CHAPITRE Il
Hématomÿélie et SYringomÿélie
L'apoplexie spinale, l'hémorrhagie médullaires peuvent donner lieu à des accidents à début brusque, mais rappelant parfois le type de la Syringomyélie. Certains auteurs et les Allemands en particulier ont voulu faire renkrer les manifestations de l’'Hématomyélie dans le cadre de la Syringomyélie. C'est le plus souvent à des cas de ce genre qu’ils ont donné le nom de Syringomyélie à début brusque. |
De fait,on conçoit fort bien,qu’une hémorrhagie médullaire, surtout siégeant dans la région cervicale, puisse présenter un tableau clinique rappelant celui de la Syringomyélie. Ces hémorrhagies intra médullaires sont le plus souvent, comme l'a montré Hayem (1), confirmant en cela les idées de Charcot, consécutives à des affections médullaires préexistantes : c’est pourquoi il propose de dire « Hématomyélite », plutôt qu’ « Hématomyélie. » Pourtant les faits cités par Grisolle. Hutin, Saccheo et
Jaccoud, montrent que cette manière de voir est trop
(1) Hayem. Th. d’Agrégation Paris, 1372,
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absolue. Il peut y avoir des anévrysmes miliaires de la moelle comme on en rencontre dans le cerveau, et l’hémorrhagie peut être primitive dans la moëlle comme dans l'Encéphale, bien que le fait soit rare. Des hémorrhagies primitives ont été aussi vues dans le cours de certaines affections hémorrhagipares comme le scorbut, les fièvres infectieuses graves. Les causes de congestion médullaire, dit Grasset (1); refroidissement brusque, fatigue extrême, suppreSssion d’un flux habituel, séjour dans l’air comprimé ; stase veineuse générale portée à un certain degré peuvent la produire.
Le tableau clinique de l'Hématomyélie a eté bien
tracé par Boppe dans sa thèse (Paris 1881). C’est brusque-
ment par la douleur et la paralysie que la maladie commence, une anesthésie généralement complète s’y ajoute ; ensuite les douleurs s’amendent. Jusque-là, les réflexes sont normaux le plus souvent : mais bientôt ils vont devenir exagérés, en même temps que les muscles paralysés présenteront des secousses involontaires, puis des contractures, enfin de l’atrophie.
a paralysie hematomyélique peut cependant guérir et c’est à ce moment surtout que les ressemblances avec la syringomyélie s’accusent. En effet, à l anesthésie complète d’une zône déterminée, fait place une dissociation de la sensibilité. M. Brissaud (2) a bieu montré à propos d’un malade sur lequei il fit une lecon, que « la guérison « ne se fait pas sans hésitation... Du reste il est de règle
-(4) Grasset et Ranzier. Mal. du syst. nerv. tome I, p. (2) Brissaud. — Leçons sur les mal. du syst. nerv., 1895, p.
« que la sensibilité tactile réapparait avant la sensibilité « thermique et douloureuse dans le processus de guérison « des anesthésies de cause organique. »
Il est donc des cas où l’'hématomyélie peut à un moment donné simuler la syringomyélie. Mais faut-il admettre, comme le veulent certains auteurs, que ce sont de vraies syringomyélies, à début brusque et souvent traumatiques ? Nous ne le pensons pas;
Le diagnostic doit surtout se baser sur le mode d'apparition de succession et d’évolution des symptômes. On sait par exemple que dans-la syringomyélie vraie à forme commune, les troubles sensitifs ne passent pas par une phase anesthésique complète ; la dissociation syringomyélique apparaît d'emblée d’une façon progressive, avant les phénomènes moteurs en général. Du reste ces troubles moteurs sont rarement des paralysies absolues et subites ; ce sont bien plutôt des parésies, après lesquelles apparaissent des troubles trophiques qui, loin d’être limités aux muscles. (atrophie musculaire), se manifestent du
côté de la peau et de ses annexes, du squelette, des articu-
lations, etc.
Minor (1) a observé 5 cas d’hematomyélie centrale dans lesquelles le foyer de l’hémorrhagie occupait la région periépendyuaire et s'était produit secondairement à un traumatisme: mais dans ces cas mêmes, le début fut
brusque, par paralysies étendues et anesthésies absolu-
ment complètes: ce n’est évidemment pas le tableau elinique, ni le mode d'apparition de la syringomyélie.
(1) Minor. 10° Congrès internat. des Sc. méd., Berlin, août, 1890.
2) RTE A DA APPART PESRRES OUT EAN APT ET PA
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