‹ Trate de la taille des arbres fruitiersChapitre 50 sur 105 · DE LA BRANCHE A FRUITS · texte numérisé non relu

DE LA BRANCHE A FRUITS

141. Comme dans le pêcher, la branche à fruits dans la vigne demande à être renouvelée, mais ici il est très facile de se procurer le bourgeon de remplatement. Ainsi soit le sarment A à tailler (fig, 96), nous le rabattons sur le deuxième œil 6, y compris celui c du talon;

c'est ce dernier qui donnera le nouveau sarment sur lequel on taillera Tannée suivante. La figure 97 nous représente les résultats de cette première taille. La deuxième année, le courson d est rapproché sur le rameau c, qui, à son tour, est taillé comme précédemment.

Fig. 96. Fig. 97.

Il faut éviter rallongement des coursons, qui deviennent noueux, languissants, et finissent par périr en occasionnant des vides sur la charpente; aussi chaque fois qu'on pourra les renouveler, par suite de la naissance d'un bourgeon près du talon , on devra s'empresser de le faire.

Quoiqu'on n'ait laissé au courson que deux yeux,

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presque toujours, quand la vigne est jeune, il sort des bourgeons adventifs et des sous-bourgeons ; on retranche toutes ces productions par un premier ébourgeonnement, lorsque les pousses des yeux de taille ont 10 à 12 centimètres de long, et qu'on peut apercevoir les grappes. Si Tun de ces bourgeons était bien placé et présentait un certain empâtement, on le conserverait pour renouveler une partie du courson : alors on supprimerait un de ceux fournis par les deux yeux de taille, le moins bien placé, à moins que l'autre n'eût pas de fruits. Quelque temps après, lorsque les bourgeons ont de 40 à 50 centimètres, des faux bourgeons ou bourgeons anticipés naissent à l'aisselle de la plupart des feuilles; on les enlève soigneusement, ainsi que les vrilles, qui absorberaient inutilement une partie de la sève. On commence alors un premier palissage par les plus forts bourgeons , les autres restent libres encore; ils ne sont attachés que successivement à mesure qu'ils grandissent, et l'on continue sur eux l'ébourgeonnement. Lorsque les bourgeons sont arrivés à la limite qui leur est assignée par la forme de la treille, on les pince. Ce pincement, qui a lieu avant la floraison et immédiatement après, mais point pendant que la vigne est en fleur, a pour effet, en les arrêtant dans leur longueur, de concentrer la sève vers leur base et de les faire grossir; il contribue aussi puissamment à la maturité du sarment, et, par suite, de la grappe, qui, recevant plus de nourriture, devient plus belle.

L'œil sur lequel on a pincé, et souvent celui qui le

précède, se développent; les faux bourgeons qui en proviennent seront exactement enlevés pour les raisons déjà énoncées.

ÉGLAIRCIË ou CISÈLEMEMT DB LA GRAPPE.

142. Pendant tout ce temps, la grappe s'est allongée et le raisin a grossi. Ce dernier exige , à une certaine époque de son existence, une opération généralement trop négligée, et qu'il est cependant très important d'exécuter : je veux parler de V éclair de ou cisUement des grains. Elle consiste, comme nous l'avons déjà dit, à diminuer sur la grappe le nombre des grains lorsqu'ils sont environ de la grosseur d'un petit pois fin; elle se fait avec des ciseaux à lames effilées et à pointes émoussées pour ne pas endommager ceux qu'on laisse. Les grains que l'on devra retrancher de préférence sont ceux restés petits par suite de coulure et ceux qui occupent l'intérieur de la grappe, en conservant au contraire ceux de l'extérieur, qui sont plus directement frappés par la lumière , à moins qu'ils ne soient trop serrés : alors on en enlève quelques-uns /On laisse une partie du pédicelle du grain afin d'éviter d'altérer la rafley^Les grappes ainsi traitées deviennent beaucoup plus belles , le grain acquiert plus de volume et arrive plus facilement à maturité. On retranche avec avantage une petite partie de la grappe à son extrémité inférieure, qui mûrit moins bien que le reste. L'éclaircie s'applique aussi aux grappes elles-mêmes, c'est-à-dire qu'on n'en

laisse ordinairement qu'une sur chaque bourgeon. C'est la plus rapprochée du courson que Ton conserve; elle est presque toujours la plus belle./Sur les vieilles coursonnes^ il est bon de ne garder qu'une grappe, on la laisse sur celui des sarments qui doit être complètement enlevé à là taille. Le cisèlement des grappes et la suppression de celles trop nombreuses sont indispensables pour avoir de beaux raisins de qualité supérieure. 7

EFFEUILLAGE.

143. Une des qualités des raisins de table, c'est non seulement d'être bien mûrs, mais aussi d'être bien colorés, et pour les raisins blancs, bien transparents. Pour obtenir ces conditions, il importe, sous notre climat, de démasquer un peu les grappes, tout en les laissant suffisamment couvertes , et de les exposer légèrement au soleil par la suppression d'une partie des feuilles : c'est Veffeuillage. On le commence ordinairement vers la fin du mois de juillet dans les endroits trop épais, en enlevant les feuilles qui sont par derrière et qui touchent aux grappes, afin que le soleil puisse échauflFer le mur; on le continue lorsque les grains deviennent transparents. On choisit alors autant que possible un temps couvert , afin de ne pas les mettre trop subitement au soleil, qui les ferait durcir. On n'enlève d'abord que quelques feuilles*, ayant soin de laisser le pétiole adhérent au sarment pour protéger l'œil

CULTURE DE LA yiGNE DANS LES JARDINS. 281

qui se trouve à Paisselle. Quelque temps après on effeuille de nouveau, puis une troisième fois; alors les grappes sont complètement exposées au soleil , et achèvent d'acquérir les qualités que Ton recherche. / Cependant, en agissant ainsi , il n'y a que le côté de la grappe regardant le soleil qui soit coloré ; celui qui \ fait face au mur reste verdâtre et a moins de saveur. \

Aussi conseillons-nous, lorsque la maturité est complète, \

de retourner la grappe en faisant subir une légère torsion à son pédoncule; nous avons obtenu par ce moyen d'heureux résultats , toute la grappe se trouve colorée et augmente de valeur. Lorsque la vigne est plantée dans un terrain sec, facile à s'échaufifer à une exposition brûlante ou dans un climat chaud , au lieu d'agir comme nous venons de le dire , on doit effeuiller de telle manière que le soleil ne frappe pas directement sur les grappes, mais puisse passer entre les intervalles des feuilles conservées, pour échauffer le mur. La maturité des grappes se fera par la réflexion des rayons solaires et de la chaleur et par la température de l'atmosphère. Les raisins seront d*un beau jaune ambré régulier; tandis que si le soleil les avait frappés en plein, les grains, trop vivement colorés d'un côté, seraient comme tachés de rouille, ce qui leur ôte du coup d'œil, par conséquent de la valeur. De plus, les raisins soumis à une trop forte insolation se conservent moins bien au fruitier que ceux qui ne Tout pas été ; aussi quand on se proposera de garder du raisin, devra-t-on choisir de préférence les grappes qui auront mûri sans que le

soleil leur ait donné trop de couleur. Pour les raisins noirs , Teffeuillage est moins utile , on le pratique plus tard à l'époque de la maturité ; et encore il est quelques variétés, comme le Frankenthal, qu'il faut à peine découvrir. '

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