‹ Traumatisme et PurpuraChapitre 12 sur 26 · CS» LENS · texte numérisé non relu

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procède par poussées. Le purpura hémorragique avec phénomènes infectieux est caractérisé par des hémorragies muqueuses abondantes, de la fièvre et des phénomène généraux graves.

Dans la maladie de Werlhof à grandes ecchymoses il importe de ne pas méconnaître la maladie générale, une erreur en pareil cas pouvant avoir de graves conséquences médico-légales. :

Le D° Descoust a signalé (1) le cas d’un garçon de onze ans qui présentait sur tout le corps des ecchymoses que plusieurs médecins avaient attribuées à des violences ; or cet enfant était atteint de la maladie de Werlhof. La mort étant survenue quelques jours plus tard, on trouva à l’autopsie des hémorragies nasales, bronchiques, stomacales et intestinales. Le meilleur moyen eu pareil cas pour établir le diagnostic consiste à tenir le sujet en observation pendant quelques jours, loin de son entourage habituel et d'examiner s’il ne se produit pas spontanément de nouvelles taches (M. Marfan, Traité des maladies de l’enfance, 1° édition, tome Il).

Le diagnostic pourra être difficile entre l’hémophilie et les formes chroniques du purpura. Mais l’hémopbhilie est un état morbide, héréditaire, quelquefois acquis, mais qui se traduit uniquement par des hémorragies tenaces répétées, abondantes, se produisant à la moindre

‘cause, à la moindre provocation traumatique ou spon-

1. Société de médecine légale, 10 mars 1884 et Annales d’hygiène publique et de médecine légale, 3° série, 1884, tome XI, p.913.

SRE tanément et qui, en dehors des pertes de sang, laisse les sujets dans un état de santé parfaite. En outre l’examen du sang montrera de l’hypoglobulie, une augmentation du nombre des hématoblastes, l’intégrité de la formule leucocytaire et surtout un retard de la coagulation. |

Le scorbut des adultes comme celui des enfants ou maladie de Barlow produit bien des ecchymoses souscutanées, des hémorragies muqueuses, stomatorragies, épistaxis, hématomes, mais il reconnaît pour cause un vice alimentaire déterminé ei guéri par le retour au régime normal, c’est-à-dire à l'hygiène.

Deux graves erreurs peuvent être commises : le purpura simple en apparence est parfois le premier symptôme de la variole hémorragique et de la leucémie aiguë. En dehors de tout commémoratifs, l'examen du sang peut aider à la solution du problème en faisant reconnaître la formule hématologique caractéristique de ces deux affections.

Enfin, connaissant la fréquence du purpura dans les affections nerveuses, les méningites aiguës et chroniques, la paralysie générale, le tabès, la sclérose en plaques, la syringomyélie, la maladie de Basedow, un examen attentif du système nerveux s'impose dans tous les cas. Dans plus d’une observation, le purpura hémorragique a été le premier symptôme d’une méningite cérébro-spinale (Rist et Paris, Gaultrée).

Les maladies convulsives s’accompagnent parfois d’ecchymoses vraies dues soit aux contusions que se font

les malades au cours des attaques, soit plus rarement

Loge

sous l’influence de simples perturbations fonctionnelles du système nerveux telles qu'elles se produisent chez les neurasthéniques et les hystériques. Les ecchymoses spontanées des hystériques ont le mème aspect que les ecchymoses iraumatiques, cependant la pression n’en est pas douloureuse et le plus souvent elles s’accompagnent d'un œdème blanc ou bleuâtre qui leur constitue une zone périphérique. De plus il existe presque toujours de la dermographie. Chez ces hystériques le contact le plus insignifiant peut provoquer des ecchymoses. En examinant les malades atteints de ces troubles on s'aperçoit que dans la plupart des cas, les taches ecchymotiques siègent dans les régions frappées d’anesthésie, au niveau desquelles il ne s’écoule pas de sang à la piqûre. |

En face de ces lésions névropathiques spontanées dont la réalité est loin encore d’être démontrée de façon irréfutable, le médecin doit toujours penser à la possibilité d’une simulation. La succion‘avec les lèvres détermine la production des lésions ecchymotiques ; un examen attentif permet de reconnaître à leur forme ar-

quée les traces de l'application des lèvres.

Chez des hystériques sur les membres desquels appa-

raissent des ecchymoses spontanéés, l’application d’un appareil silicaté a suffi pour faire cesser le phénomène.

Chez les épileptiques, on trouve très souvent sur la peau des paupières, de la face, du cou, des ecchymoses ponctuées, aussi bien à la suite de crises banales qu'à

la suite de crises mortelles. Les ecchymoses peuvent

également se rencontrer dans les affections qui occa-

sionnent de violents efforts comme dans les crises de coqueluche et les vomissements.

Dans l’érythème noueux appelé aussi dermatite contusiforme, on observe des nodosités qui dans certains cas peuvent présenter un aspect ecchymotique.

Le diagnostic sera plus délicat quand au lieu de nodosités, il n’y a, comme on le voit quelquefois, que des taches hémorragiques planes. Mais leur existence très rare sur le tronc, leur multiplicité ordinaire et les di-

mensions punctiformes de quelques-unes suffiront avec les signes généraux à faire reconnaître leur nature. Audessous de ces nodosités ou de ces taches, on ne trouve pas de véritables suffusions sanguines.

Dans certaines intoxications qui s’accompagnent de symptômes asphyxiques et convulsifs, on note des ecchymoses sur la face, le cou, la poitrine et les séreuses. Ces caractères sont classiques dans l'empoisonnement par les cyanures et se présentent également d’après Hofmann dans l’empoisonnementpar la strychnine : Dans le cours d’intoxications moins intenses à la suite de l’administration de certains médicaments, il n’est pas rare de voir apparaître des purpuras ordinairement sans gravité ; ce sont des purpuras simples nè s’accompagnant pas d'hémorragies internes. Ils s’observent surtout à la suite de médicaments qui ont la propriété de provoquer des exanthémes cutanés, arsénie, chloral, sulfate de quinine, mercure, copahu, belladone.…. ou d’amener des troubles vaso-moteurs très accusés, ergot de seigle (Lallier) ; généralement l’éruption exanthématique apparaît d’abord, le purpura suit,

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