DU PÊCHER OBLIQUE
131. Ce mode de culture du pêcher (fig. 89) a été préconisé par quelques personnes et décrié par beaucoup d'autres. Sans vouloir le substituer à tous les autres modes, nous pensons que Ton peut l'adopter dans certaines circonstances, car il n'est pas sans mérite. Il consiste à plsinter des pêchers d'un an, conséquemment
2ô2 DE LA TAILLE DES ARBRES FRUITIERS.
n'ayant qu'une tige simple, très près les uns des autres^
à 0'",80, en leur donnant tout de suite une inclinaison de 45 degrés, de manière qu'ils soient obliques : ils con-
TAILT.E DES ARBBES EN ESPALIER. 253
serveront cette inclinaison tout le temps de leur existence; ils sont donc ainsi à demeure. On les élève sur une seule tige que Ton ne ramifie point; on se contente de la tailler chaque année dans des proportions réglées d'après sa vigueur, mais toujours au moins à la moitié de sa longueur, sur un œil de devant bien disposé à la continuer, et l'on établit à droite et à gauche de petites branches. On les inclinera du côté du soleil^ afin que le fruit prenne, lors de l'eflPeuillage, la coloration recherchée.
L'inclinaison de 45 degrés laisse entre chaque tige 0",60, espace suffisant, comme nous l'avons déjà vu, pour palisser à Taise, et donne à la tige une longueur de 4",20 à parcourir pour un mur d'une hauteur de 3 mètres.
Les deux extrémités du mur se garnissent : Tune au moyen d'une demi-palmette simple dont les branches latérales sont dirigées parallèlement aux pêchers plantés obliquement (fig. 89, A); l'autre, en prenant une bifurcation sur le dernier pécher B. Cette bifurcation est conduite comme la branche latérale inférieure d'une palmette ordinaire, puis ramifiée au point b; cette ra< mification est dressée à son tour suivant l'inclinaison de la tige du pêcher B lui-même. De cette manière, le mur se trouve complètement utilisé.
Il est une modification heureuse apportée à ce mode d'espalier, qui consiste à planter l'arbre droit et à lui faire subir une taille à 0",20 environ au-dessus du sol, sur un œil convenablement placé pour donner naissance
à un bourgeon latéral (fig. 89 , a). On peut alors amener avec facilité le pêcher graduellement dans la position oblique qu'il doit occuper, au lieu de le mettre tout de suite à 45 degrés , et même lui donner au besoin une inclinaison plus forte; ce qui est souvent utile pour maintenir la végétation dans des limites ordinaires. ^ ' Avec ce système , un mur est bientôt garni ; mais il est à craindre qu'une trop forte vigueur de la branche mère, et surtout des coursonnes supérieures, ne nuise à la fructification et à la régularité de Tespalier. Nous ne son)mes pas de ceux qui pensent qu'il puisse être admis dans toutes les natures de sol : il ne convient, suivant nous, que dans les terrains de qualité médiocre; car bien que les arbres soient plantés très rapprochés les uns des autres, les racines sauront, dans un bon sol, s'étendre toujours assez pour donner aux pêchers ainsi plantés une végétation très vigoureuse, qui ne pourrait être utilisée avantageusement que sur des murs d'une haute élévation, lesquels sont fort rares.
C'est donc dans les terrains où le pêcher ne réussit pas bien, prospère peu et a une courte existence, que l'on pourra admettre cette forme d'espalier. Elle présentera l'avantage que l'on n'a point à s'occuper de Téquilibre entre les divers membres de l'arbre, puisqu'il n'y en a qu'un. Ajoutons qu'elle couvre promptement le mur; enfin qu'elle est productive, car elle permet de charger à fruit la branche coursonne, moyen d'absorber de la sève et de maîtriser un peu la vigueur de l'arbre, qui est à craindre, la branche à fruits devant toujours
rester dans les proportions que nous avons reconnu lui être bonnes , et les gourmands devant être soigneusement évités.
f Toutefois je lui préfère la palmette à branches verticales, facile à bien établir, qui couvre aussi très promptement les murs, et avec laquelle il y a moins à craindre une trop forte végétation, nuisible à la branche à fniits lorsqu'on ne peut donner à l'arbre toute l'étendue qu'il exigerait. -