DES TRAUMATISME
groupe de la trimélhjlamine et de la muscarine (Lustgarten) et qui aurait été extraite du sang à l'aide des mêmes procédés que la peptotoxine de Brieger (Kianicine).
En tous cas il se forme des amas de globules sanguins dissociés qui deviennent l'origine de thrombus (Klebs, Welti et Lawitt) disséminés dans les viscères. On les rencontrerait surtout dans les cas où à l'autopsie se constatent des ulcérations du duodénum et de l'estomac. En effet au bout de quelques jours après l'accident, s'il offre une certaine gravité, survient un malaise général ; il y a de la fièvre, de la fréquence du pouts, de la sécheresse de I9, langue ; l'épigastre est douloureux, des hématémèses, des hémorragies intestinales, des selles diarrhéiques . apparaissent ; quelquefois même la perforation du duodénum tue le malade par péritonite aiguë. De son côté le reiil accuse l'atteinte profonde dont il est le siège par de l'albuminm'ie, le poumon par de la bronchite ou de la broncho-pneumonie à pronostic sévère, le cerveau par de la céphalalgie, du délire, du coma, toutes complications dont la mort peut être le terme.
Plus tard, lorsque les eschares sont tombées, ce sont les accidents septiques auxquels est exposé le blessé. Les hémorragies, la fièvre hectique, la dégénérescence amyloïde des reins sont à craindre.
Tout cet ensemble de phénomènes, qui au premier abord semblent n'avoir qu'un rapport très éloigné avec la brûlure des téguments, sont la résultante de stases sanguines et de troubles congestifs dans presque tous les organes, cerveau, poumon, foie, rate, intestin, séreuses splanchniques et articulaires. Un arrêt de circulation locale (Ziemssen), un infarctus hémorragique (Cruveilhier, Rindfleisch) et ensuite l'action corrosive du suc gastrique sur ces points altérés (Curling, Virchow) concourent à la formation de petites ulcérations ne dépassant pas les dimensions d'une pièce d'un franc et siégeant dans le duodénum et l'estomac. L'auto-digestion de la surface privée de son épithélium défensif aboutit à la perforation que termine la péritonite ou encore, quoique moins souvent, l'hémorragie mortelle.
D'autre part, Ihyperémie des méninges s'accompagne de
traumâtishes*
sufTusions séreuses infiltrant les centres nerveux; des ecchymoses, de rœdème s'observent sur les séreuses, dans le parenchyme des organes.
Nous en avons assez dit pour montrer quelle est la gravité du pronostic. Une brûlure, même au premier degré, entraîne la mort si elle s'étend à la moitié de la surface cutanée. Si la lésion est profonde elle expose à la perte d'un membre, ou bien, à cause de la lenteur de la réparation, à la cachexie septique. Chez les enfants et les vieillards le pronostic est encore plus' sombre.
Puis il y a lieu de tenir compte de la destruction de certains organes, l'œil, les paupières, les doigts, et surtout de la tendance indéfiniment rétractile des cicatrices ; lorsqu'elles portent sur certains conduits comme le pharynx, l'œsophage, sur certains orifices comme la bouche, la fente palpébrale ou sur les plis de flexion des articulations, elles déterminent des troubles fonctionnels graves et obligent à des interventions autoplastiques compliquées.
Les topiques qui ont été successivement prônés et proposés pour les brûlures sont innombrables. Le rappel de tous ces moyens thérapeutiques surannés n'ayant qu'un intérêt historique des plus médiocres, nous nous contenterons de dire comment se traitent les brûlures de nos jours. La première condition est de couper court aux complications septiques et inflammatoires des premiers jours par l'antisepsie soignée de la région. Le savonnage, les lotions, avec des solutions antiseptiques faibles pour éviter l'intoxication si la lésion est étendue, l'acide phénique de préférence à cause de ses propriétés analgésiantes, seront tout d'abord mis en œuvre; les phlyctènes déchirées seront enlevées pour mieux désinfecter le derme qu'elles cachent. Et si toute cette longue préparation de la plaie est trop douloureuse, on n'hésitera pas à employer l'anesthésie générale. Le topique à mettre ensuite devra être un antiseptique et de plus une substance ayant une action kératinisante ou kératoplastique. Aussi devra-t-on s'abstenir d'employer le phénol, l'acide salicylique, le sublimé, le thymol, le permanganate de potasse, etc. ; on leur préférera l'huile de lin, le talc^ le sous-nitrate de
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bismuth, l'acide pyrogallique, l'acide picrique, le soufre, l'oxjde de zinc, le thiol, l'icthyol. L'iodoforme est parfois nuisible, l'acide borique sans action. On a mené grand bruit autour de l'emploi de l'acide picrique ; c'est un médicament qui a été reconnu dangereux, prifacipalement chez les enfants où l'intoxication est fréquente et son pouvoir kératinisant est loin d'avoir la valeur et surtout la rapidité d'action que lui ont gratuitement attribué ses défenseurs. Les poudres de talc et de sous-nitrate de bismuth mélangées à des antiseptiques en petite quantité, à quelques centigrammes de substances analgésiques comme l'antipyrine ou la cocaïne dans certains cas, constituent, sous un bon enveloppement ouaté, un pansement recommandable.
Plus tard si les bourgeons charnus saignent abondamment on les recouvrira de protective, s'ils sont exubérants ils seront réprimés au crayon de nitrate d'argent ou au fer rouge, s'ils sont rose vif et fermes on les parsèmera de greffes épidermiques ou dermo-épi dermiques. En somme les pansements secs et rares seront les meilleurs, à moins que la vive douleur du début ne fasse recourir à la balnéation continue selon la méthode de Hébra, laquelle constitue le meilleur traitement anesthésique et sédatif. Chaque complication aura son indication spéciale ; le collapsus sera traité par les injections d'éther et de caféine, la douleur par celles de morphine si le rein fonctionne bien, la congestion pulmonaire par la saignée générale, etc.