‹ Traumatisme et PurpuraChapitre 14 sur 26 · ESSAI -DE PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

ESSAI -DE PATHOGÉNIE

La cause intime des faits que nous étudions est bien difficile à établir. Elle est encore aussi obscure que celle des purpuras en général sur la pathogénie desquels tant de travaux, tant de thèses ont pourtant été faits.

Le grand nombre des théories émises suffit d’ailleurs à démontrer la complexité du problème qui nous occupe. ;

On a incriminé dans la pathogénie des purpuras successivement : l’influence de l’état de la paroi vasculaire, l'influence du système nerveux, de l’infection et de l’intoxication, des altérations humorales ou viscérales antérieures, du terrain, de la moelle osseuse, du sang. Comme le dit très bien M. Grenet (Thèse Paris, 1905), aucune théorie exclusive ne saurait permettre de comprendre le mécanisme de l'éruption. Comme nous l’avons exposé au début de ce travail, un purpura n’est, primitif qu’en apparence ; en réalité, il est toujours symptomatique soit d’une infection, soit d’une intoxication, soit d’une maladie organique localisée au rein et surtout au fole.

C’est donc la maladie causale qu’il s’agit de dépister.

Connaissant la fréquence du purpura au cours des affections du foie et des reins, ces organes devront être minutieusement examinés. M. Grenet a montré combien la glycosurie alimentaire, indice d’une insuffisance hépatique, est fréquente dans toutes les formes du pur- | pura, même alors que cliniquement, le foie ne semble pas malade. Dans la recherche des causes, dit M. Grenet, deux faits d'ordre clinique nous ont surtout guidé : d'une part la fréquence du purpura dans les infections digestives avéc localisation hépatique et d'autre part la topographie ordinairement assez spéciale de l’éruption. Les lésions hépatiques et les troubles nerveux sont chose banale dans le purpura. Quelle part revient à chacun d'eux ? On pouvait prévoir par l'induction que les lésions hépatiques agissent en favorisant la tendance aux hémorragies en général et que la lésion nerveuse règle la distribution de ces hémorragies. Voilà pour le purpura en général. Mais nous sommes bien obligé d'admettre que le système nerveux a joué dans quelques-uns des cas qui nous occupent un rôle important.

Malheureusement les autopsies de sujets ayant succombé à la suite de cette forme de purpura manquent et nous ne pouvons donc qu’émettre des hypothèses. D'autant que l’examen anatomo-pathologique des différents viscères aurait peut-être éclairé singulièrement la question dans le sens où nous l'exposions tout à l'heure. M. Grenet a montré en outre l’existence d’une réaction méningée (lymphocytose arachnoïdienne et excès d’albumine dans le liquide céphalo-rachidien)

dans des cas très banals, en apparence primitifs.

Enfin, M. Mathieu, tant dans sa thèse que dans son article « purpura » du dictionnaire encyclopédique, s’est efforcé de montrer que, tout en admettant l’intervention non douteuse du système nerveux, dans certains types de purpura, une cause générale dominait toutes ces mahifestations : c'est la prédisposition. La question de terrain semble donc jouer aussi un rôle considérable, car comment s’expliquerait-on, dit M. Mathieu, que tant de gens sont soumis à des traumatismes et n’ont pas de purpura. En somme l'importance de ce ‘facteur pathogénique, le traumatisme, n’a pas été absolument démontrée jusqu'ici et toutes les raisons invoquées laissent encore prise à la discussion. Ilest probable qu’un examen complet des malades aurait révélé des tares viscérales, discrètes peut-être, mais évidentes, telles que : insuffisance hépatique ou rénale, lymphocytose arachnoïdienne, infection ou intoxication, tuberculose pulmonaire.

Quoi qu'il en soit les auteurs classiques admettent que le traumatisme agit, pour produire le syndrome purpurique, par l'intermédiaire du système nerveux et souvent en tant que provoquant lui-même une vive émotion.

Le rôle du système nerveux dans la pathogénie du Purpura en général a été invoqué depuis longtemps, soit que l’on admette avec Couty, Vallin, Maggee Finng, Mathelin, l'intervention du sympathique, soit qu’on pense avec M. Faisans à un trouble médullaire. Pour M. Grenet dont les idées tendent à être admises aujour-

d’hui, le purpura serait le résultat d’une intoxication

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médullaire associée à des troubles hépatiques le plus souvent. Mais nous ne sommes guère plus fixé sur la nature et le siège de ces altérations nerveuses. À part les cas spéciaux de purpura survenant au cours d’une affection nerveuse (tabès, sclérose en plaques, hémiplégie, paralysie infantile, polynévrites) la participation du système nerveux na pas été encore clairement expliquée. ,

On connaît également la fréquence du purpura au cours de la méningite cérébro-spinale en particulier.

La pathogénie de l’hémophilie (1) dont la relation avec le traumatisme est si nette ne nous éclaire pas davantage. La plupart des auteurs inclinent à penser que c’est dans la texture des vaisseaux ou dans le mauvaise qualité des ferments coagulants du sang qu'il faut chercher la cause de l'hémophilie. Grandidier et Vickham Legg,tout en reconnaissant l’atrophie de la tunique contractile des vaisseaux, accusent en même temps le système nerveux qui les anime. Ils pensent que c’est le défaut d'action des nerfs vaso-moteurs qui produit la paralysie des petits vaisseaux et les met dans l’impossibilité de résister à la pression du sang.

Lancereaux se plaçant à un autre point de vue range l’hémophilie dans la classe des affections nerveuses à cause du caractère mobile et capricieux des pertes de sang, de la constitution émotive des sujets qui les présentent et de l'influence qu’exercent sur leur retour tou-

tes les causes qui troublent l’action du système vaso-

1 Article Hémophilie du Duct. ency. des sciences médicales.

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