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* cation fut indolore ; à la suite de cet accident il a conservé de la
claudication.
L’atrophie des muscles de la main aurait débuté il y a 5 ans ; elle s'est manifestée d'abord par l’impotence fonctionnelle de la main, et plus tard, par la position vicieuse du petit doigt ; c’est dire que l’éminence hypothénar a été atteinte la première ; l’atrophie aurait progressivement atteint les autres muscles de la main, obligeant le malade de renoncer à sa profession d’employé aux écritures.
En 1887, il entra dans le service du professeur Charcot ; à la suite d’un traitement électrothéraphique et de bains sulfureux, il a quitté le service très amélioré. C’est à l'occasion d’une bronchite avec hémoptysie légère qu'il entre dans le service de M. Debove (Janvier 1889).
Etat actuel. — Les troubles les plus intéressants que nous révèle l'examen du malade portent sur la sensibilité; c'est par leur étude que nous commençons.
La sensibilité à la douleur est abolie sur toute la surface cutanée. Il est intéressant de rechercher à quelle époque on peut faire remonter l'existence de cette analgésie ; il est impossible d’en préciser le début, il paraît très probable qu'elle existait déjà en 1880 ; à cette époque, en effet, nous avons rappelé qu’un trau-
- matisme du genou, suivi d’une arthrite intense, a été absolument
indolore ; une application de ventouses scarifiées ne causa pas la moindre souffrance.
La sensibilité à la température est altérée depuis plusieurs années ; mais la thermo-anesthésie n’est pas généralisée; aux membres elle présente une disposition symétrique. Aux membres supérieurs, le malade a perdu totalement la notion de la température : il ne se rend compte ni du froid ni de la chaleur, on peut
appliquer sur la peau un ballon renfermant de l’eau à 70° ou un ballon renfermant un mélange réfrigérant, l'impression est identi-
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que et le malade ne fait aucune différence entre le froid et la chaleur. Anx membres inférieurs, la thermo-anesthésie est absolue des orteils jusqu'au tiers inférieur de la cuisse ; sur les deux tiers supérieurs des cuisses la notion de la température existe, mais d’une façon très imparfaite ; le froid et la. chaleur produisent une impression différente qui permet de les distinguer. A la face, la sensibilité à la température est normale. Au tronc, la thermoanesthésie est incomplète, sauf pour la moitié droite du thorax où il existe une véritable hyperesthésie, le froid et le chaud y produisent des sensations pénibles et même douloureuses.
En somme, au point de vue thermique, on pourrait diviser le corps en quatre régions :
1° Thermo-anesthésie absolue aux membres supérieurs et inférieurs, moins les deux tiers supérieurs des cuisses ;
2 Thermo-anesthésie relative aux deux tiers supérieurs des cuisses et au tronc, moins la cavité droite du thorax ;
3° Hyperesthésie dans la moitié droite du thorax ;
-4° Sensibilité thermique normale à la tête.
Cette thermo-anesthésie, jointe à la névralgie, est tellement complète, que le malade s’est fait des brûlures de la plante des pieds sans éprouver la moindre douleur ; c’est cet accident qui a engagé M. Debove à étudier avec soin la sensibilité. Il porte, d’ailleurs, des cicatrices de brülures antérieures ; il ne se rend compte de la température d’un bain qu’à partir du moment où il a plongé la partie supérieure des cuisses.
Il n’y a pas d'anesthésie des muqueuses buccales et rectales ; si la sensibilité thermique est diminuée à la longue, le malade se | rend néanmoins compte de la température des aliments. On ne note aucun trouble des appareils sensoriels. |
A côté de ces modifications de la sensibilité se rangent les troubles de la motilité.
1° Membres inférieurs. — Le malade marchait bien jusqu'à
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sa chute en 1880, boîtait depuis cet accident, mais pouvait marcher sans. fatigue. Depuis un an, il accuse un état parétique des membres inférieurs qui s’accentue de plus en plus, au point de rendre la marche difficile. A cette parésie s’ajoute une atrophie musculaire, beaucoup plus prononcée du côté gauche : la mensuration du mollet donne une différence de 1 centimètre en faveur du côté droit. Les muscles les plus atteints sont les jumeaux et le triceps crural ;
2 Membres supérieurs. — On est frappé tout d’abord par une atrophie considérable des muscles de la main droite : cette atrophie aurait débuté par l’éminence hypothénar, dont la saillie a totalement disparu; le relief de l’éminence thénar est très diminué ; les interosseux n'existent pour ainsi dire plus, de sorte que le grillage métacarpien est des plus manifestes. La main présente une déformation caractéristique en forme de griffe ; les doigts sont plus ou moins fléchis ; cette flexion est maxima pour l’auriculaire et diminue progressivement jusqu’à l'index, qui est normalement étendu.
Cependant, les principaux mouvements sont encore possibles : les diverses phalanges se fléchissent sur les métacarpiens (le malade peut fermer la main); le mouvement d'opposition du pouce s'effectue régulièrement; seuls les mouvements d’adduction et d’abduction des doigts sont abolis.
La force musculaire de la main est notablement diminuée ; lorsqu'on prie le malade de serrer un dynamomètre, l’aiguille ne marque que neuf. =
L’avant-bras est émacié surtout dans sa moitié inférieure ; les muscles épitrochléens et épicondyliens dessinent sous la peau une saillie normale. Le deltoïde présente aussi un léger degré d’atrophie, mais tous les mouvements de l’épaule sont possibles.
Du côté gauche, l’atrophie existe aussi, mais elle est beaucoup moins accusée qu’à droite. Il n’y a pas de déformation prononcée
de la main et l'exécution de tous les mouvements est possible. Seuls les métacarpiens semblent décharnés ; le deltoïde paraît
égerement diminué de volume.
Les muscles du tronc et de la tête sont indemnes. Le tableau des réactions électriques n'offre qu’un faible intérêt dans cette observation résumée.
Le malade ne présente aucun trouble trophique de la peau ni du tissu cellulaire sous-cutané.
L'examen des réflexes nous a donné les résultats suivants : le réflexe rotulien est totalement aboli à gauéhe, mais il est bien exagéré à droite, ce qui permettrait de supposer que la lésion a atteint le eordon postèrieur gauche et le cordon latéral droit. Les réflexes pupillaires, crémastérien, pharyngé sont normaux ; iln’y a pas d’anesthésie plantaire. z
Le sens génital est altéré: il n’y a pas impuissance, mais diminution de l'appétit sexuel. On ne relève aucun trouble dans le fonctionnement des sphincters.
Le malade ne souffre pas, il accuse seulement quelques sensations de froid et de chaleur. Depuis quelques années, il est devenu très sensible au froid en hiver ; en été, la chaleur l’incommode. Il n’a pas de troubles de la sécrétion sudorale : cependant la tête et les mains sont le siège d’une transpiration exagérée quand il fait effort.
Les fonctions intellectuelles ont conservé leur intégrité; la mémoire et la parole sont normales; le moral est légèrement affecté, et depuis le début de la maladie, il y a une tendance manifeste à l’hypochondrie.
Les autres appareils ne présentent que peu de particularités dignes d’être notées : le malade depuis nombre d'années est sujet à la toux : il est légèrement emphysémateux : peut-être la scoliose le prédispose-t-elle aux accidents thoraciques. Malgré l’hémoptysie qui à motivé son entrée à l'hôpital, on ne trouve pas de
signes physiques permettant d'affirmer une tuberculose pulmonaire.
Pendant son séjour à l’hôpital. les besoins d’uriner sont devenus fréquents, impérieux, l'expulsion des premières gouttes d'urine est pénible ; en même temps, il y a légère polyurie et la quantité d'urine émise en 24 heures dépasse 2? litres. L’urine est franchement ammoniacale et trouble. Au microscope, on y trouve un grand nombre de globules de pus, elle ne contient d’ailleurs ni albumine, ni sucre, Cette cystiste n’est pas due à un rétrécissement du canal de l'urêthre d’origine blenorrhagique ainsi qu’on peut s’en assurer par le catéthérisme qui se fait facilement, elle est sans doute une conséquence de la maladie, car il est commun de voir la cystite compliquer les affections chroniques de la moelle épinière.
Voici done deux observations dans lesquelles un rhumatisme ne saurait être indiqué comme cause. Nous pourrions en ajouter beaucoup d’autres, telles que celles de MM. Joffroy et Achard et celles publiées dans les cliniques du P' Raymond, auxquelles nous renvoyons le
lecteur (1).
(4) Joffroy-Achard: Arch.méd. exp. et anat. path. Janv. 95, n° 8. Gaston,science médical.Juin 25.—Raymond. Clin. syst. nerv.t. I et Il.