‹ Traumatismes, infections et diathèsesChapitre 7 sur 38 · PLAIES PAR INSTRUMENTS PIQUANTS · texte numérisé non relu

PLAIES PAR INSTRUMENTS PIQUANTS

Les piqûres sont des plaies étroites et profondes produites par des pointes acérées dont l'énumération ne saurait nous attarder. Elles sont simples quand elles sont dues à des instruments de petit volume, compliquées de coupure quand l'agent vulnérant est en même temps tranchant, de contusion quand il est rugueux et irrégulier. Le foyer traumatique a la forme d'un canal s' étendant plus ou moins loin dans la profondeur des tissus, se terminant en général en cul-de-sac, par exception dans une cavité séreuse ou viscérale. Les parties lésées sont peu étendues ; la zone stupéfiée fait défaut ; un certain nombre d'organes sont plus souvent déplacés que perforés ou rompus ; en général l'instrument se brise sur le tissu osseux.

Aussitôt l'instrument vulnérant retiré, les tissus grâce à leur élasticité reviennent sur eux-mêmes. Souvent les téguments n'accusent qu'une fente ecchymotique marquée seulement par l'infiltration qui la borde. La piqûre est peu douloureuse à moins qu'elle n'ait intéressé un nerf. L'écoulement sanguin est en général très peu abondant, et, lorsqu'il s'agit de la piqûre d'un vaisseau de calibre important, l'hémorragie peut parfois ne se révéler que tardivement par un anévrysme consécutif. Il

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est aussi des régions spéciales où la piqûre peut s'accompagner d'emphysème traumatique.

La guérison se fait ordinairement par réunion immédiate, le foyer traumatique n*est pas exposé aux contacts extérieurs; l'infection suivie d'abcès est moins habituelle. Le diagnostic est le plus souvent basé sur les commémoratifs ; il est parfois difficile à établir avec précision; le cathétérisme du trajet qui donnerait des renseignements exacts n'est à conseiller que lorsqu'on soupçonne la présence d'un corps étranger. En général les piqûres n'ont pas de gravité, deviennent très vite, par la réunion des téguments, des lésions sous-cutanées dont elles partagent la bénignité. Mais en revanche, si l'agent vulnérant à joué le rôle de vecteur de substances septiques, les accidents les plus sérieux peuvent survenir; et ils le sont d'autant plus- que le foyer d'inoculation est très profond, masqué par les couches superficielles ayant échappé à l'infection.

Lorsque la piqûre est simple, étroite, nette, il suffit d'en pratiquer l'occlusion après avoir désinfecté l'orifice. L'hémorragie, la blessure des troncs nerveux, l'ouverture d'une séreuse comportent des indications que l'on trouvera exposées et discutées dans les volumes de la Bibliothèque de chirurgie contemporaine traitant la question à un point de vue plus particulier. Si par contre le foyer est infecté, le débridement, les contre-ouvertures, le drainage seront nécessaires.

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