GREFFES EN APPROCHE
203. La nature en a fourni le modèle : elles sont fort simples, et elles se distinguent particulièrement en ce que la greffe et le sujet restent adhérents aux arbres qui les portent jusqu'à ce que la reprise soit assurée et qu'on puisse les en séparer. Il faut que l'arbre qu'on veut greffer soit très voisin de celui qui doit fournir la greffe, afin que l'un et l'autre puissent se joindre facilement. On en connaît un grand nombre, mais quelques-unes seulement sont employées pour les arbres fruitiers; la plupart s'appliquent aux arbres et arbustes d'agrément.
L'époque la plus favorable pour les exécuter est le printemps, surtout au moment de Tascension de la sève; elles peuvent se faire aussi avec grand succès pendant une partie de i'été,^n se servant de bourgeons encore herbacés. /
Greffe en approche ordinaire (ftg. 125).
204. L'opération consiste à faire sur le sujet et sur la greffe , choisis d'égale grosseur autant que possible^
des plaies ou entailles de dimensions égales ^ et susceptibles de se recouvrir exactement lorsqu'on les applique l'une contre l'autre. Ces entailles pénètrent jusqu'à Taubier et jusqu'au bois. Lorsque le rapprochement a lieu, les libers doivent se trouver en contact sur le plus grand nombre possible de points. On maintient la jonction par des liens appropriés à la résistance présumable, et Ton soustrait les plaies à Tinfluence de Tair et de Phumidité autant qu'il se peut. On surveille pour em-
Fig. 125.
pêcher que la ligature ne forme des étranglements , et l'on sèvre lorsque la reprise est assurée. Pour cela on commence par entailler la greffe au-dessous de son point de jonction quinze jours à l'avance; huit jours après , on prolonge Pentaille aux deux tiers de l'épaisseur; enfin on coupe définitivement. Ensuite on retranche la tête du sujet au-dessus de la ligature. On greffe en approche le noyer, le figuier, le mûrier, la vigne, etc.
Greffe en approche aveo esquilles.
' 205. On fait sur la tige du sujet une plaie ainsi que sur la greflfe, comme il est indiqué pour la manière précédente ; on pratique dans chacune des deux plaies correspondantes une esquille en sens inverse (fig. 126), et
^si
Fig. 126.
Ton rapproche les deux entailles, en faisant pénétrer les esquilles Tune dans l'autre comme une agrafe, puis 'V on ligature. Cette greffe présente plus de solidité que la \ première.
6reffe en approohe sur branches et sur tiges.
206. On fait deux plaies, Tune sur la tige ou la branche dénudée, et l'autre sur la greffe. Sur l'arbre qui les a produits , il arrive souvent que le rameau est
plus petit que la tige; dans ce cas, il suffit de faire coïn-
Fig. 127.
cider les écorces d'un seul côté et de faire la ligature (fig. 127 , B). Cette greffe se pratique au printemps.
Greffe en approche en vert ou bourgeon herbacé.
207, Cette greffe se pratique en juin, juillet et août, sur presque tous les arbres fruitiers avec le même succès. Elle est une des plus avantageuses pour remplacer des branches sur les pêchers dans les parties dénudées (fig. 128), et garnir l'arbre de branches dans tous les endroits où il n'en est pas venu. On remploie aussi très avantageusement sur la vigne pour remplacer
les vides sur les cordons et les coursons mal placés (fig. 129) ; on obtient ainsi des cordons d'une régularité parfaite. On pratique avec le greflfoir une entaille ordinaire d'environ 4 à 6 centimètres de longueur, à l'endroit où Ton désire établir une branche. On prend un bourgeon qui soit voisin et qui ait déjà un peu de
Fig. 128.
consistance ; on lui enlève le bois au delà de la moitié de son épaisseur et de la longueur de l'entaille pratiquée, en ayant soin de laisser un œil en dessus et qui se trouvera au milieu de la plaie. On place le bourgeon dans l'entaille , avec l'attention qu'il soit juste de manière que les écorces coïncident. On fait une ligature avec de la laine, de la natte ou du jonc, etc. Trois semaines ou un mois après, cette greffe est parfaitement reprise; s'il
se forme des étranglements , il faudra desserrer la ligature et ne pas l'enlever. Il est plus avantageux de se-
veut greffer; on pratique une esquille dans le milieu de chaque plaie ; on fait pénétrer les deux esquilles Tune dans Tautre, et on ligature. On peut planter immédiatement la marcotte; on laisse un œil d'appel sur le sujet et quatre sur la greffe : deux en dessus et deux en dessous du point de contact. ^
Fig. 130.
Cette greffe s'emploie aussi sur sarment. Oâ rapproche l'un de Tautre deux sarments voisins, on les entaille pareillement sur le côté par lequel ils se regardent, on pratique une esquille, et on ligature.
Oraffe en approche pour remplaoement de tète.
209. On coupe la tête du sujet horizontalement (fig. 131, A) ; on forme ensuite sur la tige de la greffe,
à la hauteur nécessaire et au-dessous de la tête , une entaille B également triangulaire, d'une dimension qui corresponde exactement à l'entaille du sujet ; les deux parties (fig, 132 c) s'appliquent l'une sur Tautre et se
Fig. 131.
Fig. 132.
fixent solidement par le moyen d'une ligature ; on met de la cire à greffer sur la plaie. Cette greffe peut être employée pour rétablir la flèche d'une pyramide ou pour prolonger une branche latérale à laquelle un accident serait survenu. On la pratique davantage pour déjeunes
sujets en pots, auxquels on coupe la tète, et que l'on met à portée des rameaux de Parbre qui doit fournir les greffes.
Greffe en approche pour remplaoement de branches.
210. Cette greffe se pratique au printemps, avant l'ascension de la sève. Lorsqu'il existe des vides sur des arbres disposés en espalier, contre-espalier ou pyramidCy elle fournit le moyen de les remplir, tant sur la tige que sur les branches mères et autres. Pour cela on choisit un rameau de l'année précédente qu'on aura laissé dans ce but et disposé convenablement pour pouvoir être appliqué sur la place que Ton veut regarnir. On fait à cet endroit une légère entaille dans la direction qu'on veut donner à la branche, et Ton coupe d'une manière correspondante le rameau destiné à être greffé; on applique les deux entailles l'une sur l'autre aussi exactement que possible; on ligature solidement. La figure 127 représente cette greffe A, sur une portion d'un arbre planté qui a un vide C , sur lequel on a pratiqué une entaille, et dont le sommet remplacera la branche qui manque. Il faut surveiller la greffe, afin de prévenir les étranglements et nodosités; après la reprise on la sèvre rez la tige, et on la taille comme une autre branche. Quant au rameau qui a fourni la greffe, il arrive quelquefois qu'il pousse un bourgeon sur la courbe, dont on tire parti selon le besoin.
SECTION m.