‹ Traumatisme et SyringomyélieChapitre 14 sur 19 · NUS SENS RÉ · texte numérisé non relu

NUS SENS RÉ

dd

On reconnaitra donc en somme l’hématomyélie à ce qu’elle atteint rarement les membres supérieurs et à ce qu'elle ne se limite jamais à un côté du corps, à ce qu’elle entraine la rétention des matières fécales et de l’urine, enfin à l’exaltation des réflexes, qui sont plus tard abolis et à la disparition de la contractilité électrique.

Ce diagnostic a d’ailleurs été savamment discuté par notre maître M. le professeur Raymond, dans la 2 série de ses cliniques à propos d’un intéressant petit malade de Ja Salpétrière. Si les traumatismes peuvent donner lieu à l’hématomyélie, il ne s’en suit donc pas qu'il faille les

- considérer comme cause de la syringomyélie.

Du reste les traumatismes médullaires ne portent que très rarement sur la partie supérieure de la moelle. Presque tous les cas rapportés ont trait à des traumas qui ont agi sur une région plus inférieure. C'est, en etfet, le’ plus souvent la moelle lombaire, la queue de cheval qui ont à souffrir de ces violences accidentelles et le tableau symptomatique diffère totalement de celui de la syringomyélie.

Si pourtant, dans quelques cas exceptionnels, la partie supérieure de la moelle est intéressée, le traumatisme agira en donnant naissance à une hématomyélie de la région cervico-dorsale dont le tableau clinique est, comme nous l'avons vu, voisin de celui de la syringomyélie, sans lui être pourtant superposable d’une façon complète.

Lestraumatismes, l'hématomyélie, la pachyméningite cervicale, ont dù être suivis du développement d'une

« gliose », suivant l’expression de Schultze avec formations

oo

cavitaires , plus ou moins étendues, épendymaires ou péryépendymaires.

Mais, au point de vue clinique, l’évolution n’est plus la même : si la description de la syringomyélie vraie peut être comparable à celle des traumas et de l'hématomyélie à un moment déterminé, la marche et l’évolution n’en restent pas moins bien différentes.

Dans les traumatismes tous les signes sont d'emblée portés à leur maximum, la dissociation syringomyélique de Ja sensibilité est tardive et la seule chose qui augmenté + progressivement, c’est la raideur musculaire, la contracture. Ë Au contraire, dans Ja syringomyélie vraie, tous les

On dot >

signes progressent lentement, leur apparition n’est pas. à brusque et lcur mode de succession diffère complètement,

En somme, dans le premier cas, on assiste à la regression progressive d’une lésion qui, sans doute, pourra ne pas disparaître complètement et pourra donner lieu à des dégénérescences secondaires.

Dans le second cas, au contraire, il s’agit d’une lésion à qui progresse constamment jusqu’à la terminaison fatale. à

Dans l'observation qui suit on retrouve bien les à caractères de l’'hématom yélie.

Observation III .

NB Aimé, âgé de 48 ans, profession de bucheron, entre à la Salpétrière, le 23 mars 1897, salle Bouvier, lit n° 15 bis. Antécédents héréditaires. — On ne relève rien dans les anté-

cédents héréditaires du malade. Son père est mort des suites d’un accident à l’âge de 69 ans, — sa mère est morte à 85 ans, d’une maladie qu'il ne peut nommer. — Il a un frère bien portant.

Antécédents personnels. — De constitution robuste, lemalade n’a souffert d'aucune affection jusqu’à l’époque où s’est produit l'accident dont les suites ont nécessité son entrée à l'hôpital.

Le 10 mars 1895. — Le malade élaguaït un arbre ; par un iaux mouvement il coupa la corde à laquelle il était suspendu au lieu de trancher une branche et tomba sur le sol d’une hauteur de 20 mètres. Il resta sans connaissance pendant 7 heures envi-

-ron, et au bout de ce temps en revenant à lui, il constata qu'il était étendu la face contre terre et qu'il lui était impossible de remuer, Jl avait des contusions et des plaies au front, aux mains et aux jambes.

Il fut ramené chez lui; le médecin appelé, lui fit poser des

‘-sangsues à la région coccygienne sans aucun soulagement. len-

dant 19 jours le malade ne put uriner, ni aller à la selle ; au bout de ce temps la miction se produisit, mais on dut vaincre la constipalion au moyen de lavements. — Il resta alité pendant 35 jours, dans l'impossibilité de faire un mouvement et ressentant des douleurs dans deux sièges différents :

1° Dans les membres supérieurs, les douleurs naissaient à leur racine et irradiaient vers les extrémités ; 2° Dans la région lombaire, les douleurs s’étendaientjusqu'aux orteils. — Les bras et les jambes étaient contracturés et avaient la rigidité la plus absolue : les bras collés au tronc et les j ambes

- en adduction. — Le 25 avril 1895, le malade fut transporté à 1 hô- — pital d'Alençon, dans le même état. — Là il fut traité par des

pointes de feu et des bains de vapeur,.et 4 mois après la chute (juin 1895), les mouvements reparurent, d’abord au membre

supérieur gauche, puis du côté droit, enfin aux membres infé-

© rar ACTUEL, — 7 juin 1898 :

+ Dupont - - :

Page 1