‹ Trate de la taille des arbres fruitiersChapitre 48 sur 105 · DU MODE DE VÉGÉTATION DE LA VIGNE · texte numérisé non relu

DU MODE DE VÉGÉTATION DE LA VIGNE

138. La vigne a une grande propension à pousser : lorsqu'elle est abandonnée à elle-même, ses produits sont presque nuls sous notre climat. Pour elle, plus que pour tout autre arbre , la taille est indispensable.

D'après la manière dont on la conduit , nous reconnaissons dans la vigne des branches de charpente et des branches à fruits.

Les premières prennent différents noms suivant la forme qu'on adopte, tels que : souche dans le cep , cordo7is dans la treille^ etc. Les deuxièmes sont représentées par les sarments, résultat des bourgeons qui prennent naissance soit directement sur la branche de charpente, soit sur un courson , comme dans le pêcher.

L'œil, dans la vigne, prend vulgairement le nom de bourre; "il est accompagné d'un ou de deux sous-yeux à sa base, qui se développent soit par suite d'accident survenu à l'œil principal , soit spontanément sur les bourgeons, et constituent alors de faux bourgeons. Lessous-

yeux , lorsqu'ils poussent par suite d'une gelée ayant détruit l'œil principal ou son bourgeon , qu'il est alors avantageux de rabattre, ou accidentellement, et qu'on les conserve, peuvent donner du fruit, mais les grappes sont moins fortes que celles qu'aurait données l'œil principal. La vigne a la faculté de repercer sur le vieux bois : les bourgeons qui en sortent sont presque toujours stériles; ce n'est que lorsque les sarments ont été taillés qu'ils fructifient. Le premier ébourgeonnement se fait en mai, et se continue jusqu'en août pour les faux bourgeons. La vigne donne toujours ses fruits sur le bourgeon de Tannée : ce n'est que lorsque Tœil est développé de quelques centimètres qu'on peut voir les grappes, qui sont généralement au nombre de deux. Le sarment qui a produit ne produit plus ; comme pour le pêcher, il convient de le renouveler. La grande vigueur de cet arbrisseau lui fait souvent développer des faux bourgeons qu'on doit retrancher, sauf certaines circonstances où on les utilise, et même où Ton excite leur développement. Elle occasionne aussi des avortements nombreux de grappes, connus sous le nom de vrilles, qui servent à ce végétal sarmenteux à s'accrocher aux corps environnants : comme dans la culture on lui donne les soutiens nécessaires, les vrilles doivent être soigneusement enlevées.

Enfin la vigne ayant une écorce très mince et peu vivante, il faut lui ménager les plaies, qui ne se recouvrent jamais ; elles se cicatrisent, mais restent toujours apparentes.

139, Époque de la taille. — Le moment le plus favorable pour tailler la vigne est, sous notre climat, le mois de février et celui de mars. Dans le Midi, on la taille en novembre et décembre. Cette opération doit se faire après les grands froids et avant l'ascension de la sève, afin d'éviter des déperditions considérables par les plaies si Ton tardait trop , et afin de préserver les yeux de l'humidité occasionnée par Pépanchement de la sève, et de les rendre ainsi moins sensibles aux gelées. Je rappellerai ici que, dans cette espèce, dont le bois est spongieux, il importe d'éloigner la coupe de l'œil à 1 centimètre environ, l'onglet tendant à se dessécher dans une assez forte proportion.) Si Ton taillait tard et que la vigne fût en pleurs, il faudrait éloigner encore davantage la coupe de l'œil. On rabat Tonglet Tannée suivante. .

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