PLAIES COMPLEXES PLAIES CONTUSES
Les plaies contuses sont produites par un mécanisme tout à fait analogue à celui de la contusion simple. Mais tandis que dans celle-ci la désorganisation des tissus est sous la peau qui, grâce à son élasticité, est restée indemne et protège le foyer traumatique, dans les plaies contuses il y a en même temps rupture des téguments, et le foyer est exposé à toutes les infections ; celles-ci même ont bien plus de prise sur des tissus désor-
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ganisés, broyés, infiltrés de sang que sur ceux qui limitent les plaies simples.
Tous les corps contondants animés d'une certaine vitesse, le passage des roues de voiture, les machines industrielles peuvent être l'origine de plaies contuses dont la gravité va du traumatisme le plus insignifiant jusqu'au broiement complet d'un membre. Les plaies par morsures et par armes à feu sont aussi des plaies contuses, mais à caractères tellement spéciaux que nous ïes envisagerons dans des paragraphes particuliers.
Le premier degré est représenté par l'écorchure on Texcoriation qui n'intéresse que les couches superficielles du derme. Elle est suivie d'un léger suintement sanguin puis séreux, s'accompagne au début d'une douleur en rapport avec la richesse de la région en extrémités nerveuses, plus tard d'une démangeaison variable . Sous la ci:oùte formée par la dessiccation des liquides exsudés se reforme un épiderme neuf, et en quelques jours cette petite lésion est guérie, si elle n'est pas infectée.
La plaie contuse proprement dite montre les lèvres de la solution de continuité meurtries, ecchymotiques, infiltrées, ou même, dans les cas graves, pâles, décolorées et destinées au sphacèle. L'écartement de ces tissus stupéfiés est nul, sauf dans le cas de pertes de substance où des lambeaux plus ou moins détachés recouvrent les désordres profonds. Le foyer traumatique n'a pas de limites précises ; les ruptures des vaisseaux, origine soit de sufTusions sanguines, soit de collections fluctuantes, les décollements, les amas de tissus broyés peuvent s'étendre bien plus loin qu'un premier examen ne porterait à le faire croire.
L'hémorragie est faible parce que les vaisseaux déchirés, contus ont rétracté leurs tuniques et parce que le choc traumatique a affaibli ou suspendu momentanément l'action cardiaque. lia douleur est d'autant moindre que l'attrition des parties est plus intense. Des fractures, des plaies articulaires ou viscérales peuvent s'ajouter et compliquer le sombre tableau des plaies contuses importantes.
Il est certain que l'évolution de ce genre de traumatisme est à prévoir comme devant être fort irrégulière et nullement com-
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parable à celle des lésions que nous avons examinées jusqu'alors. Abstraction faite de quelques-unes de minime importance et qui guérissent simplement, la plupart s'accompagnent de mortification des bords de la plaie, conséquence inéluctable de la suppression des circulations sanguines et lymphatiques et de l'innervation. Rarement les escarres se dessèchent et la guérison s'effectue par cicatrisation sous-crustacée. D'ordinaire le tissu sphacélé, infecté par les germes introduits lors du traumatisme, se liquéfie, se détache, tandis qu'une accumulation d'éléments embryonnaires avec néoformations vasculaires constitue une couche de bourgeons charnus, à la fois tissu de réparation destiné à combler le vide et barrière de défense contre les agents infectieux. Le temps nécessaire à ce travail est variable : il dépend de la nature des tissus ; les aponévroses, les tendons mortifiés se détachent toujours fort tard ; il dépend de l'état constitutionnel du sujet ; nous aurons à y revenir.
Les phénomènes généraux sont sous la dépendance des inoculations microbiennes et ne pourront être étudiés avec fruit que lorsque nous aurons passé en revue les microorganismes qui les provoquent. Ce sont en effet les plaies contuses qui fournissent le terrain le mieux préparé pour toutes les septicémies, la gangrène gazeuse, l'érysipèle, le tétanos, etc.
Le diagnostic est en général facile : il suffit d'être prévenu qu'une chute sur l'arcade orbitaire, sur le bord libre de la mâchoire inférieure, sur l'olécràne, sur la crête du tibia peut donner lieu à une plaie qui paraît produite par un instrument tranchant. Le seul point délicat à déterminer dans le cas d'une plaie contuse d'une certaine gravité, c'est l'appréciation de l'étendue des lésions et des limites où se fera la séparation des tissus mortifiés.
La première indication thérapeutique est toujours l'antisepsie de la plaie. Tous les corps étrangers, tous les lambeaux flottants incapables de reprendre vie devront soigneusement être enlevés et la désinfection portera surtout sur les clapiers profonds et anfractueux. La réunion ne saurait être tentée et le drainage sera souvent nécessaire.