‹ Traumatismes, infections et diathèsesChapitre 35 sur 38 · LES AMIBES · texte numérisé non relu

LES AMIBES

L'hépatite suppurée est une complication fréquente de la dysenterie. C'est dans cette dernière afifection que Lœch (de Saint-Pétersbourg) découvrit en 1875 l'amœba coli, masse protoplasmique mobile, granuleuse mesurant 20 à 50 [x et qui reproduisait chez le chien l'inflammation de la muqueuse intestinale et les ulcérations. En 1883 Koch les retrouve en Egypte, et en 1885 Kartulis les rencontre d'une manière constante chez tous les dysentériques jusque dans les abcès du foie. Pour Kartulis, les agents spécifiques de la dysenterie seraient ces amibes, colorables par la méthode de Gram, que Ton trouve vivantes et mobiles dans les matières fécales, au fond des ulcérations du gros intestin et qui, par le réseau porte, arriveraient aux capillaires des lobules hépatiques. Peut-être ne seraientelles pas pyogènes par elles-mêmes, mais prépareraient-elles seulement le terrain aux microbes pyogènes proprement dits (Kartulis) ?

Ces amibes sont des corps protoplasmiques, formés par une membrane d'enveloppe hyaline et une masse de protoplasma granuleux renfermant à son intérieur des vacuoles non contractiles, dont le nombre varie de deux à huit. A l'état de repos les amibes offrent l'apparence d'une sphère; mais elles sont douées de mouvements qui se traduisent par de faibles déplacements ejt des pseudopodes ou prolongements du protoplasma. Kartulis prétend les avoir cultivées dans une infusion de paille fraîche qui, ensemencée avec du mucus dysentérique et maintenue à 30o-38<^ se recouvrit en deux jours d'une mince pellicule

en toile d'araignée formée d'amibes. L'ensemencement du pus provenant d'un abcès dysentérique sur les infusions de paille aurait donné des amibes en forAe de sphère granuleuse munies parfois de prolongements ; mais l'aspect identique de tous ces éléments contrastait avec le polymorphisme des amibes contenues dans le pus (Peyrot et Roger).

L'inoculatiun intrarectale des cultures chez le chat aurait donné la dysenterie (Karjulis) ; mais, il faut bien l'avouer, la reproduction expérimentale de la maladie est très inconstante. Aussi la spécificité de ces amibes est bien loin d'être démontrée malgré d'assez nombreuses recherches confirmatives (Osler, GouNCiLMAN et Lafleur, Beck, Pasquai^, Vasse).

D'abord on a décrit dans les selles, les parois de l'intestin, les ganglions mésentériques et la rate, un bacille prétendu spécifique, court, mesurant de 4 à 5 fji, très mobile, avec extrémités arrondies, difficile à colorer, donnant une culture jaunâtre et sèche sur gélose qui, inoculé dans l'intestin du cobaye, reproduit les lésions de la dysenterie et dans le foie des foyers de nécrose de coagulation (Ghantemesse et Widal). Notons qu'il n'a jamais été retrouvé depuis.

Ensuite on a vu des abcès du foie contenant des espèces revivifiables par la culture ou l'inoculation, le sti'eptocoque, le colibacille, le bacille pyocyanique, le proteus vulgaris, le bacillus pyogeaes fœtidus. Bien mieux, l'injection au chat de matières dysentériques avec amibes vivantes a, dans la moitié des cas, donné des abcès du foie à streptocoques, tandis que l'injection intestinale de ce même streptocoque produit la dysenterie (Zancarol); d'où cette conclusion que les amibes ne jouent aucun rôle pathogénique, et que la dysenterie, comme les abcès hépatiques qui la compliquent, relèvent du streptocoque (Zancarol).

Enfin le pus des abcès du foie peut ne renfermer aucune bactérie cultivable, être stérile en un mot (Kartulis, Peyrot, Laveran, Netter, Rendu, Tuffier, Ch. Monod).

L'interprétation de ces derniers faits est bien difficile à donner. Gomment aussi expliquer qu'un abcès du foie à pus stérile se reproduit après évacuation du contenu et le lavage de

la poche au sublimé (Netter), ou qu'un autre à pus également stérile est le point de départ d'un abcès du cerveau à pus stérile aussi (Netter)*? Et cette stti*ilité du pus des abcès hépatiques suite de dysenterie, si elle n'est point la règle, est au moins très fréquente, puisqu'elle existe dans les deux tiers des cas (Kartulis) .

La théorie de la propriété bactéricide de la bile (Laveran) qui cherche à donner la clef du problème est ruinée par les recherches bactériologiques sur ce liquide (Létienne). Les abcès supposés bactériologiquement aseptiques contiennent-ils des germes que notre technique actuelle ne peut déceler, des parasites que nous ne savons pas voir faute de colorants convenables, que nous ne savons pas cultiver faute de milieux artificiels appropriés ? La chose est possible, mais ce n'est qu'une hypothèse. La théorie des amibes pèche par défaut, car elles manquent dans la plupart des cas, ou par excès, car on les retrouve en dehors des abcès du foie de la dysenterie. La supposition qui attribue à la cellule hépatique une propriété bactéricide spéciale détruisant tous les germes qui proviennent de l'intestin, est purement gratuite. La seule théorie qui semble le plus approcher de la vérité est celle qui admet l'infection microbienne primitive de l'abcès, mais avec stérilité secondaire, basée sur l'ancienneté du foyer purulent et sur l'analogie avec des cas absolument semblables de pus amicrobien dans d'autres viscères (Debray). La suppuration s'étant établie à une date éloignée de l'intervention chirurgicale, la stérilité du pus résulterait d'une autointoxication microbienne ; la culture représentée par le milieu abcédé aurait, par le temps et le développement croissant des microbes, perdu ses qualités de nutrition ; ceux-ci en auraient souffert, et, végétant mal, auraient fini par s'éteindre.

UIiNFECTION CANCEREUSE

S'il est une maladie qui, par son aspect général sa physionomie clinique, sa marche, son évolution, sa généralisation, la cachexie rapide qu'elle amène, éveille l'idée d'une infection, c'est sans contredit le cancer. Certaines formes que l'on peut appeler aiguës et qui frappent de préférence le jeune âge en sont le type. Le mode de généralisation par traînées de cellules, par continuité, puis à distance soit par la voie lymphatique avec des barrières d'arx'ét, les ganglions, soit par la large voie des veines conduisant t une rapide généralisation, en sont une autre preuve. Malgré les innombrables recherches dans le domaine de la clinique la plus sagace, de l'expérimentation la plus hardie, de la bactériologie la plus minutieuse, rien n'est prouvé matériellement pour ou contre la doctrine parasitaire du cancer.

D'abord que savons-nous sur le sarcome ? peu de choses en réalité. Firkett (de Liège) a pratiqué des greffes de sarcome sur des rats et prétend avoir eu chaque fois des résultats positifs ; la tumeur s'est reproduite et les animaux sont morts au bout de cinq à six semaities; mais les cultures avec le suc des tumeurs greffées sont testées stériles.

Moty, en 1894, sur ^onze cas de sarcome, a trouvé dix fois dans le sang pris au doigt un microcoque fort petit qu'il n'a jamais rencontré dans les cas d'épithélioma. De préférence anaérobie, il ne pousse sur gélose qu'après réveil de sa vitalité par une culture en bouillon; il ne trouble, ni ne ramollit la gélatine. Simple ou double, il peut être encapsulé ; il ne prend

Digi^zed by VjOOQIC

pas le Gram et se colore très difficilement. Les înoculatiomi aux animaux n'ont donné aucun résultat concluant. Sa préseoi» constante dans le sang, le siège habituel dans les régions ricb^s en veines, le début profond et Tétiologie traumatique wis plaie^ les végétations endocardiques que Ton trouve quelquefj^ÎB dans le cœur droit, tout concourt à donner à la maladie le& caractères d'une infection du sang. Les cultures aérobies im Be troublent guère qu'après quatre à huit jours; les semis ftOO-érobies évoluent plus vite et se troublent en six à douze heures. Quand le semis aérobie pousse avant trente-six heures, ij est à peu près certain qu'on n'a pas à faire à du sarcome.

La même année Glarke et Wedeler ont décrit des inclusions cellulaires nues ou enkystées semblables à celles du carcinome ; leur nombre serait proportionnel à la rapidité du développement du néoplasme et on les rencontrerait également dans les globo-cellulaires et les fuso-cellulaires. Pour Pawlowski également, les cellules sarcomateuses renferment des corpuscules spheriques ou ovoïdes ayant tous les caractères des spores; on y voit des kystes remplis de ces spores qui ont toutes les propriétés des sporocystes des sporozoaires ; en injectant des fragments frais de ces sarcomes dans le sac lymphatique de la grenouille, on peut constater au bout de cinq jours la présence de spores entre les cellules dégénérées du sarcome, mais le même phénomène ne se produit pas dans Us tissus du lapin. Ce sont encore des corpuscules clairs, ronds ou ovoïdes que Basse, que Grawitz ont trouvé dans le protoplasma des cellules, et qu'ils considèrent comme des parasites appartenant au groupe des microsporidies.

En revanche, pour Roncalî, ce sont des levures et non des coccidies que la plupart des auteurs ont observé. Corselli et Frico en ont isolé une avec laquelle ils prétendent reproduire le sarcome chez les animaux et dont les cultures communiquent au chien et au lapin une affection tout à fait semblable. La nature parasitaire des tumeurs sarcomateuses reste toujours bien obscure ; même en ce qui concerne le sarcome mélanique qui, plus que tout autre, revêt l'allure d'une maladie infectieuse, nous ne sommes pas plus avancés. Si on a vu des élé

DBS INFECTIONS 490

ments arrondis se rapprochant des levures au sein des nodules mélaniques et si même on a réussi à faire naître en partie le pigment dans quelques cultures (Bard, Bâbinsky et Gharrin), les inoculations ont toujours échoué.

Les faits sur lesquels s'appuie la doctrine infectieuse du cancer, du carcinome en particulier, sont de trois ordres : ce sont des faits cliniques, des faits expérimentaux, des faits se rapportant à des organismes parasitaires. De tous temps l'observation a constaté l'inoculation accidentelle du cancer dans des circonstances variées : chez le même malade on voit un néoplasme du doa de la main inoculer la conjonctive à l'angle de l'œil après frottements répétés (Kaufmann), un cancer se propager de la langue à l'œsophage ou à l'estomac (Klebs), de Testomac au rectum (Kraske), de l'utérus au vagin (Ahlfeld, Hégar, Spiegelberg), du vagin à la vulve (Guelliot). Cette inoculation a malheureusement été souvent réalisée au cours des opérations chirurgicales : le cancer de la langue contamine la plaie de la joue nécessitée pour son ablation (Hyvert, Lecke) ; on enlève par la laparotomie line tumeur de l'ovaire sans adhérences à la paroi, et, quelque temps après, on voit se développer dans la cicatrice une tumeur dont la structure est identique à celle du néoplasme primitif de l'ovaire (Delbet). On a vu quelquefois le développement d'un cancer sur la minime plaie faite par le trocart pour évacuer l'ascite d'origine cancéreuse (Val- DEYER, QuiNCKE, Nicaise) ; il s'agit évidemment là de greffes opératoires. Et les récidives cutanées à la suite des amputations du sein sont souvent produites par des greffes faites au cours de l'opération avec le bistouri ou les pinces à griffes dont on continue à se servir après que ces instruments ont pénétré dans la tumeur (Donitz). L'ensemencement possible par les vaisseaux sanguins et lymphatiques (Debove, Nepveu), doit donc nous rendre circonspects dans l'emploi des méthodes d'ablation des tumeurs malignes par morcellement. Mais, dira-t-on, ce ne sont jamais là que des auto-inoculations; le terrain est préparé pour recevoir l'élément infectieux, il est cancéreux d'avance, et cette circonstance prête à des considérations sur lesquelles nous aurons à revenir.

Voyons donc ce que la clinique nous apprend à propos de l'inoculation accidentelle d'un sujet à un autre. Nombreux sont les cas de cancer observés chez des individus soignant des cancéreux (ÏULPius, Peyrilhes, Budd, Damaschino, Michaux, Brouar- DEL, etc.), des chirurgiens en particulier (Budd, Alibert, Emsom) : la pipe (Molliêre), le linge (Déve) ont transmis raffection. Il y a dans la science plus de quarante cas de maris qui furent atteints de cancer de la verge après que leurs femmes eurent été frappées d'épithélioma utérin (G uénot, Hall, I^angenbeck, Démarqua y, Thomas, Gzerny, Duplouy) et réciproquement il s'est présenté des cas de maris atteints et dont les femmes furent inoculées consécutivement (Waston et Hays, Mac Ewen). La transmission s'est aussi faite de manière accidentelle de l'homme à l'animal (Budd) et de l'animal à l'homme (Kuhne, Gross, Meissmer, Jurgens).

Nous serons plus réservés en ce qui concerne Tépidémicité du cancer. Il planera toujours du doute sur les épidémies de ville et sur les épidémies de maisons. N'a-t-on pas forcé l'interprétation des faits, ne les a-t-on pas plies aux besoins de la cause lorsqu'on a rapporté ces coïncidences de cas multiples, répétés le long de certains ruisseaux, dans des agglomérations desservies par le même puits, dans certaines habitations maudites où des locataires qui se succèdent deviennent tour à tour atteints du même mal, dans ces maisons à cancer (Guelliot, Fabre, Arcy Pow^er) ? Jusqu'à plus ample informé, il nous sera aussi difficile d'admettre la relation existant entre la malaria et le cancer, relation qui ferait varier leur fréquence en raison inverse (Arcy Pow^er).

Les faits expérimentaux sont de beaucoup les plus nombreux. La liste est longue de ceux qui ont vainement tenté l'inoculation de parcelles cancéreuses provenant de l'homme dans le tissu cellulaire, le péritoine, les veines d'espèces animales les plus variées (Peyrilhe 1773, Dupuytren, Valentin, Vogel, Weber, DuBUissoN, Hyvert, Paul Bert, Chatin, Verneuil, Jeannel, Henocque et Leroy, Doutrelepont, Billroth, Lebert et 0. Wyss, SiENGER, Senn, Shattock ct Ballance, Duplay et Gazin, Geissler,- Trusbot, Gadiot, Gîlbert et Roger, Thiroloix, Schweninger,

Klebs, Fisghel, Gratis et Libnaux, Curtis, Dubar et Carrière). Les injections intra-veineuses, chez les animaux sacrifiés plus de trois mois après, ne laissent aucune trace appréciable à l'examen le plus minutieux des viscères. Quant aux ft'agments inclus dans les tissus, ils ont d'abord provoqué autour d'eux une réaction inflammatoire se traduisant par une augmentation de volume qui parfois a pu, dans les premières semaines, faire penser à l'accroissement du tissu implanté ; mais après s'être enkysté dans les tissus, ils ont fini par être complètement résorbés, de sorte qu'à, l'examen microscopique, il était impossible d'en retrouver la moindre trace au bout de six ou huit mois et même moins. Dès les premiei's jours le fragment a perdu sa vitalité, les noyaux des cellules néoplasiques ne se colorent plus, et tout autour un afflux considérable de phagocytes travaille à la résorption complète du fragment (Cazin).

En 1890 nous avons fait personnellement quelques recherches dont les résultats ont d'ailleurs été tout aussi négatifs, mais avec une technique un peu spéciale qui nous a permis de suivre jour par jour, sous les yeux, la résorption des tumeurs malignes par les tissus animaux. Nous avons fait des greffes cutanées avec des cancroïdes prélevés sur l'homme. En pratiquant sur le dos des animaux une perte de substance à la peau, de dimensions égales à celles de la peau de la tumeur enlevée, on peut fixer le cancroïde en suturant le pourtour de peau saine venue avec le néoplasme aux téguments de l'animal soigneusement rasé. Un petit pansement maintenu en place est enlevé le cinquième jour et permet de constater que la tumeur a pris, sans aucune tendance au sphacèle, sans qu'il y ait la moindre suppuration ; le cancroïde humain fait partie intégrante des téguments de l'animal. Les jours suivants la tumeur devient mobile sur les parties profondes, puis elle diminue de plus en plus ; la portion néoplasique commence d'abord à desquammer, tandis que la peau saine environnante perd peu à peu de son étendue ; puis toute la tumeur présente bientôt un aspect lisse uni sans saillie, tandis que les bords, sur lesquels les poils de l'animal ont repoussé, se rapprochent peu à peu. Six semaines après l'opération, le cobaye ne présente plus sur le dos qu'une petite ligne

502 TRAUMATtSMES, INFECTIONS ET DIATHÈSES

blanche, nacrée, luisante, indolente et sur laquelle tout organe pileux fait défaut.

En regard de ces multiples tentatives sont les expériences de ceux qui prétendent ne pas avoir eu d'échec. Ce sont, après inoculation, des noyaux observés dans le poumon (Langenbeck) et dans le foie (Follin et Lebert, Cohn, Quinquaud) ; ce sont des greffes persistantes à l'endroit même où a été inséré le néoplasme (Goujon). Mais tous ces résultats dits positifs n*ont été soumis à aucun contrôle ; pas un seul examen histologique n'a été pratiqué pour préciser la structure de ces nouvelles tumeurs, ni pour rapprocher cette structure de celle du néoplasme inoculé. Que penser de la nature prétendue cancéreuse de lésions qui, suivies de gangrène totale d'un membre, laissent un moignon ulcéré, douloureux et induré, avec augmentation de volume des ganglions correspondants (Francotte et Rechter) *? des petits ilôts de dégénérescence (?) dans le rein et dans le foie obtenus avec une macération de tumeur du sein dans la glycérine, qui, d'autre part, occasionnait la mort des animaux au bout de trois mois, après quelques jours de dépérissement, sans qu'on ait trouvé aucune lésion d'ox*gane appréciable à l'œil nu (Mayet) ? Et l'auteur appelle cela de la cachexie cancéreuse !

Les essais de transmission du cancer de l'homme à l'homme sont célèbres. Alibert en fît sur lui et quatre de ses amis et échoua fort heureusement, Hahn (de Berlin), par deux fois, au cours d'une amputation de sein cancéreux, inséra sous la peau de l'opérée quelques parcelles de sa propre tumeur et chez chaque malade obtint un résultat positif. Bergmann fit la même tentative. Gomil a rapporté les expériences faites dans les mêmes conditions par un opérateur français que l'Académie de Médecine toute entière a réprouvées avec la plus grande énergie. Ces essais que l'on peut qualifier de criminels sont de plus parfaitement inutiles; nous avons vu que la clinique offre assez d'exemples de cancers greffés sur des cancéreux sans qu'il soit besoin de faire des expériences de ce genre sur des êtres humains. Mais ce ne sont toujours que des auto-inoculations.

Les greffes cancéreuses entre animaux de même espèce, & part un certain nombre d'insuccès (Jeannel, Doutrelepont, Lb-

BLANG^ Paul Bert, Senn, Rinne) ont, plus souvent que dans les essais cités plus haut, donné des résultats positifs. On a réussi sur les cobayes (Goujon), sur les chevaux (Klenkge), sur les rats (Hanau, Van Eiselsberg), sut les souris (Pfeipfer, Morau), sur les chiens (Merinsky, Wehr, Arloing, Gazin).

La reprise de ces greffes n'est pas un argument suffisant en faveur du parasitisme du cancer. Tous les jours les chirurgiens transplantent de Tépiderme, de Tos, du périoste, des tendons; les éléments anatomiques ont trouvé des conditions favorables pour continuer à vivre, et personne ne songe à les comparer à des parasites. Il faut donc chercher ailleurs; il faut trouver dans les tumeurs des microorganismes, microbes, bactéries ou autres êtres vivants, et certains sont convaincus par avance de cette idée (Harrisson Gripps, Nedopil, Butlin, Ledoux-Lebard, Paget). Dès 1872 Nepveu avait trouvé des microbes vulgaires dans certains néoplasmes, mais ne leur avait attribué aucun rôle pathogénique. Dès que la technique bactériologique fut sortie des premiers tâtonnements, tout le monde se mit au travail et chacun trouva son soit-disant microbe spécifique du cancer. Ge furent successivement des microcoques (Rappin), des bacilles (Scheurlen), des zooglées (Domingos Freire), des diplocoques (Schill) . Pendant quelque temps on voulut bien y croir (Franke, Perrin et Barnabei, Sanarelli, Koubassoff, Sanguirico, Bland- Sutton, Lewis Pilcher, John Hall, Manfredi); il semblait même que quelques-uns de ces microbes avaient livré jusqu'à leurs derniers secrets : l'inoculation des cultures obtenues donnait au cobaye un néoplasme encépholoïde, et l'on pouvait conférer aux animaux l'immunité contre le cancer à l'aide d'un virus atténué par le passage à travers l'organisme des oiseaux (Domingos Freire) 1 11 fallut en rabattre, les objections surgissaient de toutes parts (Guttmann, Ballange et Shattock, Fr^enkel, Lceffler). U fut bientôt démontré que le fameux bacille de Scheurlen n'était qu'un saprophyte vulgaire, le proteus vulgaris (Pfeiffer) ou le bacille de la pomme de terre (Ludwig, Baumgarten, Senger, Rosenthal, Makara). La théorie microbienne est actuellement jugée; la présence des bactéries dans les tumem^s malignes n'est que le résultat d'une infection secondaire ou d'une

504 TBAUHATISMES, INFECTIONS ET DIATUÈSKS

erreur de technique, Mais cela n'empêche pas de voir annoncer de temps en temps des parasites aussi bizarres de forme que de nom, comme le cladosporium canceromyces avec son aspect filamenteux essentiellement polymorphe (Vax Niessex), ou bien encore le rhopalocephalus [carcinomatosus avec sa forme de long et étroit ruban lui donnant l'apparence d'un tœnia solium

(KOROTXEFF) !

Après les bactéries, ce fut le tour des blastomycétes (Basse, San-Felice, Ron'cali, Kahane, Corselli et Prisco, Rosse, Doria RoBERTO, BiNAGHi, Mafflxci ct SiRLEO, AjEvoLi, Secchi) qu'on n'arriva pas davantage à cultiver, isoler ou inoculer aux animaux.

Dans la théorie de Cohnheim les tumeurs sont dues à la végétation exagérée de foyers primitifs détachés des feuillets enabryonnaires et égarés dans des points différents de l'organisme. Or les feuillets embryonnaires sont propres à tous les animaux métazoaires, c'est-à-dire polyceilulaires; il est tout naturel de penser que les invertébrés sont alors également propres au développement des tumeurs malignes analogues à celles de l'homme et des animaux supérieurs. Mais quoique les animaux inférieurs possèdent un ectoderme et un entoderme tout comme les vertébrés, on n'a jamais pu trouver chez eux rien qui ressemble à des tumeurs épithéliales. Parmi les si nombreuses maladies qui les atteignent, on rencontre beaucoup d'infections, jamais le cancer. Et cependant si, pour produire ce dernier, il ne faut qu'un fragment de feuillet embryonnaire égaré on ne comprend pas pourquoi les invertébrés seraient indemmes de pareilles productions (Metchnikoff) . Au contraire, chez eux toutes les tumeui's sont d'origine parasitaire. Pourquoi n'en serait-il pas ainsi chez l'homme? Si donc on ne trouve pas le parasite tant cherché parmi les bactéries, il y a lieu de tourner les investigations vers d'autres espèces de microorganismes producteurs de tumeurs chez les animaux qui nous entourent ; c'est le cas pour les coccidies.

Que sont donc ces coccidies ? Le coccidium oviforme, psorospermos oviforme existe dans certaines tumeurs du foie du lapin (ÏIathe) ; il appartient à la classe des psorospermies parasites des

poissons (Remak) confondues d'abord avec les grégarines (Leu- KART, RuTHELi), mais distinguées depuis en upe famille à part (Aimé Schneider, Balbiani, Blanchard). C'est une masse de protoplasma granuleux munie d'un noyau, qui vit dans l'intérieur d'une cellule épithéliale du lapin. Ovoïde, mesurant 30 à 40 a. de long sur 16 à 30 jx de large, elle s'entoure d'une coque à double contour, et cet encapsulement est le premier stade de son évolution parasitaire ; dans le second, le contenu protoplasmique s'amasse en forme de sphérule et se sépare de la paroi en se contractant de plus en plus; entourée de sa coque épaisse, la sphérule tombe dans la cavité intestinale d'où elle est expulsée.

La coccidiose du lapin ne se transmet pas par contagion : les animaux peuvent manger les nodules du foie impunément. Voilà donc un exemple de tumeur maligne non contagieuse; mais cette coccidiose est une infection miasmatique; les coccidies pour donner la maladie doivent subir une transformation déterminée en dehors de l'organisme. Dans un endroit humide et tempéré, dans l'eau stagnante, dans les herbes, elles se développent en douze à quinze jours de la façon suivante : dans la sphérule se produit une sporulation endogène; après division en quatre cellules, il y a formation de quatre spores munies d'une enveloppe résistante, qui d'abord sphériques, deviennent ensuite fusiformes ; dans chacune de ces navicelles, se constituent à chaque extrémité deux corps falciformes, réfringents, également fusiformes, qui se recourbent l'un vers l'autre par leui's extrémités ; la masse centrale séparant les deux corpuscules forme le noyau du reliquat (Schneider). Ce développement par sporulation tétragène et endogène est caractéristique du coccidium oviforme.

Avalées avec les aliments souillés, les coccidies sporifères pénètrent dans le tube digestif du lapin. L'enveloppe protège les embryons falciformes contre l'action du suc gastrique et ils. passent dans les cellules épithéliaJes de l'intestin et des canaux biliaires. Les jeunes coccidies, sous forme de petits corps ronds, s'introduisent dans le protoplasma des cellules épithéliales et s'y transforment en parasites ovales, ce qui est la forme adulte- Mais à côté de ce cycle de développement, il y en a un autre

TRAUUATISMES. 43

506 TRAUMATISMES, INFECTIONS ET DIATHÈSBS

découvert par Pfeiffer. Les corps ronds se dÎTisent en un grand nombre de segments, qui se transforment en stade de croissant dont la signification n'a pas encore été déterminée. 11 est probable que ces formes servent à propager l'infection dans l'organisme du lapin atteint de coccidiose. Elles servent à augmenter l'autoînfection tandis que les spores développées eh dehors de l'organisme jouent le rôle de véritable miasme (Metchnikoff) tout à fait comparable au parasite malarique de Laveran. Ce dernier a encore ceci de commun avec la coccidie qu'il se présente à l'état de petit corps sphérique et qu'il forme aussi des croissants; en outre il possède un stade amiboïde très répandu dans le monde des coccidies, mais qui n'a pas encore été trouvé dans la maladie parasitaire du lapin, et un stade flagellé très original, inconnu aussi chez le lapin il est vrai, mais qu'où trouve dans la coccidie de l'intestin de la salamandre (Metchnikoff).

Toujours est-il qu'une fois infecté, le lapin devient malade, maigrit, perd l'appétit et meurt huit à quinze jours après (Galloway). L'animal adulte est très rarement pris; ce sont surtout les jeunes au moment du sevrage. Le foie présente des nodules blanchâtres gros comme des pois, analogues à des tubercules chroniques encapsulés (Gallov^ay) ; ces poches sont distendues par un liquide purulent ou caséeux dans lequel nagent les cellules épithéliales qui renferment le parasite aux premières phases de son évolution; les conduits biliaires en sont également remplis. La coccidie produit successivement l'irritation des cellules épithéliales, lem* hypertrophie et la prolifération consécutive ; il y a aussi une irritation conjonctive ambiante. L'aspect des lésions rappelle l'adénome, et, ce n'est que plus tard que se trouvent les poches à détritus caséeux ou purulent, mais contenant les éléments psorospermiques toujours jeunes, toujours reconnaissables (Dausac). L'inoculation ne peut se faire ni par la voie sanguine, ni lymphatique, ni par la voie cutanée ; seul le tube digestif est le lieu de l'infection expérimentale (Galloway). Les inoculations, les greffes des éléments morbides contenant le parasite en pleine évolution, sont restées infructueuses ; mais ici encore le gavage avec les organes infectés a réussi (Galloway).

Telle est la façon de se comporter de la coeci die chez le . lapin : voyons maintenant à la suite de quelles recherches on a été amené à faire jouer à des parasites de la même espèce un rôle dans la pathogénie du cancer. H y a quarante ans que Gubler trouva dans de petites tumeurs du foie des corpuscules qu'il considéra comme des œufs de distome et qui étaient à peu près sûrement des coccidies. Des observations semblables furent faites plus tard (Virchow, Kjelbert, Eimer, Dressler, Grassi, Rivolta, Leuckart), et il est un certain nombre decirrhoses qui sont dues à la présence de ces parasites (Podwyssozky) ; on les a vu aussi dans le liquide pleurétique (Pitres et Kùnstler), dans le mucus des voies aériennes (Deighler), dans le sein (Lindeman), dans Tintestin (Raillet, Eimer, Lucet), dans un kyste muqueux de Turèthre (Bland-Sutton).

Puis les corpuscules du molluscum contagiosum, rangés d'abord dans le groupe des grégarines (Klebs, Bollinger), furent attribués aux coccidies (Neisser, Virchow). Malgré les objections de ceux qui en faisaient des cellules dégénérées (TÔRôK, et ToMMAsoLi, PiFFARD, CoRNiL et Ranvier), la théorie parasitaire se fortifiait de l'appui de l'expérimentation ; les lésions infectieuses d'origine manifestement psorospermiquc étaient reproduites par inoculation chez le poulet (Arloing et Tripier, Silvestrini et Rivolta).

C'est Pfeiffer qui, en 1888, parle le premier, dans un cas de carcinomie généralisée, de ces éléments qu'il rapproche des microsporidies décrites par Pasteur dans la maladie des vers à soie. Alors Darier trouve des coccidies dans une affection spéciale de la peau, la psorospermose folliculaire végétante et dans la maladie de Paget, Malassez et Albarran dans un épithélioma de la mâchoire. Les travaux de ce genre se succèdent ; les coccidies sont signalées dans le cancer de l'intestin, de l'estomac, du foie, du sein (Thoma, Nils Sjôbring, Siegenbeck, von Henkelom) ; leur présence est confirmée dans la maladie de Paget (WiGKHAM, Hutchinson, O'Neill, Vincent, Hache, Toison).

Une étude générale des psorospermies du cancer est fort difficile à présenter d'une manière exacte, parce que chaque histo- . logiste a donné une description différente de celle des autres.

Tous se bornent à des données morphologiques souvent variables et toujours incomplètes; aucun d'eux n'a pu suivre l'évolution du parasite dans toutes ses phases. On n'en peut donc faire qu'une analyse schématique moyenne, à la suite de laquelle il suffira de signaler les différents points de dissidence. Lorsqu'on examine des préparations fraîches de suc cancéreux, on voit dans l'intérieur du protoplasma de certaines cellules épithéliales des vacuoles entourées d'une membrane à double contour, et dans l'intérieur desquelles sont des corps qui ne ressemblent ni aux cellules endogènes, ni aux leucocytes, ni aux cellules dégénérées d'alentour. Ces corps contiennent invariablement un petit noyau entouré d'une couche de protoplasma homogène remplissant plus ou moins la vacuole. Très semblables aux jeunes stades de la coccidie du lapin, ils présentent plus tard une division karyokinétique totale, aboutissant à la production immédiate d'une nouvelle génération de parasites ; ou bien, au contraire, ils donnent des spores par mitose isolée du noyau et différenciation spéciale du protoplasma. Dans ce second stade, l'élément s'est enkysté, et, sous sa cuticule primitive plus ou moins épaisse, se poursuit le développement soit par maturation des spores, soit par karyokinèse et production de deux ou quatre générations de parasites. Les plus jeunes paraissent ainsi enrobés sous une, deux ou plusieurs enveloppes dans le même kyste. A ce moment le parasite a le plus souvent refoulé le noyau de la cellule cancéreuse aune des extrémités et baigne dans le protoplasma d'où il peut passer en dehors par rupture de la paroi (Le Dantec). Telle est à peu près l'apparence des sporozoaires dans le cancer, comme elle est comprise dans la plupart des recherches récentes (Soudakewitch, Rodwyssozki et Sawtchenko, Foa, Clarke, Burchardt, Ruffer et Walker, Plimmer, Adamkiewicz).

Sur un certain nombre de points de détail les avis diffèrent ; les uns trouvent aux sporozoaires des formes embryonnaires dans les cellules et des formes adultes en colonies siégeant tantôt dans les cellules, tantôt dans les espaces intercellulaires dilatés (PoDWYssozKi et Sawtchenko) ; les autres ont toujours vu ces parasites au nombre de un, deux ou trois à l'intérieur du

protoplasma de la cellule cancéreuse, mais jamais dans le nojau (RuFFER et Walker) ; d'autres les représentent comme des masses protoplasmiques rondes avec noyau et enveloppe capsulée, d'où partent des rayons qui vont vers le noyau (Plimmer) ; d'autres enfin les rapprochent plus des hématozoaires que des coccidies (Clarke).

Malgré ces petites divergences, les partisans de l'origine psorospermique du cancer constatent la présence de ces parasites dans presque tous les néoplasmes d'origine glandulaire, plus rarement dans les cancers dérivés des épithéliums de revêtement. On trouve les plus petits dans les parties périphériques de la tumeur et les parasites kystiques et sporigènes dans les parties centrales, les plus anciennes. Ils existent dans le foyer primitif et dans les noyaux secondaires les plus récents, ainsi que dans les ganglions envahis ; ils ne se trouvent point dans les foyers dégénérés (Foa). Vu leur grand nombre que l'on constate quelquefois dans une seule et même cellule, ils ne peuvent être pris pour des noyaux en état de dégénérescence.

Quel est leur développement ultérieur ? Ceci reste fort controversé. Certains prétendent qu'on peut suivre toutes leurs phases dans la cellule cancéreuse, depuis le petit corpuscule gros comme un nucléole jusqu'au kyste sporogène plus gros qu'un noyau ; puis ces spores sont transportées avec les nouvelles cellules infectées par la voie lymphatique dans les nodules secondaires (Foa). D'autres pensent que les stades absents que l'on ne trouve pas dans les tumeurs correspondent à une évolution extérieure à étudier en dehors de l'organisme malade, le cancer devant être rangé un jour au nombre des maladies miasmatiques (Metchnikoff).

En présence du parasite, les éléments anatomiques vont réagir. Nous savons que l'épithélium prolifère en raison directe de l'irritation appliquée en un point donné ; les durillons, les callosités en sont un exemple parnii les preuves multiples qu'il est facile d'observer chaque jour. De plus, cet épithélium accumulé est une barrière de défense à l'égard des particules physiques, chimiques ou animées, pour les microorganismes comme pour les poisons. Si les parasites produisent un poison quel-

conque, les cellules épithéliales avoîsinantes seront plus ou moins irritées par leurs sécrétions ; elles réagiront par prolifération, se grouperont autour de la cellule infectée ^t continueront à proliférer tant que la source d'irritation ne sera pas tarie. Mais grâce à l'augmentation du nombre des parasites dans les points nouveaux de la tumeur, la multiplication des cellules s'accentuera dans ces endroits ; la cellule épithéliale irritée détruit les éléments anatomiques les plus proches; puis elle tombe dans les lymphatiques ou les vaisseaux sanguins pour être arrêtée dans les ganglions ou les viscères voisins, et dans ce nouveau point la cellule cancéreuse fait une nouvelle tumeur du même genre que la première. Telle est l'hypothèse d'après laquelle on peut concevoir l'accroisseihent et la généralisation des néoplasmes.

Comme dans toutes les maladies infectieuses, les cellules amiboïdcs pénètrent à l'intérieur des cellules épithéliales et entoilent les parasites qui s'y trouvent. Ces cellules épithéliales elles-mêmes, une fois délivrées de leurs hôtes par la phagocytose, sont traitées en corps étrangers et détruites par les grands macrophages mono et multinucléaires qui se forment dans le voisinage (Ruffer). C'est exactement le même processus qui a été étudié dans la maladie coccidienne du lapin (Malassez, Pfeiffer). Le stroma du cancer est donc dû à la réaction phagocytaire de l'organisme contre l'envahissement des parasites cancéreux ; plus le cancer est dur, c'est-à-dire plus la réaction phagocytaire est marquée, d'autant moins grandes sont Tes chances de récidive ou de généralisation (Ruffer). Cette- ingénieuse interprétation expliquerait le mécanisme de la guérison des cancers atrophiques.

Les sporozoaires n'ont pu être cultivés sur les milieux artificiels et on n'a pu reproduire expérimentalement l'infection. Il en a été autrement avec des parasites appartenant à la classe des ascomycètes, ce qui nous amène à dire quelques mots des récents travaux de Chevalier et de Bra. Voici comment le premier décrit le parasite qu'il considère comme spécifique du cancer :

Une cellule cylindrique ou conidie mesure 6 [jl de long sur

2 fx de large ; elle devient multicellulaire, donne naissance à un mycélium plus ou moins abondant, simple ou ramifié avec des conidies endogènes. Certaines conidies unicellulaires au lieu de se diviser, grossissent, s'arrondissent et forment des sphérules réfringentes, jaune clair, mesurant de 12 |jl à 14 [i; plus tard elles présentent des spores endogènes qui s'échappent en un point variable de leur surface. Ces spores sont des corpuscules de 1 fx de diaïnètre, réfringents, de coloration rouge rubis, animés de mouvements browniens et enveloppés d'une matière gélatineuse. Ces spores restent unicellulaires et deviennent des sphérules ou bien sont bicellulaires et donnent naissance à des conidies.

Le sang, les frottis des divers organes chez les animaux morts après injection intraveineuse de ces parasites ont permis de retrouver le même champignon et de le cultiver. Sous la peau la culture donne lieu à un kyste rempli de détritus my cosignes qui se résorbent; mais dans un tiers des cas la paroi du kyste s'épaissit, comble la cavité centrale et forme en quatre ou cinq mois une tumeur irrégulière dure, compacte, de consistance fibro-carcinomateuse, contenant les parasites d'origine identiques à ceux des tumeurs chez l'homme. On peut constater des généralisations ganglionnaires et viscérales et la mort des animaux par une cachexie semblable à celle du cancer.

Les bouillons de culture du parasite injectés à petites doses pendant im certain temps amènent la mort avec des phénomènes cachectiques. De ces bouillons et du broyage des champignons on retire des albuminoïdes à action peu nette et une ptomaïne à action nerveuse prédominante.

Bra fait des cultures avec des fragments de cancer ou avec le sang des cancéreux et observe des sphérules réfringentes de couleur jaune vert clair, de 3 fx de diamètre environ, ayant tendance à s'agglomérer entre elles, constituées par une masse protoplasmique centrale et une membrane d'enveloppe, donnant naissance par voie endogène à des spores dont la sortie se fait sur tous points de la surface. Ces spores sont rouge rubis, de formes variables, résistent à la température humide de 100**

pendant une demi heure, ne perdent leur végetabilité ni par la dessication, ni par le séjour dans l'eau. Le champignon est aérobie, cultive bien dans le bouillon préparé avec la glande mammaire de la vache où il forme une mince membrane gris bknchâtre. Les injections de ces cultures faites à faible dose dans le tissu cellulaire ou les parenchymes des animaux donnent dans un tiers des cas des tumeurs ayant l'aspect microscopique type des fibro-sarcomes ; ces derniers sont parasités absolument comme les tumeurs fibro-sarcomateuses humaines. Dans d'autres circonstances les animaux meurent cachectiques sans trace de tumeurs, ou avec des lésions ulcéreuses de l'estomac, de la cirrhose hypertrophique, etc.

11 s'en faut que tout le monde accepte l'idée de parasitisme dans le cancer. Les adversaires de cette opinion comptent un grand nombre d'adeptes dans leurs rangs. Virchow, qui justement revendique l'honneur d'avoir attiré le premier l'attention sur la ressemblance des inclusions intracellulaires du molluscum contagiosum avec les sporospermies , est précisément le plus sceptique à leur endroit et se moque le plus agréablement du monde des chercheurs qui font « la chasse aux parasites cancéreux ». Presque tous voient dans les psorospermies des cellules en voie de dégénérescence ou en évolution spéciale. Il y a dans le mode de reproduction des cellules néoplasiques un trouble de processus karyokinétique qui donne lieu à la génération par endogénèse ; et ce sont précisément les jeunes cellules filles ainsi écloses dans les cellules mères qui ont été prises pour des formes parasitaires (Borrel, Cornil, Fabre-Domergue, Thin, Robert Boyce). Pour d'autres ce sont simplement des globules rouges (Sghutz), ou des aspects qui se rencontrent dans les tissus enflammés (Kiener), ou des figures qu'il faut identifier aux corpuscules de Hassal du thymus en dégénération (Pillet) ; de même les corps à fuchsine (Russel), considérés à tort comme des champignons du cancer, ne seraient aussi qu'une dégénérescence cellulaire (G azin, Letulle) . En somme et pour des raisons multiples, bon nombre d'auteurs se refusent à admettre l'existence de parasites dans les tumeurs malignes (Stroebe, RiBBERT, Sheridan, Delépine, DuPLAvet Gazin, Steinhaus, Welch,

HaUSEMANN, UnNA, HlAVA, PeTERSEN, NoEGGERATH, FRiENKEL,

TôRÔK, Brault, Bard, Waring).

S'en suit-il qu'il faut abandonner définitivement cette idée ? Et ne vaut-il pas mieux, en présence de tous les faits qui plaident en faveur de la similitude entre le cancer et les maladies infectieuses, soupçonner nos modes d'investigation incomplets, nos instruments de recherche impuissants ? On reproche à ceux qui y croient de ne pas avoir isolé le microorganisme, ni réfait avec lui toute la série d'expériences classiques de cultures et d'inoculations nécessaires pour prouver sa valeur pathogène (Brault, Kirmisson). C'est que les sporozoaires ou autres parasites des cancers ne semblent pas devoir être étudiés au moyen des procédés jusqu'alors en usage ; ce ne sont point des saprophytes comme la plupart des bactéries qui nous entourent.

A-t-on pu faire également des cultures avec les psalmodes de la malaria? et pourtant elles ont rencontré moins d'incrédules en leur spécificité. Et si chaque espèce de coccidie n'est capable de vivre que dans une espèce particulière de cellules d'une seule espèce animale (Metchnikoff), n'entrevoit-on pas les immenses difficultés qu'il peut y avoir à les reconnaître ? 11 faudrait chercher ce que deviennent les parasites en dehors de l'organisme malade, et l'étude des pièces durcies ne suffit pas à élucider ces délicates questions.

Ne niait-on pas la contagion de la tuberculose avant Villemin, celle de la lèpre avant Hansen ? Or il y a entre le cancer et les maladies infectieuses des analogies profondes qu'on ne saurait méconnaître. Histologiquement, l'évolution d'une tumeur au début correspond d'une manière frappante aux effets de l'irritation tels qu'ils nous apparaissent d'ordinaire dans les réactions cellulaires dues aux lésions microbiennes. On sait la grande ressemblance qui existe entre certains sarcomes et les tumeurs de l'actinomycose. Et quant aux foyers secondaires, ils ne se différencient des généralisations des maladies infectieuses que par leur prédilection pour certains organes ; cela ne saurait nous surprendre si on admet que la cellule cancéreuse, qui, en raison de son volume, s'arrête forcément au premier lacis vas-

culaîre un peu serré qu'elle rencontre, sert de véhicule exclusif au parasite (Castubil).

Cliniquement, la carcinose aiguë d'emblée, si voisine par ses traits symptomatiques de la tuberculose miliaire aiguë, est sans doute rare, mais a été constatée plusieurs fois, et on avouera qu'elle est difficile à expliquer avec une doctrine qui ne voit dans les généralisations cancéreuses que des greffes effectuées par des fragments migrateurs du tissu néoplasique (Kelsch). En somme le cancer est une maladie infectieuse chronique ; il ne présente, au point de vue anatomiq^e, qu'une lésion de plus, la lésion épîthéliale due à ce que l'agent infectieux est un parasite endocellulaire (Ruffer).

Cette idée du parasitisme des tumeurs malignes hante tellement les esprits, que ses adversaires même les plus convaincus augurent favorablement de la thérapeutique de l'avenir et sont pleins de confiance dans un traitement basé sur ce parasitisme même ; je veux dire celui qui utilise les microorganismes antagonistes ou leurs produits solubles d'une part et la sérothérapie de l'autre.

La clinique avait montré que la scarlatine, la fièvre typhoïde, surtout l'érysipèle, pouvaient avoir sur l'évolution des tumeurs une influence curative (Busgh, Mosengeil, Hahn, Lusanà, Stein, Nélaton, Pamard, Delkns, Dauchez, Biedert, Bruns, Neelsen) ; le streptocoque de l'érysipèle fut donc inoculé aux cancéreux (Fehleisen, Winslow, Gerster, Bull, Holst, Kleebatt, Powers et DowD, Hutchinson, Finney, Starr, Ehot, Morris, Goley) ; malgré quelques désastres et pas mal d'insuccès, il y a eu des guérisons vraies et durables, et elles ont leur prix, étant donné qu'il s'agissait toujours de récidives graves ou de tumeurs inopérables. Dès que les toxines microbiennes furent connues, elles se substituèrent aux cultures de streptocoques dont la virulence était essentiellement difficile à doser (Lassar, Spronck, Golev, Friedrich, Rocher, Emmerich et Scholl, Marmorek) ; les résultats furent aussi inconstants, mais quelques cures définitives, incontestables, méritent de ne point tomber dans l'oubli.

Récemment on a essayé pour le traitement du cancer l'emploi des toxines du streptocoque associées à celles du prodigioiuSt

Ce mélange produit parfois des phénomènes inquiétants chez l'homme, frisson, courbature, étourdissements, affoUement cardiaque, 41<^ (Friedrich), moins violents quand l'inoculation est sous-cutanée au lieu d'être intraveineuse (Gzerny) ; il semble avoir sur les sarcomes une influence indéniable, procédant par ramollissement, nécrose et élimination des parties envahies ; en revanche son influence est très médiocre sur les carcinomes (Czerny). Les sarcomes à cellules fusiformes sont parfaitement influencés, ceux des os se modifient moins nettement (Goley). Les toxines streptococciques doivent provenir de cultures fraîches, virulentes et leur puissance doit être accrue par l'addition des toxines du prodigiosus, même à très faible dose (2 à 3 décigrammes) ; il y a toujours fièvre, frissons et courbature. Tel est le bilan du traitement par les microbes antagonistes. 11 nous reste à exposer la sérothérapie proprement dite dérivant des néoplasmes eux-mêmes.

Tout comme les bactéries ordinaires les cellules cancéreuses sécrètent des substances toxiques. L'extirpation d'une tumeur améliore l'état général en supprimant cet empoisonnement. Les produits cancéreux broyés et délayés dans la glycérine déterminent de l'hyperthermie et des phénomènes d'empoisonnement chez les lapins auxquels on les injecte (Pfeiffer) ; cette substance agit sur le système nerveux et amène la mort par paralysie de l'encéphale ; l'ébullition, les antiseptiques lui enlèvent ses propriétés (Adamkiewicz). Dans le sang des cancéreux il se trouve une substance toxique, puisque le sérum en injections intra-cérébrales tue à la dose d'un quart de centimètre cube en donnant lieu à des convulsions (Mûller, Klemperer) ; la toxicité des urines est augmentée (Gautier et Hilt) et on en pourrait retirer un alcaloïde, la cancérine, dont l'injection souscutanée détermine la mort des animaux en quelques heures (Griffith). Les produits toxiques des cancers tuent après nécrose locale, dégénérescence de la moelle épinière avec prolifération secondaire de la névroglie (Lubarsch), myélite spasmodique et cachectisation profonde (Mayet). Ils possèdent les réactions principales des ptomaïnes (Boinet).

La connaissance de ces poisons devait faire songer par ana-

bl6 TRAUMATISMES^ INFECTIONS ET DIATHESES

logie à la présence dans le suc cancéreux de principes immunisants utilisables par la sérothérapie (Richet et Héricourt, Arloixg et Courmont). Avec le suc des tumeurs sarcomateuses ou carcinomateuses on fait à certains animaux, l'âne de préférence, des injections intraveineuses qui sont bien supportées ; à peine observe-t-on un peu de malaise et un peu d'élévation thermique. Avec le suc épithéliomateux, au contraire, on assiste parfois à des accidents très graves qui rappellent ceux occasionnés par les venins des serpents (Arloing et Courmont). Ces inoculations seront renouvelées de mois en mois pour maintenir les animaux en état de fournir du sérum.

L'animal est saigné et son sérum introduit dans la tumeur même donne une réaction très intense et pénible sans aucun résultat ; l'injection doit se faire dans les tissus sains et dans une région éloignée du mal. Ainsi pratiquée, elle détermine une certaine excitation, quelquefois des éruptions de forme ortiée, puis toute une série de phénomènes fort intéressants ; d'abord une réduction de volume de la tumeur portant sur la zone périphérique, et cela dans 40 p. 100 des cas; elle s'adresse également aux ganglions infectés. En même temps s'observent la cessation des douleurs, phénomène constant et précoce, la tendance à la cicatrisation réparatrice des plaies, l'action hémostatique très nette, l'amélioration franche de l'état général. Puis les progrès se ralentissent, les injections n'obtiennent plus d'effets. L'état stationnaire peut durer des mois avec alternatives d'améliorations et de rechutes. Enfin on perd du terrain ; de nouvelles ulcérations, de nouveaux noyaux cancéreux se montrent et la maladie reprend sa marche vers la cachexie finale. Quelque remarquable qu'ait été l'amélioration, jamais une véritable guérison n'a été observée (Beretta) ; toujours la récidive s'est produite entre quelques semaines et quelques mois ; parfois dans la période de .réparation on voit se manifester de nouveau l'action morbide ; on voit fondre un ganglion et à quelque distance un noyau dur apparaît.

En somme l'effet le plus constant étant de réduire le volumo des tumeurs, tout au moins à leur périphérie, il y aura tout avantage à faire usage de la sérothérapie dans certains cas :

op a vu des néoplasmes diffus, mal délimités, adhérents aux parties voisines et pour ces raisons déclarés inopérables, se trouver après les injections réduits de volume, isolés, mobilisés au point d'être devenus tout à fait justiciables d'une intervention jugée impraticable au premier abord (Abloing et Courmont). Quelle est cette propriété élective du sérum des animaux inoculés avec du suc cancéreux, propriété qui rappelle un peu les effets de la tuberculine sur certaines formes de phjmatose, le lupus par exemple ? Est-ce un produit cellulaire, est-ce un produit microbien ? Est-ce une toxine, est-ce un vaccin *? Pourquoi cesse-t-il d'agir après avoir donné de si belles espérances au début *? Ce sont autant de problèmes que l'avenir se chargera d'éclaircir et peut-être de résoudre.

L'INFECTION HYDATIQUE

Le taenia echinocoque est la plus petite espèce de cestodes connue. 11 mesure quatre millimètres de long au plus, se compose de quatre ou cinq segments y compris la tête; celle-ci large de 0,3 millimètre, cylindroconique surmonte un cou très court et est terminée par un rostre pointu bordé à sa base d'une double couronne de crochets remarquables par leur puissance chez l'adulte. Ces crochets sont au nombre de quatorze à vingtcinq par rangée (Lkuckart) ; en arrière de la couronne qu'ils forment, au pourtour de la partie saillante de la têle sont quatre ventouses. Le corps comprend en général trois segments; le premier est aussi long que large, le second, deux fois plus long, porte les organes sexuels hermaphrodites, le troisième contient des œufs, cinq cents environ, dont la coque dure abrite l'embryon hexacanthe. Ce segment est caduc et quand il tombç il se dessine près du cou les premiers linéaments d'un nouvel article. L'anneau mûr continue à croître dans les liquides intestinaux jusqu'au moment où il est évacué avec les fèces. Ce sont les seuls éléments que l'on trouve dans les déjections du chien, car le tsenia grâce à ses crochets et ses ventouses se fixe solidement à la muqueuse de l'intestin grêle et ne l'abandonne pas facile-

TRAUUATISMSS. 44

ipent. En somme ce parasite est assez rare chez le chien, mais quand il existe, il peut se trouver par centaines, par milliers (Ghauveau, Blanchard) ; dans ce cas il détermine une entérite aiguë et une diarrhée fort abondante qui joue un grand rôle V dans la dissémination des œufs.

Ces œufs sont ingérés par Thomme, ordinairement avec des légumes souillés par les déjections d'un chien infecté. Dans l'estomac ils ne tardent pas à être débarrassés de leurs coques grâce à l'action du suc gastrique (Leuckart). L'emT[)ryon hexacanthe, de forme ovoïde, mesurant de 20 à 25 [jl de long, muni de plusieurs paires de crochets, perfore la muqueuse gastrique ou l'intestin et pénètre dans le péritoine dû il peut s'enkyster. Plus habituellement il s'introduit dans un rameau d'origine de la veine porte et se trouve transporté par le courant sanguin.

Le premier organe qu'il rencontre sur son passage est le foie ; le fin réseau porte l'arrête et il se fixe : ce fait explique l'extrême fréquence des kystes hydatiques du foie. S'il franchit les capillaires, il arrive par la veine cave, le cœur droit et l'artère pulmonaire dans le poumon, second siège d'élection des kystes ; s'il peut passer le défilé des capillaires pulmonaires il se trouve lancé dans la circulation artérielle générale et aboutit finalement dans les os, les muscles, le tissu cellulaire, etc. Le traumatisme semble contribuer à sa localisation (Boncour, Danlos, Marquet, Bertelé, Gros). Lorsqu'on injecte dans les veines de l'eau salée chargée de vésicules hydatiques très petites, et que l'on fait aux animaux des traumatismes divers, on retrouve les microbes au niveau des régions contusionnées (Klencke).

Au bout de quatre semaines, dans le foie par exemple, on observe sous la séreuse des petits nodules d'un millimètre de diamètre formés d'une enveloppe connective et d'un corps vésiculeux, l'hydatide (Leuckart). Celle-ci comprend une capsule homogène, anhiste, élastique, circonscrivant un contenu granuleux. Au bout de deux mois ces masses pleines sont devenues des sphères creuses remplies d'un liquide absolument clair et limpide ; la masse granuleuse repoussée à la périphérie y forme une membrane germinale, fertile; la capsule s'épaissit par adjonction de couches superposées. Au bout de cinq mois l'hyda-

lide est grosse comme une noix.: le liquide qu'elle contient est d'une transparence et d'une limpidité parfaites; sa réaction est neutre ; il contient du glucose (G. Bernard), de la tyrosine. Les propriétés toxiques de ce liquide sont bien démontrées (Gautier) ; elles expliqueraient les phénomènes d'intoxication générale, urticaire, péritonites, observés chez certains porteurs de kystes et les accidents sérieux arrivés à. des médecins pour avoir manipulé des pièces d'autopsie (Achard) ; on en aurait extrait uiïfe ptomaïne d'une grande activité (Viron, Boisset et Ghazoultère).

Lorsque l'hydatide ou vésicule mère a suffisamment grandi, le bourgeonnement céphalique apparaît; l'hjdatide produit des centaines, des milliers de têtes par le mécanisme suivant : à la face interne de la membrane germinale se forment des papilles qui se creusent en cavités ; ce sont les vésicules proligères. Sur celles-ci on voit apparaître un épaississement en forme de disque qui fait saillie en dehors de la vésicule et qui en dedans ne tarde pas à prendre la forme caractéristique des têtes de cestode avec un rostre, quatre ventouses et une soixantaine de crochets. A ce moment les hydatides ont parcouru toutes lés phases de leur développement ; si elles étaient absorbées par un chien, les échinocoques trouveraient l'occasion de se transformer en tsenia adulte et rubané.

Les hydatides ont encore un autre mode de reproduction, par la formation de vésicules filles secondaires qui tombent en dehors de la vésicule mère } c'est le mode de bourgeonnement exogène, qui ne s'observe guère chez l'homme que dans l'épiploon et les os. Dans le bourgeonnement endogène, les vésicules filles tombent à l'intérieur de la vésicule mère qu'elles distendent au point de la rendre méconnaissable. En se développant dans les tissus la tumeur s'entoure d'une capsule conjonctive, le kyste adventice. Souvent le contenu subit des altérations régressives qui rendent la production parasitaire inoffensive. Mais il n'en est pas de même dans la variété exogène : de la surface externe de la vésicule mère se détache une foule de vésicules filles, produisant à leur tour des vésicules petites-filles, d'où il résulte un semis d'hydatides dont le nombre s'accroît constamment.

Page 1