Balthazard. Médecine légale
S'en
demmnité en vertu de la loi sur les accidents du travail.
La distinction est donc aisée entre les accidents du
travail, seuls visés par la loi de 1898, et les maladies professionnelles.
Ces dernières sont bien contractées pendant le travail, à la suite de traumatismes, d'efforts répétés mais normaux dans l’exercice de la profession.
Donc, pour que l'on puisse dire qu’un purpura est d'origine éraumatique et par suite qu'il y a accident du travail, il est nécessaire que l’on précise le moment où la cause extérieure a agi d'une facon brusque, soudaïne et surtout anormale, sans qu’il soit tenu compte des aggravations que les prédispositions et les maladies antérieures du blessé ont déterminées dans l’évolution des lésions traumatiques. Bien que la jurisprudence ne soit pas très constante dans cette importante question de l’état antérieur, car il y a là une question d’espèce, elle tend pourtant à s’unifier et plusieurs arrêts de la Cour de cassation ont déclaré qu'il n’y avait pas à tenir compte des prédispositions morbides, consacrant ainsi la responsabilité totale. Ce qui paraît juste étant donné le caractere forfaitaire de la loi.
« Mais pour pouvoir admettre la relation entre le purpura et le traumatisme et écarter l’idée d’une simple coïncidence, il faut qu’il y ait eu succession évidente entre l’un et l’autre ; que l'intervalle entre l’un et l’autre n'ait pas été trop considérable.
« Les conditions précises d’observation nécessaires pour baser des conclusions fermes feront souvent dé-
faut dans les expertises ; en leur absence l'expert se
Morel 3
CC TE trouvera fréquemment réduit à l'incertitude et au doute.
« Il est d’autant plus difficile, dans un grand nombre de cas de purpura, de déterminer le rôle précis du traumatisme que les conditions pathogéniques du syndrome purpurique sont multiples, complexes et, pour plusieurs, encore incomplètement déterminées : il est habituel de les voir, dans un cas donné, s’ajouter les unes aux autres, se compléter les unes les autres.
«Comme onle voit, il n’est donc pas toujours aisé pour lé médecin de démontrer qu'entre le traumatisme et la maladie, il existe un lien de cause à effet et de saisir l'intermédiaire par lequel la trauma a exercé son influence pathogénique, d’autant que le purpura apparaît presque toujours en dehors de tout traumatisme.
«A l'influence dü traumatisme,influence déterminante, s'ajoutent des influences prédisposantes souvent complexes, dont le rôle individuel est d’une appréciation très embarassante, souvent impossible : les infections antérieures, les conditions hygiéniques du sujet, plus encore les lésions viscérales, en particulier les lésions hépatiques.
À proprement parler, il n'est peut-être pas un seul cas de purpura qu’on puisse exclusivement attribuer au traumatisme, auquel un examen attentif du sujet ne permette d'attribuer quelque condition prédisposante, souvent plus importante, plus efficiente que le traumatisme.
En matière d'accidents du travail,la question est singulièrement simplifiée puisque, au point de vue de l’at-
tribution de l’indemnité, il suffit que le traumatisme ait
joué un rôle dans l’apparition du purpura pour que cé dernier en soit considéré comme la conséquence. Le rôle de l’expert se réduit alors à établir la succession et le rapport de causalité éntre l'accident et le purpura » (D Thibierge, loc. cit.)
Mais aussitôt après l'accident le patron est tenu de faire rédiger le premier certificat quand le travail a été interrompu plus de quatre jours.
Or c’est sur ce certificat que sera basée en grande partie l'indemnité qui sera allouée au blessé. D’où l’importance de ce certificat de premier constat qui doit signaler avec précision les caractères des blessures et des contusions, lèur nombre et leur siège exact, au cas où léruption purpurique ne serait pas encore apparue. Si les ecchymoses sont visibles, elles devront être mentionnées avec le plus grand soin, étant donné l'intérêt primordial qu’elles présentent en médecine légale.
C’est pourquoi nous allons les étudier Gp quelques détails.
Ecchymoses. — L’extravasation du sang dans les tissus donne naissance à des taches, qui siègent souvent sur la peau et les muqueuses, taches auxquelles on a donné le nom d’ecchy moses. Aspect. Leur coloration, d’abord noirâtre, se modifie à mesure que la matière colorante du sang épanché, l’hémoglobine, subit des altérations régressives par hydratation et oxydation et prend successivement les teintes violacées, bleue, verte, et jaune de l’hématine, de l’hématoïdine et de ses dérivés, enfin de l’hydtobilirubine. Cette évolution se pro-
duit dans l’espace de douze à quinze jours ; puis la co-
— 36.2 loration jaune de la tache diminue d'intensité et n’est plus reconnaissable après vingt-cinq jours ; d’ailleurs, l’ecchymose se résorbe de la périphérie vers le centre et met d’autant plus de temps à disparaître que la suffusion sanguine est plus abondante et qu’elle est plus superficielle (4).
Diagnostic médico-légal des ecchymoses. — Le point capital du diagnostic consiste à distinguer les ecchymoses spontanées des ecchymoses traumatiques.
Ecchymoses spontanées. — La production d’ecchymoses spontanées est liée le plus souvent à une affection générale on les rencontre dans les fièvres éruptives, le typhus, la fièvre jaune, l’ictère grave, etc.
Si l’on constate des pétéchies, même en petit nombre, des écchymoses gingivales ou palatines,on peut affirmer qu'il s’agit de purpura. Mais il est nécessaire ici de différencier le purpura traumatique des autres variétés de pupura. Or le premier apparaît au bout d’un temps variable mais toujours court après le traumatisme, et se caractérise par des hémorragies diverses, n’influençant pas l’état général et ne s’accompagnant ni de fièvre ni de douleur. L'examen clinique des organes ne décèle aucun trouble fonctionnel pendant toute la durée de la maladie. C'est en somme le tableau clinique de la maladie de Werlhof.
Le purpura rhumatoide s'accompagne de douleurs articulaires, d'œdèmes, de troubles gastro-intestinaux
avec phénomènes généraux plus ou moins marqués et