‹ Trate de la taille des arbres fruitiersChapitre 49 sur 105 · DE LA BRANCHE DE CHARPENTE · texte numérisé non relu

DE LA BRANCHE DE CHARPENTE

140. De ce que la vigne pousse vigoureusement, on pourrait croire qu'on doit^ à la taille, allonger fortement les branches charpentières; en agissant ainsi, on se tromperait dangereusement, et l'on obtiendrait des résultats tout à fait désavantageux. Il faut, au contraire, les tenir courtes. Si l'on taillait long, la sève, se portant aux extrémités, négligerait les yeux placés près de la base dû sarment; ceux-ci alors resteraient inactifs, ou s'ouvriraient très faiblement : on perdrait ainsi des coursons, et Ton aurait inévitablement des vides. Les

coursons sont difficiles à maintenir réguliers et bien constitués ; ce n'est qu'en les établissant lentement qu'on les obtient robustes. De plus, la branche de charpente, conservée courte , prend plus d'accroissement en diamètre et laisse arriver une plus abondante sève dans les branches à fruits, au bénéfice des grappes, qui acquièrent plus de grosseur et de qualité.

, Quelle que soit la vigueur de la vigne, on ne taillera point les branches de charpente au delà du quatrième ou du cinquième œil, ce qui souvent est encore trop. Si l'on veut avoir des coursons très régulièrement établis et distancés, on ne doit pas chercher à en obtenir plus d'un par année sur chaque cordon d'une Thomery ou de chaque côté d'une palmette ; il est même alors quelquefois nécessaire de faire subir aux bourgeons de prolongement une légère torsion pour amener un œil à la place voulue. Les premières années on est tenté de tailler long; mais au bout de huit à dix ans, on s'aperçoit qu'on a commis une erreur, au peu de végétation et au peu de produits qu'on obtient d*une treille trop vite établie. Il y a donc réellement avantage à aller lentement.

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