‹ Trate de la taille des arbres fruitiersChapitre 43 sur 105 · DES FORMES DU PÊCHER EN ESPALIER · texte numérisé non relu

DES FORMES DU PÊCHER EN ESPALIER

Le pêcher se prête facilement à toutes les formes qu'on veut lui imposer.

Nous donnerons plusieurs méthodes,, en commençant par celle que Ton désigne soùs le nom de forme carrée.

121. Cette forme (fig. 68) consiste en une tige très courte, d'où part de chaque côté une branche principale de charpente, dite branche-mhre A, dirigée obliquement, sur laquelle naissent des branches secondaires. On nomme celles-ci inférieures lorsqu'elles sont établies en dessous, B, et supérieures lorsqu'elles sont en dessus, C. Elles sont également distancées les unes des autres en conservant les intervalles que nous avons indiqués. On les amène graduellement dans la position qu'elles doivent prendre, sans attendre qu'elles soient trop grosses, afin de pouvoir le faire plus aisément sans risquer de les éclater, et on les maintient toujours un peu obliques,

(1) Le principe sur lequel repose cette méthode n*est pas précisément nouveau. Sans le faire remonter, comme plusieurs personnes, jusqu'àlaQuintinie, nous le trouYons, sinon déterminé nettement, au moins indiqué à l'article Pincement du Pêcher de la 9« édition d'un livre qui a paru en 1777 , sous ce titre : Le Jardinier solitaire, et que nous croyons être l'œuvre d'un Chartreux. Cet ordre de religieux avait acquis au siècle dernier une grande réputation dans la culture des arbres fruitiers.

ce qui rend leur dressage plus facile, et leur permet, pour les inférieures surtout, d'attirer à elles un peu plus de sève que si elles étaient tout à fait horizontales. Le plus ou moins d'obliquité de la branche-mère est indifférent, cela dépend d'ailleurs de la hauteur du mur et de l'étendue qu'on donne à Tarbre. Cependant on évitera une trop forte inclinaison, afin de n'être point obligé d'avoir des branches supérieures trop longues, qui pourraient, par leur trop grande vigueur, compromettre l'existence de la mère et des inférieures. Le nombre des branches supérieures et inférieures varie aussi selon la hauteur du mur; il ne faut pas trop les multiplier pour ne pas trop diviser la sève. Il est de toute évidence que moins on a de branches à conduire, plus on a de facilité pour le bien faire. Nous considérons le nombre de huit de chaque côté comme la limite extrême ; il donne , en comptant les deux mères, dixhuit branches pour tout l'arbre. Nous recommandons encore de ne former les branches supérieures que lorsque les inférieures seront fortement établies , car c'est là le point important de la bonne formation. Enfin toute la charpente sera bien équilibrée , et les branches de chaque aile ou côté devront être exactement pareilles et dirigées suivant la même inclinaison que celles de l'aile opposée.

Nous entrons maintenant dans les détails nécessaires pour l'obtenir.

122. Taille de la première année. — Le pêcher est planté ; on a eu soin de disposer la greffe de manière à

trouver deux yeux convenablement placés pour donner naissance aux deux mères branches.

La figure 69 oflre un jeune arbre de dix-huit mois, tel que ceux élevés en pépinière et que Ton plante le plus fréquemment. C'est le produit d'une greflTe en écus^ son à œil dormant de Tannée précédente. Il s'agit de choisir, à 12 ou 15 centimètres de l'insertion de cette greffe^ au point E, deux yeux a et 6^ opposés autant que possible, et de tailler au-dessus, ce qu'indiqué la coupe A. Il est prudent de tailler un peu haut au-dessus de ces deux yeux, à un œil par exemple dont le bourgeon sera pincé quelque temps après, car souvent, par suite de la plaie, Tonglet se dessèche ou se chancre, ce qui risque de les compromettre. L'année suivante, ou pendant la végétation, on retranche l'onglet.

Les yeux a et 6 ont pour mission de constituer les deux branches mères du pêcher; les bourgeons qui se développent sont dirigés sans coude, un peu obliquement, de manière à former entre eux un angle de 70 à 75 degrés. Lorsqu'ils ont acquis une certaine longueur, on les attache sur le mur ou sur le treillage, pour les maintenir dans la position prescrite, mais sans trop les serrer, afin de ne pas gêner leur croissance. Il est essentiel de les surveiller pendant le cours de la végétation, pour qu'ils conservent entre eux un équilibre parfait et un développement égal. Si l'un d'eux prenait sur l'autre une supériorité marquée, il faudrait incliner le plus fort, c'est-à-dire l'attacher dans une position plus horizontale, tandis qu'on redresserait complètement le plus

faible en l'amenant dans une position plus ou moins verticale, tout en lui laissant beaucoup de liberté. Si ce procédé ne suffit pas, on pincera une partie des faux bourgeons du plus fort sur la troisième feuille, et surtout ceux de devant et de derrière; on laissera libres ceux du faible, afin d'y appeler la sève avec plus d'abondance. Par ces divers soins, on pourra parvenir à les équilibrer. Sous les yeux a et 6 existent d'autres yeux qu'il serait dangereux d'éborgner; car on doit se tenir en mesure contre un accident qui peut arriver à ceux sur lesquels on a taillé, mais dont on supprimera les bourgeons avant qu'ils aient une grande longueur, afin de laisser seuls ceux destinés aux mères branches.

Il peut se faire cependant qu'à la fin de la saison^ les deux rameaux soient

d'inégale force , et en telle disproportion qu'il n'y ait plus d'espoir de les équilibrer; alors il faudra les traiter comme nous l'indiquerons tout à Theure. Nous ne tenons compte de l'âge de l'arbre qu'à partir de sa plantation : pour nous^ il n'a un an qu'à la fin de la saison au commencement de laquelle il a été mis en place.

123. Taille de la deuxième année. — Les deux bourgeons, et c'est ce qui arrive le plus ordinairement , sont supposés à très peu près d'égale force ^ nous aurons les résultats représentés par la figure 70. La taille à faire est très simple : il s^agit d'obtenir le prolongement des branches mères et la naissance des premières branches inférieures secondaires. Nous rabattons donc les branches mères A aux points a. On voit que l'un des yeux, celui de la branche de gauche, est placé sur le devant : c'est la meilleure position pour continuer les branches charpentières , en ce sens que les coudes sont peu sensibles et la végétation plus régulière; l'autre œil, celui de la branche droite, n'a pu se trouver dans la même position, nous avons été obligé de le prendre sur le dessus (nous rappellerons que c'est la moins bonne, les coudes étant très prononcés, et le bourgeon tendant toujours à prendre un grand accroissement souvent en disproportion avec les autres) : on le palissera donc un peu plus tôt, et .on le ramènera peu à peu dans la ligne qu'il doit suivre et dont il s'écarterait si on le laissait en liberté-

Quant aux yeux h placés tous deux en dessous, ils donneront naissance aux premières inférieures secon-

Dignti

daires qui devront être prises le plus près possible du tronc. On les a choisies immédiatement au-dessous des yeux a, afin que, par leur proximité de ces derniers, ils puissent comme eux absorber une grande quantité

Fig. 70.

de sève et prendre un bon accroissement. Ces bourgeons seront tous traités pendant le cours de la végétation identiquement d'après les mêmes principes; et Ton emploiera, lorsqu'il y aura rupture de l'équilibre de

la végétation, des moyens que nous avons indiqués précédemment.

Dans le cas où les deux rameaux ne seraient pas égaux

Fig. 71.

comme dans la figure 71, que l'un serait beaucoup plus faible que l'autre, il faudrait le supprimer en A, et établir la taille sur le plus fort en B, en le traitant comme

le jeune arbre de l'aiinée précédente. On perd un an, mais il vaut mieux encore se servir de cet arbre que d'en planter un autre , parce que d'abord le même accident pourrait arriver au nouveau; et puis comme l'arbre a déjà repris^ qu'il a émis de nouvelles racines, on est plus certain de sa vigueur. Un inconvénient que Ton ne peut pas éviter, c'est le coude disgracieux formé par la branche qui reste; mais il finira par disparaître en très grande partie avec le temps. Il est bien entendu qu'on a ramené le rameau B dans la ligne verticale pour lui faire prendre la même direction que le tronc. D'ailleurs si l'on craignait de ne pouvoir obtenir un bel arbre, on a la ressource de placer, à la fin du mois d'août ou au commencement du mois de septembre, deux écussons opposés EE sur la tige entre la greffe précédente b et les rameaux , et Ton supprime ceux-ci au-dessus des écussons au printemps suivant. Ces derniers, en se développant, formeront les deux branches mères. Ce procédé est même préférable, en ce que les écussons donneront deux bons bourgeons qui seront traités comme il a été indiqué au paragraphe précédent. L'arbre figure 70 a deux ans de plantation et n'a encore que deux branches au moment où il subit sa deuxième taille; on pourrait, au lieu de planter un pêcher de dix-huit mois n'ayant qu'un scion, mettre en place à l'espalier un jeune pêcher greflFé d'un an, mais ayant reçu deux écussons EE, un de chaque côté opposé, comme on peut le voir à la figure 72, qui, en se développant, forment les deux mères branches A la

Fig. 72.

même année. On gagne par ce procédé un an, et le dé-, veloppement égal des deux bourgeons est beaucoup plus certain. Uarbre est alors traité comme nous Pavons dit à la deuxième taille.

Enfin sur un arbre de même sorte (fig. 73), c'est-à-

Fig. 73.

dire ayant reçu deux écussons EE, lorsque les bourgeons AA sont vigoureux et ont atteint une longueur d'environ O'^jâS, on peut les pincer un peu en avant de cette hauteur, de manière à obtenir des ramifications BB que Ton utilise pour former tout de suite les branches inférieures, ce qui fait encore gagner une année.

La longueur de 0°*,25 n'est pas absolue ; ce qui doit guider dans cette circonstance , c'est le choix à faire d'yeux convenablement placés en dessous pour avoir deux bonnes branches inférieures qui proviennent de faux bourgeons.

On a donc, par cette méthode, les mêmes résultats qu'en trois ans par la méthode ordinaire; mais malheureusement on ne peut l'appliquer toujours avec succès. Pour réussir, il faut que le pêcher soit ou greffé en place, ou planté de très bonne heure, à l'automne, dans un excellent terrain ; encore faut-il l'employer avec circonspection, car souvent en voulant aller trop vite, on s'expose à n'avoir rien de bon.

N'importe quel mode on préférera, il conviendra de tailler les rameaux de prolongement à la même hauteur dans chaque aile, pour les maintenir égaux, et de faire les pincements que nous avons signalés.

124. Taille de la troisième année (1). — La figure 74 montre le pêcher tel que Ta fait la végétation qui a suivi la précédente taille. On voit que les branches mères AA et les inférieures BB ont été, les unes favorablement prolongées, les autres bien développées. Leurs proportions sont bonnes et l'étendue qu'elles présentent s'obtient aisément dans un bon terrain. Nous taillerons en a, à environ 1 mètre de leur insertion, les mères, et dans

(1) La plupart des figures concernant la taille du pêcher carré n'ont pas les proportions voulues relativement aux branches charpentières : cela tient au cadre restreint du format et au désir d'indiquer clairement la laiUe des l^ranches fruitières en les espaçant suffisamment entre eUes.

des proportions égales. Nous laisserons quelques yeux de plus aux inférieures y afin de les mettre à même de se maintenir par la suite en harmonie, quant à leur force, avec les mères. En leur laissant plus d'yeux, nous faisons qu'elles attirent à elles la sève plus énergiquement que ne l'exigent leur position de branches en dessous, précaution sans laquelle elles cesseraient bientôt de se trouver en rapport avec les branches mères.

La grande difficulté de la conduite du pécher est de conserver aux branches inférieures une force suffisante pour qu'elles puissent vivre aussi longtemps que les branches supérieures, tout en donnant d'abondants produits. La sève, nous le savons déjà, tend toujours à monter dans les parties qui se rapprochent le plus de la verticale, et néglige les parties qui sont horizontales; ce n'est qu'en établissant dès le jeune âge les branches inférieures dans de bonnes conditions, qu'on parvient à les maintenir fortes. On ne devra donc rien négliger pour assurer dans les premières années la prépondérance à ces dernières : elles faibliront toujours trop tôt.

La longueur de 1 mètre que nous avons fixée n'a rien d'absolu : on comprend qu'elle dépend de la place où sont les yeux : toutefois , dans la forme que nous décrivons en ce moment , il sera convenable de ne pas trop s'en écarter, car, par suite de l'inclinaison à donner à toutes les branches de charpente pour bien garnir le mur, il ne restera plus entre elles qu'un écartement de O'",50 à 0^,60 pour palisser.

C'est à cette taille que l'on commence à établir les

220 DE LAl taille DES ARBRES FRUITIERS.

deuxièmes secondaires inférieures sur les branches mères ; ce sont sur chacune d'elles les yeux b qui sont chargés de les donner. Les inférieures sont taillées en c et ne sont pas bifurquées, elles sont simplement prolon-

U peut arriver qu'au lieu d'un œil il se trouve un faux rameau; on l'utilisera pour former la branche secondaire en le rabattant sur deux yeux : l'un prolongera la branche, l'autre formera une coursonne, si c'est nécessaire^ ou sera supprimé^ si c'est inutile. Lorsqu'à l'emplacement même de la taille sur les branches charpentières il sort de faux bourgeons, on les traitera comme nous l'avons dit.

Les faux rameaux qui se trouvent en dessus et qui ont été pinces j ainsi que ceux en dessous des branches de charpente, seront tous taillés sur le deuxième œil, comme le marque le trait, et commencent les coursonnesifOn peut les tailler cependant plus longs, mais dans le courant de juin on les rabattra en vert sur les deux premiers bourgeons, ceux-ci alors, un peu retardés, ne prendront pas trop de force , ce qui est quelquefois à craindrQf Nous n'avons besoin que d'un œil, mais nous en gardons deux en cas d'accident; les deux bourgeons seront palissés à l'époque de cette opération et donneront naissance aux branches à fruits. Si, pendant le cours de la végétation , l'équilibre n'est pas parfait entre les deux ailes (fig. 75), on inclinera le côté fort en le tenant presque horizontal, et Ton redressera le côté faible. Par suite de cette différence de position, la sève abandonne

un peu la partie couchée et se porte avec plus d'abondance dans là partie droite. On peut mettre en même temps un petit auvent au-dessus de Taile inclinée ; en la privant de la lumière directe et des influences atmosphériques, sa vigueur est ralentie. On éloigne momentanément du mur les branches faibles au moyen d'un tuteur^ et l'on palisse serrées les branches fortes; à la fin de la saison l'équilibre est ordinairement rétabli.

Fig. 75.

Ce que nous venons de dire s'applique aux arbres qui ont vigoureusement poussé et qu'il faut nécessairement tenir longs à la taille ; mais si l'arbre est dans un terrain peu avantageux et qu'il ne pousse que médiocrement, au lieu de tailler à un mètre, on rabattra les branches de charpente à O'^jBO. On met alors deux ans pour obtenir la branche secondaire, circonstance malheureusement inévitable avec cette forme dans les terrains

peu propices à la culture du pêcher. Quanta rensemble de Parbre, il sera traité comme nous Tavons dit.

125. Taille de la quatrième année (fig. 76). — Nous admettons que le pêcher a bien poussé ; les branches de charpente seront taillées dans les mêmes proportions en A que pour le troisième taille y ce qui nous donnera une troisième branche secondaire sur chaque mère.

A cet âge nous avons beaucoup de branches à fruits ; il convient donc d'examiner ici en détail la manière de les tailler. Nous appelons l'attention sur ce point; tout en tâchant d'être aussi court que possible, nous mettrons le lecteur à même de suivre facilement les diverses opérations à faire.

Nous rappelons que sur le pêcher, les rameaux ou branches âgés de. plus d'un an ne peuvent plus donner de fruits ; ils^conduisent simplement la sève dans ceux qui ont pris naissance sur eux. Sur les arbres de la vigueur de celui que nous avons devant nous , chaque branche bien constituée a ses boutons accompagnés d'yeux; les bourgeons que ceux-ci donnent sont traités ainsi que nous l'avons dit précédemment.

Ainsi la branche n**! , sur la première secondaire, est le résultat d'un œil latent; elle ne s'est développée que dans les proportions ordinaires , ce qui nous a donné une bonne branche à fruits ; nous la taillons donc sur le troisième ou quatrième bouton. Mais il arrive souvent que ces sortes de branches nées d'un œil latent, surtout sur le dessus des charpentières, se mettent difficilement à fruit ou n'en donnent qu'à leur extrémité : leur

vigueur est trop forte, elles tendent à devenir gourmandes ; alors on doit les tailler sur le deuxième œil , en les maintenant par un pincement attentif. Si Ton craignait, malgré cela, qu'elles ne prissent trop de force, on les taillerait sur le cinquième ou sixième œil; sur une telle branche^ en taillant aussi long, on ne doit pas redouter de voir Pœil chargé de donner le bourgeon de remplacement rester inactif. Les yeux de l'extrémité se développeront plus que celui de remplacement; on les pincera à 0",08 ou 0°*,12; puis plus tard, vers la mi-juin, on taillera en vert sur le bourgeon de remplacement. Ce procédé a pour objet de ne laisser ce dernier se développer que tard, afin qu'il n'acquière pas trop de force et qu'il puisse devenir une bonne branche à fruits . Les n*"* 2 , 3 , 8, subiront les mêmes opérations ; on retranchera une partie de la cours onne et la branche à fruits au-dessus du troisième bouton.

Les n**' 4, 6 et 7 sont semblables au n** 1 et traités de même.

Le n** 5 sera taillé en crochet. Ici le bourgeon de remplacement n'a point de boutons à fruits ; nous sommes obligés de tailler sur le plus éloigné de la branche de charpente et de rabattre l'autre à deux yeux, il donnera une branche fruitière pour Tannée suivante.

Les n°' 9, 10, H , seront taillés près de la branche à fruits, qui elle-même est coupée au-dessus du quatrième bouton.

Le n** 12, qui est un rameau pincé, sera taillé à deux

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yeux pour former une coursonne et une branche à fruits.

Le n^ 13, sur la mère, sera taillé au quatrième bouton, et la branche au-dessous rabattue près de la nouvelle.

Le n° 14 sera taillé en crochet comme le n*" 6, pour les mêmes motifs.

Le n** 15 est de même que le n° 1 ; semblable traitement. Les n°' 16 et 17 subiront aussi les opérations indiquées.

Le n* 18 est composé de deux branches, dont l'une a été pincée pour favoriser le bourgeon de remplacement : celui-ci sera taillé sur le quatrième bouton et l'autre sur la coursonne; cette dernière se trouvera renouvelée en partie.

Le nM9 nous présente une branche un peu forte. Elle n'a de boulons à fruit que vers l'extrémité ; nous voulons cependant quelques fruits : nous la taillons long, en ayant soin ou d'éborgner de suite ou mieux de pincer plus tard à une ou deux feuilles les bourgeons qui se trouvent entre les boutons sur lesquels on a taillé, et les deux yeux le plus près de la base; nous laissons également intacts ceux qui accompagnent directement les fruits. Il faudra les pincer plus tard afin de protéger le bourgeon de remplacement.

Au-dessus est un œil o sur lequel on peut entailler^ pour le faire développer et garnir le vide qui se remarque dans cette partie.

Les n^' 20, 21, 22, n'offrant rien de particulier, nous les traiterons comme les autres.

Le n'' 23 est un bourgeon pincé par suite de sa position voisine du bourgeon de prolongement : on avait à craindre son trop grand accroissement : il sera taillé sur le deuxième œil.

Les faux rameaux qui se trouvent sur les branches de prolongement seront rabattus sur le deuxième œil^ afin de commencer les branches coursonnes qui devront garnir ces parties ; quant aux branches de prolongement elles*mêmes, elles seront taillées d'après les principes que nous avons déjà émis, et l'on obtiendra alors la troisième branche inférieure secondaire.

Dans l'aile opposée du même arbre, les opérations à faire sont les mêmes ; il est donc inutile de répéter ce que nous venons de dire.

La branche mère est taillée au point A sur un œil de devant, qui devra donner le bourgeon de prolongement; l'œil immédiatement au-dessous donnera la troisième secondaire inférieure. Nous avons pris un œil se trouvant à une distance telle de la deuxième secondaire inférieure, que l'espace compris entre chaque secondaire inférieure est le même ; circonstance qu'il ne faut pas oublier pour la régularité de Tarbre, la bonne répartition de la sève et un palissage facile. Ainsi Tintervalle entre le point A et le point B doit être autant que possible égal à celui qui existe entre le point B et le point C.

Cependant oh ne trouve pas toujours des yeux si bien placés que Ton obtienne rigoureusement une distance égale 5 nlaià par le palisSage on conserve entré

les branches inférieures Pespace nécessaire (1). Pendant la végétation nous répéterons sur cet arbre les opérations que nous avons déjà décrites, suivant que sa marche sera plus ou moins régulière.

126. Taille des années suivantes. — Maintenant nous allons passer aux tailles suivantes, en nous bornant à indiquer le mode à employer pour arriver à la complète formation de l'arbre.

La figure 68 nous représente un arbre tout formé, nous Pavons vu jusqu'à la quatrième taille; nous le reprenons maintenant à la cinquième* C'est à ce moment que nous obtenons la dernière branche secondaire inférieure. L'année suivante nous taillons la branche mère à environ 1 mètre, mais sans la bifurquer, et ce n'est qu'à la septième année que nous arrivons au haut du mur. Quant aux branches inférieures , voici comment on a dû les traiter : la branche mère A a reçu sa première taille la deuxième année de la plantation de l'arbre , et est arrivée à sept ans à sa limite , après avoir subi six

(i) Si Ton tient à ihie régularité parfaite, et si l'on il'aper<Joit pas d'œii au point où doit être établie la bifurcation , on peut placer un écusson au mois d'août qui précède la taille. On écussonnerait encore^ si l'oëil destiné à la bifurcation s'était dévoloppé en faux bourgeon , ce dernier étant moins favorable pour établir la charpente. S'il existait un ceil naturel ouécussonné, et s'il restait inactif ou s'il avait subi un accident, on pratiquerait eii juin la greffe en approche herbacée.

A cet effet, on fait sur la branche de charpente Une entaille ou plaie ; on prend ensuite dans le voisinage) et en dessous, un bourgeon que l'on amincit longitudinalement en forme de coin, du côté qui doit pénétrer dans l'entaille, à partir de la base de ce bourgeon jusqu'au point de bifurcation, et proportionné à la longueur de la plaie : on l'y adapte, et on le tient fixé par une ligature. Lorsque la reprise de cette greffe est assurée, on eiilève la ligature et Ton n*a p&s besoin de la sevrer (yoyeï. figure 90).

tailles; la première inférieure secondaire B a été arrêtée la sixième année, ainsi que la deuxième. Si rien n'est venu contrarier la végétation du pêcher, tout le dessous est formé la septième année; seulement on remarque que les premières et deuxièmes inférieures ont une année d'avance sur les autres.

Toutes ces branches, bien entendu, ont été inclinées graduellement pour venir occuper la position qu'elles ont et qu'elles doivent conserver. Ce n'est que lorsque le dessous est complètement établi qu'il convient de songer à élever le dessus; ce n'est donc qu'à la huitième année qu'on commencera la première secondaire supérieure. Elle sera à la hauteur du mur, ainsi que la seconde^ à la dixième année. Enfin , si le pêcher pousse bien , on prendra les deux autres secondaires supérieures à la onzième année; on aura alors le pêcher tout à fait formé. Quand les dessous sont forts et qu'on est sûr de la végétation de ses arbres, on peut établir deux branches supérieures la même année, en commençant par celles du haut et finissant par celles du bas Tannée suivante.

On devra, dans tous les cas, les prendre plus haut que les inférieures sur la mère , afin que celles-ci puissent absorber la sève avant qu'elle se porte dans les supérieures. Si ces dernières étaient établies plus bas, leur position verticale les rendrait trop fortes au détritnent des inférieures , dans lesquelles la sève ne marche qu'avec contrainte. Nous rappellerons qu'il convient de se servir, pour les former, des branches les plus faibles.

Quand le pêcher est sur le point de couvrir Tespace qui lui est réservé, on le maintient dans les limites qui lui ont été assignées en tenant très courtes les branches de charpente. On les taille sur le deuxième bu troisième œil , et Ton pince le bourgeon qu'il émet : de cette manière son accroissement se trouve arrêté. Si le pincement ne suffisait pas, on le taillerait en vert. Pour les bourgeons des branches supérieures, il faut encore, après les avoir pinces, puis rabattus sur un faux bourgeon faible que Ton palissera de bonne heure, les conserver dans un état de gêne continuel. Un arbre de cet âge est en plein rapport, sa végétation se ralentit; il importe de le tenir plus court à la taille en réservant la sève au profit des fruits, qui, comme on sait, sont un moyen d'épuisement.

127. On voit, d'après ce qui précède, qu'il faut beaucoup de temps pour former un pêcher carré, car nous avons supposé que le terrain est favorable et qu'il n*est survenu aucun accident fâcheux pendant sa végétation. / Ce mode a, sous ce rapport, l'inconvénient de laisser dégarnis, et pour ainsi dire improductifs pendant plusieurs années, des murs souvent construits à grands frais dans le but d'y planter des pêchers et d'en retirer agrément ou profit. Il n'utilise pas assez promptement les murs qu'on lui consacre. /

Nouvelle méthode du pécher carré. — Nous avons essayé une nouvelle méthode de formation d'espalier carré qui, en nous promettant des résultats aussi bons, nous permet en outre de gagner du temps, avantage qu'il faut

Digiti:

toujours rechercher, pourvu cependant qu'on n'aille pas trop vite, car avant tout il faut éviter de compromettre la bonne constitution et la régularité de Tarbre. Par la méthode que nous allons décrire on arrive vite et bien ; elle a pour elle la sanction de Texpérience , et n'est autre, du reste, que celle suivie pour la forme en U, mais adaptée à la forme carrée.

Fig. 77.

Taille de la première année. — La figure 77 représente un jeune pêcher qui a reçu sa première taille et qui a un an de plantation. Le scion a été rabattu au point a, et les yeux qui ont été choisis ont émis deux bourgeons, comme dans l'exemple précédent, qui doivent former les deux branches mères. Celles-ci sont palissées sous un angle d'environ 70 degrés. Pendant Tété, s'il est nécessaire, on pince les faux bourgeons, à

Texception de ceux b destinés à devenir branches de charpente l'année suivante.

Taille de la deuxième année. — La deuxième année (fig. 78), la branche mère A est inclinée à environ

FJg. 78

SO degrés et est laissée entière : elle est destinée , par suite de Tinclinaison successive qu'on lui donne, à former la première branche secondaire inférieure; nous ne la taillons pas. On voit dès lors en quoi consiste cette nouvelle méthode. Les branches charpentières ne sont pas taillées ; elles acquièrent par cela même une grande

force végétative et se maintiennent toujours vigoureuses; comme on n'en rabat aucune, elles peuvent arriver vite au développement qu'on exige d'elles, toute la sève est utilisée. Le faux bourgeon B, que nous avons réservé, se développe avec vigueur, mais sans danger pour la branche mère sur laquelle il prend naissance. Par suite de la courbure qu'on lui donne lorsqu'il arrive sur le mur au point que la branche B doit occtiper, sa vigueur se trouve ralentie, et au moment de cette courbure naît un nouveau faux bourgeon C . Si ce faux bourgeon hésitait à pousser, on ferait une incision audessus de l'œil qui doit le produire. On le palisse de bonne heure et l'on pince sévèrement une parti» de ses faux bourgeons, afin de le laisser dans un état d'infériorité assez marqué relativement à la branche B. Le faux bourgeon C sera protégé pour continuer à son tour la charpente. Toutefois, si le rameau B voulait prendre une trop grande prépondérance, et qu'il y eût danger pour la branche A, un rapprochement en vert fait en temps opportun, en l'arrêtant momentanément, fera disparaître cet inconvénient; mais un bon palissage avec ébourgeonnement suffit ordinairement pour qu'on s'en rende maître.

Taille de la troisième année. — La troisième année (fig. 79), la première branche arrive à son complet développement; on l'incline davantage : il en est de même chaque année, jusqu'à ce qu'elle occupe Sa place (fig. 80), et l'on prend la troisième inférieure par le même procédé que pour la seconde.

Taille des années suivantes. — Enfin , la quatrième année (fig. 80j, on courbe la quatrième branche, qui complète ainsi les branches du dessous^ et à cinq ans toutes les branches inférieures sont à la limite qui leur est assignée. La sixième année (fig, 81) on élève la première supérieure qui, à son tour, atteint sa limite à la septième année, ainsi que les deux autres » qu'on élève ensemble. Au bout de sept ans, Tarbre est tout à fait formé : l'aile opposée étant dirigée d'après les mêmes principes que ceux que nous venons d^ndiquer pour celle-ci. On gagne ainsi trois ans, sans inconvénient pour la durée et l'équilibre de Parbre : on a profité de toute la végétation, c'est ce qui permet d'aller aussi vite. On arrête les extrémités de toutes ces branches par le 'moyen que nous avons indiqué en traitant de la première forme en espalier carré. Quant aux branches à fruits, on a dû les traiter d'après les principes exposés. Dans cette méthode comme dans la précédente, nous avons supposé une bonne végétation, mais cette condition heureuse n'est pas toujours réalisable; on est alors obligé de consacrer à leur établissement un temps encore plus long, ce qui devient un inconvénient très sérieux : aussi leur préférons-nous de beaucoup les formes suivantes : /

FORME EN PALMETTE A BRANCHES HORIZONTALES (fig. 82).

128. Nous n'avons parlé jusqu'à présent que du pêcher carré, et si nous avons donné une nouvelle

236 DE LA TAÎLLE DES ARBRE5> FRtJmEftî>.

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manière de l'obtenir, ce n'est pas que nous soyons partisan bien décidé de cette forme; au contraire, nous sommes loin de la regarder comme avantageuse, et nous lui trouvons plus d'inconvénients que d'avantages.

La difficulté très grande d'équilibrer chacun des membres qui la constituent, et de leur conserver la force relative qu'ils doivent avoir, serait déjà pour nous un motif de ne pas la conseiller aux amateurs, qui ont peu de journées à consacrer à leurs arbres. L'établissement dangereux des branches de dessus, qui menacent constamment l'existence des inférieures, et dont il faut combattre à chaque instant la vigueur, la rend encore peu propice. Le temps qu'il faut mettre pour l'obtenir, même dans les bons terrains, décourage presque les personnes tentées de l'adopter. Enfin, il faut avant tout que la hauteur des murs s'y prête, ce qui n'arrive pas toujours/La lente utilisation de ceux-ci, le vide énorme que peut causer la perte d'un arbre, sont aussi de réels obstacles à la vulgarisation de cette méthode dans la pratique ordinaire. /

Aussi proposerons-nous de lui substituer, partout où l'on ne tiendra pas à avoir des formes variées, Idipalmetle simple (fig. 82) . Nous regardons parmi les grandes formes cette dernière, comme étant la meilleure de toutes et comme celle qui doit être préférée dans tous les cas. Son extrême simplicité de construction, la facilité avec laquelle on maintient Téquilibre, son établissement rapide, son* peu d'exigence de soins continus, son appli-

238 DE LA TAfLLE DES ARBRES FRUITIERS.

cation à toutes les hauteurs de murs , depuis 1 jusqu^à 5 ou 6 mètres, son élégance même, nous la font spécialement recommander.

De même que le pêcher carré, cette forme n'est pas nouvelle; il y a deux cents ans qu'elle a été pratiquée et puis abandonnée, peut-être par un caprice de la mode, et surtout parce qu'on n'a pas su en tirer parti. Nous chercherons ici à la réhabiliter dans l'esprit des planteurs, et à la faire adopter non pas à l'exclusion, mais au moins préférablement à toute autre.

Voici la manière bien simple, on va le voir, d'élever le pêcher en palmette; quelques mots suffiront pour faire comprendre les avantages de cette excellente méthode.

Taille de la première année. — Soit le pêcher fig. 83. Il a été taillé en a, à 0'",2S ou O'^jSO au-dessus du sol. Mais au heu de chercher à n'avoir que deux bourgeons, nous protégeons le développement de trois : l'un émanant de Tœil a chargé de continuer la branche mère A ; les deux bb destinés à fournir les deux branches laté* raies B, C^ Tune à droite, l'autre à gauche. Ces bourgeons sont conduits d'après les principes déjà formulés à cet égard. La figure nous les représente à la fin de la première année de plantation. Nous avons alors trois rameaux î A, B, C. Le rameau A sera taillé à la hauteur voulue pour établir les secondes branches latérales à 0**^,50, c'est-à-dire que l'œil que nous choisissons est placé ici à O^'jSS environ en a et sur ledevant> de sorte que les branches latérales b , qui Sont en dessous * se

trouvent à 0",50 des premières. Quant à celles-ci, nous les rabattons à une longueur double de la tige mère, à 1 mètre en c. Nous leur assurons ainsi une prépondérance marquée sur la branche mère. Cependant , si la végétation était trop faible pour qu'on ne pût tailler dans

Fig. 83.

.les limites que nous indiquons, on taillerait plus court, mais dans des proportions correspondantes : c*està-dire que les branches latérales seront tenues à une longueur double de celle de la branche verticale; il y aura même, dans bien des cas , avantage à ne point tailler du tout les premières/ à moins qu'elles ne soient faibles à leur

extrémité; il faudrait alors les tailler sur un œil bien T constitué. ^

Taille des années suivantes, — Chaque année nous agissons de môme, de manière à créer un étage de branches. On voit par ces quelques mots combien cette méthode est simple et facile. Plus d'embarras pour maintenir l'équilibre dans le dessous; les branches latérales inférieures, taillées très longues, résistent bien et retiennent une quantité suffisante de sève pour rester fortes. Cette forme convient à toutes les hauteurs de murs ; car on peut lui donner le nombre d'étages que Ton veut. Si l'on ne prend que deux ou trois étages, on plante les arbres plus éloignés les uns des autres; si au contraire, on en prend six, sept et plus, on les rapproche, et l'on arrive promptementà garnir le mur. Pour l'élégance et la promptitude dans son établissement, elle vaut toutes les autres; pour la fructification, elle est aussi avantageuse.

La figure 82 offre un arbre tout formé , âgé de huit ans, et couvrant une superficie du Sâ^'jSO ; chaque aile a 4 mètres de développement; la hauteur du mur, de â'^jSO, nous a permis d'établir cinq étages, et se trouve ainsi parfaitement utilisée. Les branches B, C, qu'on a taillées à 1 mètre chaque année, à quatre ans sont donc formées; toutes les branches étant établies ainsi, sont chacune plus âgées d'un an que celle qui la précède, et tandis que la branche latérale du bas B C a quatre ans, et arrivée à sa limite se fortifie, celle du haut n'atteint sa complète formation qu'à la huitième année. Il est

donc facile, malgré la perpendicularité de la branche mère, de maintenir une bonne relation de vigueur entre toutes ces branches. Lorsque la tige est près d'atteindre le haut du mur, on la courbe sans la tailler, étant encore à l'état de bourgeon, pour obtenir la même année la bifurcation au moyen d'un faux bourgeon, que nous laissons dans les proportions ordinaires. Il est bien entendu que toutes les branches latérales sont amenées graduellement à la position qu'elles devront occuper, et nous leur conservons toujours une certaine obliquité, pour ne point trop les contraindre et ne point nuire à leur santé. Leur extrémité vient rencontrer celle des branches de Tarbre voisin , ce qui donne au palissage un coup d'œil agréable.

Cette forme est tellement simple, que nous ne croyons pas devoir insister plus longtemps. Quant au seul défaut qu'on pourrait lui reprocher et qui consiste dans la verticalité de la tige, nous le faisons disparaître par la manière dont nous établissons les branches latérales. D'ailleurs une taille en vert faite à temps, si c'est nécessaire, sur la tige, maîtriserait la vigueur de celle-ci dans le cas où, malgré les précautions indiquées, elle prendrait trop de force. C'est donc sa facilité d'exécution et de conservation qui nous l'a fait préférer à toute autre.

126. Forme en U, ou palmette à deux tiges, — Indépendamment de la palmette simple, le pécher est encore cultivé sous la forme en U, qu'on peut considérer coname une palmette à deux tiges; comme elle ne peut s'appH-

quer d'une manière avantageuse dans les mauvais terrainsy nous pensons que son emploi sera moins général. Elle offre toutefois un avantage, mais qui peut dégénérer en défaut dans une main peu exercée , c'est sa promptitude d'établissement, qui tend à laisser faibles les branches du bas, parce qu'on prend trop vite les branches supérieures. En effet, dans cette forme on ne taille pas ou peu la branche de charpente. La figure 84 nous montre un pêcher en U arrivé à sa complète évolution : les branches charpentières sont espacées de 0",50, ainsi que les tiges mères. Comme disposition, c'est à peu près le même aspect que la palmette, mais le mode de construction est différent.

L'arbre, que l'on a planté comme à l'ordinaire, est rabattu au point a sur deux yeux placés latéralement, Tun à droite, l'autre à gauche (fig. 85). Les bourgeons qui en émanent sont palissés verticalement , en ayant soin de leur donner la forme d'un U; puis lorsqu'ils ont dépassé d'environ 0™,50 l'endroit B où ils doivent former une branche horizontale, on les incline peu à peu, de manière qu'ils arrivent à trois ans à la position indiquée par le côté gauche de la figure. On a favorisé le . développement d'un faux bourgeon c placé au point B, pour avoir le prolongement de la branche verticale; quand celui-ci est à peu près arrivé à 0™,30 au-dessus de d^ on le courbe à ce point, et l'on baisse graduellemeut selon la ligne dd parallèle à la première branche. Sur le coude d s'échappera un nouveau faux bourgeon à l'égard duquel on suivra la même marche. Si le faux bour-

geon hésitait à partir, on Py aiderait par une incision transversale.

Taille des années suivantes. — Chaque année on agit ainsi, et Pon dresse un étage de chaque côté ; comme on ne taille pas le prolongement des branches, le mur se trouve très promptement garni. La branche latérale, donnant naissance la même année de son développement

Fig. 85.

à celle qui lui est superposée, peut être exposée à s'affaiblir, surtout par suite de son inclinaison. Elle sera ménagée, pour la garantir de cet accident : si Ton y était contfaint, on ferait sur le faux bourgeon une taille en Vert; on retarderait, il est vrai, la charpente, mais la prédominance de la branche inférieure serait assurée. Il peut arriver qu'il n'y ait pas d'œil juste à l'endroit du coude; on en choisit un, un peu plus haut ou un plus

bas], selon qu'il se rapproche le plus du point désigné. On peut encore faire subir au bourgeon, au moment où on le courbe, une légère torsion, de manière à amener un œil de devant ou de derrière à la place voulue. Enfin on a aussi la ressource de l'écusson.

Dans la figure 84 la branche A, première latérale, est à sa limite à trois ans; ce n'est qu'à cet âge qu'elle doit être fixée et palissée en B. Chaque branche ne sera dressée dans sa position définitive qu'à l'époque où son extrémité sera arrêtée. Toute la végétation mise à profit nous a permis d'avoir un arbre formé en six années. Nous avons marqué celles-ci sur les branches par des chiffres correspondants.

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