute sur ce qu'est une bonne » feuille^ et on ne discute pas sur une longueur déter- )) minée.

)) Mais M. Courtois conserve, et avec insistance, le )) nombre d'yeux de préférence à la longueur métrique )) pour la taille. Ici il faut une précision plus grande ; » rà peu près ne suffit plus , chaque œil laissé devant )) s'évoluer et jouer un rôle durable. C'est exactement )) et rigoureusement à trois yeux ou boutons pour le ii ^ » Poirier et le Pommier, que la taille des coursonnes [^ )) doit être faite.

» â"* Ébourgeonnage. Démembrement. — Il a été dit, » plus haut , que le cassement était l'unique opération )) qui suffisait pour effectuer tofutes les suppressions y> qu'exige l'été un arbre sou mis à une forme . L'assertion

» est vraieen principe; elle est même vraied'une manière j> presque absolue pour les pousses de prolongement ]!> qui , à moins que les yeux secondaires de Tœil prin- ]» cipal de taille ne se développent en même temps j> que celui-ci 9 seront toujours uniques pour continuer D chacune sa branche charpentière ; mais le principe y> souffre en fait d'assez nombreuses exceptions, sur les D coursonnes; surtout dans la jeunesse des sujets, ou D pendant une couple d^années, quand déjà, Tarbre » étant vieux, des coursonnes trop fortes qu'il s'agit » de dompter ont reçu l'application du procédé.

» Taillée à trois yeux ou boutons, chaque coursonne » de Poirier ou Pommier devra normalement ne dévey> lopper qu'une pousse à bois née de Tœil ou bouton j> n** 3, le supérieur, les deux yeux ou boutons inférieurs » n**" 2 et 1 restant à l'état de rosettes ou dans la voie » de la fructification; mais un excès de vigueur sur cerj> taines coursonnes peut faire se développer à bois le j> n** 2 et même le n° 1 ; une seule pousse à bois devant 3) être conservée sur chaque coursonne, le n"" 3 est ébour- » geonné, si à bois se développe le n** 2, qui est ébour- » geonné à son tour, si à bois se développe le n** 1. La y> mise à fruit de la coursonne , dans ce dernier cas, est )) à recommencer, mais chose plus importante qu'une y> fructification partielle , l'égalité entre les coursonnes » est rétablie ou maintenue.

y> En effet , au moyen de cet ébourgeonnage , aucune 3) coursonne de Poirier ou de Pommier ne conservera y> plus d'une pousse à bois, et toutes tendront à avoir

}> la leur. 11 n'y aura, à cet égard, que deux natures de y> coursonnes : les unes ayant une pousse à bois, les & autres n'en ayant pas; et, entre celles-ci et celles-là » il n'y aura de différence que la différence existant » entre et 1. Si ce n'est l'égalité elle-même, c'est » tout ce qu'il y a de plus près de Tégalité.

y> M. Courtois nomme démembrement cette opération, » qui ne supprime pas seulement la cime la plus ténue y> d'un bourgeon, mais tout le bourgeon, la pousse tout » entière.

y> C'est une sorte de membre, en effet , qu'on enlève » à quelques coursonnes qui ont mérité , par excès de y> vigueur, cette opération rigoureuse et exceptionnelle.

» Toutes les pousses à bois sur les coursonnes, en » dehors d'une seule pour le Poirier et le Pommier, y> doivent ainsi être supprimées, ébourgeonnées ; le » démembrement en doit être effectué. C'est alors y> la pousse unique conservée, qu'il s'agit de casser » herbacé aux longueurs réglementaires sus-indiquées.

» Ainsi doivent être traitées toutes les pousses d'a- » venir, celles sur lesquelles se fera la taille, d'hiver.

y> On peut dire d'une coursonne qui ne fait pas y> chaque année une pousse nouvelle : elle dépérit.

» Les sujets soumis à la taille d'hiver et aux sup- » pressions d'été sus-expliquées présentent à la fin de la y> saison le spectacle satisfaisant que voici :

» L'équilibre le plus parfait règne dans toutes les » parties de la plante.

» Toutes les pousses de l'année , tant celles de pro-

7> longement entre elles que celles des conrsonnes éga- » lement entre elles , sont de mêmes longueur et » grosseur.

y> Toutes les coursonnes de même âge sont d'égale » force f ayant le même empâtement. Aucune n'a plus j> que son nombre de pousses réglementaires, et presque y> toutes, signe de santé, possèdent ce nombre.

y> Les Poiriers et les Pommiers ont les pousses de y> leurs coursonnes moins longues que la Vigne et le )^ Pêcher n'ont les leurs ; mais non soumises au palis- » sage, ces pousses, projetées en avant sans qu'il y ait » confusion, puisque aucune coursonne n'en a deux, et » sans qu'elles empêchent les rayons solaires d'arriver » jusqu'au fruit, donnent de la santé à l'arbre; elles le » font participer dans la belle saison , quand il est en » espalier, à une partie des bénéfices du plein air.

» Dans ces conditions , la plante possède une vie qui » règne partout également partagée , et d'eux-mêmes y> se forment les boutons à fleurs , des boutons à fleurs » gros et bien nourris, de ceux-là qui, fortement consy> titués, peuvent mener à bien une abondante et saine » fructification. »

On voit par ce qui précède qu'un mode de traitement fixe de la branche fruitière du Poirier et du Pommier, comme cela existe pour le Pêcher et la Vigne , est enseigné parle savant professeur de Chartres. Il simplifie de beaucoup la culture de ces arbres dans les jardins et paraît devoir donner de bons résultats. Aussi recommandons-nous son essai.

§ m. — De quelques autres arbres en pyramide.

Le poirier n'est pas le seul arbre qu'on puisse élever en pyramide ; on soumet encore à cette forme d'autres essences, auxquelles cependant elle convient moins bien .

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