‹ Trate de la taille des arbres fruitiersChapitre 69 sur 105 · QREFFES EN FLUTE , SIFFLET ET ANNEAU · texte numérisé non relu

QREFFES EN FLUTE , SIFFLET ET ANNEAU

218. Ces greffes se font toutes par Tapplication , sur un sujet en pleine sève, d'une portion d'écorce plus ou moins grande, de forme et de longueur différentes, garnie au moins d'un œil ou gemme. Elles s'exécutent depuis le printemps, c'est-à-dire le moment où l'on peut détacher facilement les écorces, jusqu'au mois d'août ; à cette dernière époque, c'est la greffe en sifflet à œil dormant.

Greffe en flûte ou en sifflet, avee lanières.

219. On prend les greffes sur du bois d'un à deux ans bien en sève; on coupe le sommet du rameau ; on incise

nettement l'écorce par une section horizontale, de manière à enlever plusieurs anneaux munis dMn ou de deux yeux chacun. Une fois Tincision horizontale faite, on imprime à l'anneau, avec les doigts, un léger mouvement de torsion qui le détache de Taubier et permet de le faire couler facilement. On coupe la tête du sujet, ou le sommet de la branche, si c'est une branche que Ton veut greffer. Par plusieurs incisions pratiquées

Fig. 138.

perpendiculairement jusqu'à l'aubier, on détache son écorce divisée en lanières longitudinales que l'on rabat à d'égales longueurs (A, fig. 138). On ajuste alors un anneau préparé comme celui B, et du même diamètre que celui du sujet auquel il doit s'adapter exactement. On le descend jusqu'au point où les lanières sont demeurées adhérentes; on relève celles-ci par dessus en laissant les deux yeux de l'anneau passer entre elles; puis on ligature avec de la laine ou de la natte, au-dessus de l'anneau, pour l'empêcher de remonter par Taffluence de la sève. La greffe est ainsi terminée comme en C.

Ce procédé, qui n'est praticable qu'à Tépoque où les sujets sont bien en sève, s'emploie pour le noyer, le mûrier, le châtaignier, le cerisier et Tolivier, etc. On ne peut pas en faire usage pour les sujets plus gros que le petit doigt.

Greffe en flûte sans lanières.

220. On prépare les anneaux comme dans la précédente. Le sujet est privé à son sommet de son écorce, qu'on lui enlève par le moyen employé pour obtenir les anneaux à greffer. On ajuste l'anneau de la greffe sur le sommet nu, puis on coupe en petites esquilles la portion du sujet qui dépasse, et on les rabat contre l'anneau pour le maintenir.

Greffe en anneau.

221. On prépare, comme je l'ai dit pour la greffe en flûte, un anneau d'écorce muni d'un œil; on incise cet anneau perpendiculairement. On enlève sur le sujet une plaque d'écorce circulaire de la même hauteur que l'on remplace par l'anneau, et on ligature. Si la greffe est moins grosse que le sujet , on conserve sur celui-ci une lanière d'écorce qui remplit la différence; si elle est plus grosse, au contraire, on supprime l'excédant . Cette greffe peut être faite d'avril en août. La figure 139 la représente : A, sujet préparé; B, anneau incisé pour

DU MARCOTTAGE

remplacer la bande circulaire enlevée au sujet. Cette greffe présente beaucoup de solidité.

Fig. 139.

Toutes les greffes devront être attachées , au fur et à mesure de leur développement, sur un tuteur, qui sera fixé au sujet par le moyen d'une ligature ou fiché en terre, pour les préserver d'accidents. Elles sont de leur nature très fragiles : si Ton négligeait ce soin, elles éclateraient au moindre coup de vent, comme cela arrive assez fréquemment.

Du marcottage.

222. C'est un moyen de multiplication très usité pour certains arbres. Il consiste dans le couchage en terre de branches ou de rameaux qui tiennent encore à leur souche ou niërey pour qu'ils s'enracinent et forment de nouveaux individus. On pratique un grand nombre de marcottes; je ne parlerai ici que des plus faciles. Cette opération se fait ordinairement au printemps, avec du

DÇS ARBRES FRUITIERS. 869

bois d'un ou de deux ans; cependant on peut aussi marcotter à Tautorane.

223. De la marcotte simple. — Une branche ou rameau attenant à sa souche est couchée dans une petite fossette ouverte à cet effet, ayant de 0";,20 à 0"",2S de profondeur : on la remplit de bonne terre, en maintenant, si c'est nécessaire , la marcotte au moyen de crochets enfoncés dans le sol.

Fig. 140.

On éborgne, comme il est dit page 266, tous les yeux qui se trouvent sur la partie de la branche comprise entre la soiïche et le point où elle entre en terre. On la laisse ainsi pendant Tété, en ayant soin de donner des arrosements fréquents pour tenir la terre un peu fraîche et faciliter l'émission des racines^

Quelquefois on incise le bois longitudinalement en fai-

370 DU BOUTURAGE .

sant partir l'incision de la base d^unœil, point auquel se forment et se développent des racines plus promptement que si la marcotte eût été laissée intacte (fig. 140).

Le marcottage 9 en général, s^applique aux arbres fruitiers suivants : cognassier, vigne, groseillier, mûrier^ noisetier et figuier.

224. De la marcotte par cépée. — Une souche est élevée en cépée et émet des. scions; au fur et à mesure de leur développement, on les butte jusqu'à une hauteur de 0°", 15 environ avec de la terre : ils s'enracinent. Â l'automne suivant ^ on les sépare en éclatant sur la souche les jeunes jets; mais il vaut mieux les détacher avec un outil tranchant. Le cognassier, le doucin et le paradis se multiplient plus particulièrement par ce procédé. Il est nécessaire de couvrir la butte d'un paillis et de lui donner quelques arrosements pendant la sécheresse.

De la bouture.

225. Un mot seulement sur ce genre de multiplication. C'est le plus simple, mais il ne peut s'appliquera tous les végétaux. 11 consiste à séparer de l'arbre une branche, un rameau ou portion de rameau que Ton fiche eh terre après avoir coupé horizontalement ou obliquement, au-dessus d'un œil, l'extrémité de la partie enterrée. Il se forme autour de la plaie un bourrelet qui tend à la recouvrir et sur lequel se développent des racines, ce qui constitue iin' nouvel individu.

Les boutures se font le plus généralement au printemps, quoiqu'elles puissent avoir lieu toute l'année. On se sert le plus ordinairement, pour bouturer, de bois de Tâûnée.

Toutes les fois qu'on pourra prendre un rameau avec son talon, ce sera plus avantageux; les boutures faites ainsi réussissent mieux et s'enracinent plus promptement. La vigne , le cognassier, le groseillier, se multiplient très facilement par boutures. Nous avons déjà dit que la décortication de la partie enterrée était une opération avantageuse aux boutures et aux marcottes de vigne ; mais on peut aussi l'appliquer aux autres végétaux à écorce dure, serrée et peu vivante, ainsi qu'à certaines essences résineuses.

Il est nécessaire de pailler, d'arroser fréquemment pendant la sécheresse.

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