‹ Traumatismes et LeucémiesChapitre 13 sur 15 · EXPLICATION DONNÉES SUR LE ROLE POSSIBLE JOUÉ PAR LE TRAUMATISME · texte numérisé non relu

EXPLICATION DONNÉES SUR LE ROLE POSSIBLE JOUÉ PAR LE TRAUMATISME

L'introduction d’un germe pathogène dans l’organisme à la faveur de lésions traumatiques des téguments fut invoquée par certains auteurs. Pour Eïichorst, le traumatisme agiraib comme cause occasionnelle par une infection du milieu osseux et! du système lymphatique. Pour Diez on devrait accorder aux seuls cas où le traumatisme a été le point de départ d’une infection chronique ou d'intensité durable l'étiquette de leucémie post-traumatique. De nombreux auteurs par analogie avec certains processus néoplasiques, admettent que le traumatisme a pu être le point de départ d’une néoplasie du tissu hématopoiélique. Cette excitation hyperplasique de l'appareil hématopoiétique a été rattachée par d’autres fauteurs à des traumatismes macroscopiques, parfois microscopiques, supportés par le tissu sanguiformateur. L’imprégnation par le sang épanché, les phénomènes de résorption, le rôle excitateur de l’anémie, peuvent être considérés comme des causes pertubatrices agissant sur une régénération cellulaire intempestive. Pour Lewsen, la lésion initiale pourrait résider dans la chute des histiocytes constituant l’endothélinm des capillaires des tissus hématopoiétiques, et Piney suppose : «Qu'un ébranlement de la paroi vasculaire permettra aux cellules souches de s'évader et d’atteindre ainsi la circulation générale ». Pour tous ces auteurs qui admettent volontiers un état de susceptibilité particulière, on pourrait assister chez de tels sujets à une production compensatrice excessive du tissu réticuloendothélial. Reich suppose qu'à la suite du traumatisme se produiraient des phénomènes irritatifs déterminant des réac-

tions cellulaires qui, chez des individus susceptibles, entraîneraient l'apparition d’un processus leucémique.

Dans certaines observations où le traumatisme avait porté sur la région splénique on trouva à l’autopsie des traces indéniables de lésions traumatiques de l’organe. La symptomatologie présentée par le malade avait permis d’ailleurs dans cerbains cas de songer à un tel substratum anatomique. Les douleurs violentes subites provoquées par le traumatisme, la pâleur du sujet, les selles hémorragiques (Observations de Schmidt, Olshausen, Luders), et parfois l'apparition quasibrutale dans la région splénique d’une masse tumorale, peuvent être rapportés à une hémorragie par rupture de la rate. C’est ainsi que nous trouvons mentionnée dans l’observation de Westphal la présence à la surface de la rate d’une petite fente obstruée par un caillot. L’organe était enveloppé par un volumineux caillot. Kutschera signale une lésion traumatique de la rate. Jarmaï rapporte la présence d’un hématome enkysté siégeant au pôle supérieur de la rate et l’existence de bandes de tissu cicatriciel siégeant au sein de l’organe et qui, à l’examen anatomo-pathologique, révèlèrent de nom- Preux débris hématiques.

La question de l’indemnisation fut résolue de facon diverse selon les tribunaux devant lesquels le conflit fut porté.

C’est ainsi que dans les cas de Liniger et de Lewsen, les législateurs refusèrent d’accorder des donmimages et intérêts aux malades ou à leur famille.

Dans notre première observation la famille du malade B... fut déboutée de sa demande malgré le rapport de Monsieur le professeur Sabrazès établi sur la demande du médecin de la famille, Monsieur le docteur Dubourg qui imputait au traumatisme, {dans le cas présent une fracture de cuisse), la mort du malade. « Quel a été le rôle du traumatisme dans la genèse ou la prédisposition à la leucémie? L'opinion qui tend à prévaloir est que la leucémie et le traumatisme sont parfois sous la dépendance l’une de l’autre surtout lorsque la leucémie est survenue dans un délai de six mois environ après l’accident. » Extrait rapport de Monsieur le professeur Sabrazès).

Dans les conclusions de l’acte judiciaire nous relevons que

Rae

le tribunal fit état de ce que la lésion provoquée par l’accident et l’affection dont mourut le jeune B.. intéressaient des organes différents !

L'allocation d’une pension fut accordée dans les cas rapportés par Hermanni, Kaltenschnee, et Facchin. Sur un rapport délivré par Martinelli toute indemnité fut refusée à la veuve. Mais l’auteur ayant eu connaissance peu de temps après de l'observation publiée par Stefanelli, fut frappé par certaines analogies, il chercha à approfondir la question par des recherches dans la littérature, il en déduisit alors la possibiité d’une origine traumatique de la leucémie et sur sa demande le jugement fut modifié.

Dans un cas relaté par Strassmann on refusa la pension réclamée par l’ouvrier : « Mais, dit l’auteur, actuellement le jugement serait différent ».

Il nous semble donc permis de conclure qu’au point de vue médico-légal l’état fonctionnel antérieur du sujet étant seul pris en considération, l’affection pouvant apparaître dans un laps de temps qui, nous l’avons vu, varie en moyenne entre quelques jours et'un an, et si la preuve que la leucémie préexistait au traumatisme ne peut être apportée, le rapport de cause à effet devra être retenu, le doute d’ailleurs est favorable à l’ouvrier. On peut invoquer que le sujet était (jusqu’à plus ample informé) leucémique en puissance, où même uniquement prédisposé, mais rien à l’heure actuelle, ne peut prouver d’une façon pérempioire que sans le traumatisme cet état pathologique en latence se serait déclenché et aurait mis fin aux jours du malheureux.

Gineste. À

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