‹ Trate de la taille des arbres fruitiersChapitre 46 sur 105 · RESTAURATION DU PÊCHER · texte numérisé non relu

RESTAURATION DU PÊCHER

132. Le pêcher repousse sur le vieux bois, il est donc susceptible de rapprochement. Il émet alors de nouveaux jets, qui servent à reconstituer une nouvelle charpente. Le succès ne peut avoir lieu qu'autant que Tarbre n'est pas trop âgé. Si les branches charpentières s'épuisent, se dénudent de branches coursonnes dans la plus grande partie de leur longueur, ou sont mal espacées, c'est le cas de profiter des gourmands qui pourraient naître vers leur insertion : ceux-ci sont très avantageux pour les remplacer; on favorise le développement de ces rameaux par une taille courte et un pincement sur tous les bourgeons. Le gourmand est protégé et conduit de manière à prendre sans peine la direction qu'il doit suivre. La tige elle-même peut être rapprochée jusque sur le tronc, à 0",15 ou 0°*,20, au-dessus de la greffe, lorsqu'il s*y montre de jeunes pousses. Les bourgeons produits par des yeux latents seront palissés

d'après les principes que nous avons donnés précédemment; s'ils sont vigoureux 9 on les bifurquera , si la forme le comporte, par le pincement, pour accélérer la formation de la charpente; le volume des racines étant considérable par rapport à celui des branches , la sève arrivera en abondance et facilitera la réussite.

Cette opération ne se fera que lorsque le pêcher commencera à entrer en végétation, et si Ton peut conserver une ou deux petites branches d'appel , le succès sera plus complet. Nous devons dire que le recepage sur cet arbre est moins certain que sur ceux à fruits à pépins ; toutefois il est bon de le tenter avant d'arracher Tarbre. On comprend qu'il n'est praticable que sur des individus présentant encore quelque disposition à pousser, autrement il vaudrait mieux s'abstenir. Toutes les plaies seront soigneusement recouvertes avec de la cire à greffer, pour prévenir les effets funestes de la gomme, qui ne manquera pas de s'y porter.

Les branches de charpente , tout en végétant bien , peuvent se dénuder, les coursonnes, malgré un bon traitement, venant à périr; en admettant que l'espace resté vide ne soit pas trop considérable , on remédie à cet inconvénient au moyen de la greffe en approche herbacée (fig. 90 et 81).

La figure 90 représente une coursonne portant deux bourgeons dont un a été greffé^ et la figure 91 une série de jeunes bourgeons B formés par un bourgeon A, qu'on a greffé successivement au fur et à mesure de son développement; ces bourgeons B rétabliront les cour-

sonnes et les branches à fruits^ lorsqu'ils seront soudés sur la branche charpentière aux endroits désignés. L'année suivante , on sèvre chacune de ces greffes aux points c.

Nous recommandons tout particulièrement ce mode de greffe, il offre des avantages manifestes sur tous les

. Fig. 90.

autres. On le pratique pendant tout le cours de la saison, aussitôt que le bourgeon est assez formé pour se courber sans casser. Il est cependant des branches trop vieilles, et trop rugueuses pour être regarnies par ce procédé; on se sert alors du suivant (fig. 92). On prend sur une coursonne C un rameau A bien constitué, on le couche tout le long de la partie dénudée en l'y fixant par des liens. On éborgne tous les yeux autres que ceux qui

doivent donner les bourgeons B destinés à former de nouvelles branches fruitières. Quant au rameau, il est pincé à son extrémité, si c'est nécessaire, et il est constamment conservé appliqué sur la branche de charpente.

Les pêchers rajeunis peuvent vivre longtemps; leurs produits sont aussi beaux et aussi abondants que dans leur première période.

§ m. — De l'abricotier.

133. Dans les climats froids, cet arbre ne se cultive avantageusement qu'en espalier : les fruits sont très beaux, mais ils ont moins de qualité qu'en plein vent. Les meilleures expositions sont le levant et le midi. Il fleurit de très bonne heure, et les fleurs ont très fréquemment à souffrir des gelées, qui les détruisent. Aussi pensons-nous que, dans un terrain dont la nature excite les arbres à fleurir de bonne heure, l'exposition du nord, dans les contrées tempérées, en retardant la floraison, rendrait les récoltes moins chanceuses; il est vrai que la maturité aurait lieu plus tard et que les fruits auraient moins de couleur et de saveur, mais ces inconvénients sont encore moindres que celui de n'avoir rien. Le plein-vent, partout où il pourra être cultivé et donner de beaux produits, sera préférable à Pespalier. Sous n'importe quelle forme, Tabricotier est difficile à maintenir. La palmette et l'éventail sont plus usités quand

on Tadosse à un mur ou à un treillage ; mais il est bientôt défectueux. La gommecause des accidents funestes : cette maladie, à laquelle il est très sujet, est plus difficile à guérir sur lui que sur tout autre arbre. Les branches devront être distancées entre elles de O'^jSS à O'^jSO. La palmette à branches verticales convient tout particulièrement à Pabricotier.

Quand on adopte la palmette, on peut, dans un bon terrain, obtenir deux branches latérales de chaque côté la même année, Pune à la taille d'hiver, Pautre par une taille en vert pratiquée à temps.

Les bourgeons sont pinces rigoureusement à O'^jOT ou O^'jOS, et deviennent branches fruitières l'année suivante; celles-ci sont raccourcies lorsqu'elles prennent trop d'extension.

On peut planter les abricotiers en cordons. Ce mode permet de les couvrir facilement et de les préserver des gelées du printemps, qui détruisent presque toujours les récoltes.

Lorsque les branches d'un abricotier sont épuisées on les rapproche jusque sur le tronc; il repart facilement des jets de nouveau bois, avec lesquels on constitue la charpente. Pour éloigner cet épuisement, on prend le soin, dans les années de grande abondance, d'éclaircir les fruits. Ceux conservés n'en deviennent que plus beaux.

8 IV. — Du oerlBier.

134. Il se plait parfaitement en espalier et en contreespalier et est très facile à diriger ; ses produits sont beaux et abondants; on Pélève en palmette, les branches rapprochées entre elles de 0"',25 à 0°*,30. On peut aussi avec lui obtenir deux branches latérales chaque année, comme nous venons de le dire pour rabricotier. Sa vigueur sera utilisée par une taille longue. Les bourgeons sont soigneusement pinces et se mettent à fruit facilement. Toutes les expositions lui conviennent : au levant et au midi, les cerises mûrissent de bonne heure; au nord, elles mûrissent tard, ce qui donne des récoltes successives qui fournissent à une consommation prolongée. Dans beaucoup de circonstances, c'est une des bonnes manières d'utiliser les murs du nord qui ne peuvent être consacrés qu'à un nombre assez restreint de variétés de fruits.

§ V. — Du prunier.

135. Rarement on le met en espalier; il fleurit tard, et ses fleurs d'ailleurs supportent assez bien les gelées.

En plein vent ses fruits sont plus abondants. Nous ne mentionnons l'espalier que comme propre à donner de très beaux fruits. La palmette et l'éventail sont les formes sous lesquelles il est dirigé; les branches latérales se

distancent de 0",20 à O'^jâS; la branche à fruits est tenue très courte.

Ces deux derniers arbres, lorsqu'ils poussent vigoureusement, garnissent promptement le mur; avec des pincements ou des tailles en vert , on les bifurque une ou deux fois dans l'année.

L'espace qu'ils réclament a été indiqué en parlant de la plantation au nM6.

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