DE LA PALMETTE A BRANCHES VERTICALES
88. Il est un autre genre de palmette que nous recommandons : c'est la palmette à branches verticales. Celles que nous venons de décrire peuvent s'appeler comparativement palmettes à branches horizontales^ quoique l'horizontalité ne soit pas parfaite.
La palmette à branches verticales convient mieux dans les terrains de qualité médiocre, ainsi que pour les murs élevés. Dans le premier cas, la verticalité des branches de charpente assure à ces dernières une végétation plus soutenue que si on les maintenait horizontales. Dans le second, on arrive à garnir plus prompte-
ment le mur, car avec cette forme on peut planter les arbres très rapprochés les uns des autres, à 1 mètre ou \ l^'jâS pour la figure 45, suivant la distance que Ton conserve entre les branches; de plus, lors de la taille, on allonge davantage la charpente, la sève étant réservée à un nombre moindre de branches.
La manière d'établir cette fprme diffère peu de celle suivie pour la palmette simple ordinaire. La première année on taille comme nous l'avons indiqué au n"" 83 ; seulement, au lieu de tenir obliquement les deux bourgeons latéraux on leur fait décrire , lorsqu'ils sont suffisamment consistants, la courbe nécessaire pour les éloigner de la tige d'environ 0°',40, et on les dresse ensuite verticalement (fig. 45, AA). Quant au bourgeon de prolongement de la tige, il est palissé d'après les règles que nous connaissons déjà. La deuxième année, nous rabattons la tige en a pour obtenir les secondes branches verticales à 0'°,20 au-dessus des premières, et nous les dirigeops suivant le milieu de Tintervalle réservé entre la tige et les branches AA ; ce qui met les branches de charpente à 0",20 les unes des autres. Puis nous taillons les branches A au point marqué sur la figure (2° taille), en leur donnant une longueur double de celle de la tige. L'écartement de 0°',20 que nous venons de mentionner n'a rien d'absolu, on peut le porter à 0'",25; alors, au lieu de planter les arbres à 1 mètre de distance, on les met à 1",25, de manière que les branches extrêmes des arbres qui sont voisins aient toujours entre elles le même espace que les bran-
Fig. 45.
chès de charpente de chaque arbre. Cette seconde distance est préférable 9 en ce que les branches reçoivent plus d'air et de lumière, condition essentielle pour une bonne fructification. En général il y a avantage à distancer assez les arbres entre eux pour que les branches le soient entre elles, surtout si Ton a planté dans un terrain susceptible de leur faire prendre de la force.
Les années suivantes, la taille se pratique comme l'indique la figure , en faisant marcher ensemble toutes les branches de charpente , mais cependant en prenant la précaution de tailler un peu plus long les branches Â, pour qu'elles puissent conserver leur prédominance sur les branches B. L'arbre ainsi traité arrive au haut du mur à sa sixième année, si la végétation s'est soutenue ou n'a éprouvé aucun accidenl.
Nous considérons cette forme de palmette à cinq branches comme une des meilleures qu'on puisse adopter pour garnir vite un espalier ou un contre-espalier. Voudrait-on aller encore plus rapidement, on ne prendrait que trois branches au lieu de cinq, en plantant les arbres plus rapprochés. Enfin, les figures 43 et 44 montrent encore deux formes qu'on choisirait dans ce but : l'une consiste en un U simple à deux branches, l'autre en un U à quatre branches, redressant les deux branches extérieures après leur avoir fait décrire une courbe à la partie inférieure à partir de leur point de naissance sur la branche-mère. Ces dernières petites formes ne sont vraiment à recommander que pour les terrains où le poirier végète peu où vit très peu de temps.
89. Palmeite en U à branches verticales. — Mais si l'on craignait que les arbres ne fiissent plantés trop près y et que Ton voulût les éloigner, on pourrait, au lieu de
I deux branches de chaque côté de la tige, en augmenter
/ le nombre. Dans cette circonstance, nous préférons la
/ forme en U appliquée au même mode de palmette
/ (fig. 46], comme répondant mieux à ce désir. Ce que
nous avons dit de la palmette en U et de la palmette à branches verticales s'applique à celle-ci, nous ne reviendrons pas de nouveau sur ce sujet; nous ferons observer seulement qu'il convient de donner à un arbre tel que celui représenté par la figure un espace de l'^^OO à 2 mètres, suivant la distance des branches charpentières entre elles, qui peut varier de 0",20 à O'^jiS. U faut avoir soin aussi de bien calculer chaque distance ^ de manière qu'on puisse placer aisément les branches de charpente les unes après les autres. Ainsi les premières branches que l'on établit sont les branches A et B ; cette \ dernière ne peut varier de position ; il importe donc que
rintervalle compris entre elles soit suffisant pour le palissage facile des branches CC, qui ne prennent naissance qu'ensuite.
Outre les avantages que nous avons signalés comme ! appartenant à ces deux formes , on peut encore ajouter
qu'elles s'appliquent utilement à des arbres déjà conduits sous une autre analogue, dont la végétation serait languissante. C'est un moyen de leur donner une nou- \ velle vigueur par suite de la verticalité des branches.
\ Enfin elles permettent, lorsqu'on n'a à sa disposition
Fig* 46.
qu'un mur d'une étendue assez limitée, d'y planter un nombre de variétés plus grand qu'avec toute autre. Pour ce qui concerne la branche à fruits, elle est gouvernée suivant les principes que nous avons précédemment cités.
Ces formes de palmette' à branches verticales conviennent parfaitement aussi au cerisier, à l'abricotier ^ et au prunier. Ainsi dirigés, ces arbres donnent de bons l résultats : les branches seront distancées pour ceux-ci - deO'",2D àO'",30..