CONSIDÉRATIONS ANATOMIQUES
Le lobe inférieur droit ou gauche est en réalité postéro-inférieur; si sa base se moule sur la coupole diaphragmatique, son sommet remonte très haut en arrière du hile, en général jusqu’au niveau de l’arc latérovertébral de la 4e côte.
On peut lui considérer deux parties : l’une postérieure et l’autre antéro-inférieure. La partie postérieure, s'étendant du sommet du lobe au diaphragme, occupe entièrement la gouttière profonde formée par les corps vertébraux et les arcs costaux postérieurs; il y a là une grande quantité de parenchyme pulmonaire comblant toute la région rétro-hilaire et sus-diaphragmatique postérieure; son rapport essentiel se fait avec les arcs costaux postérieurs qui forment l’armature solide de la région, qui en arrière marquent souvent leur empreinte sur la face postérieure du lobe et en dedans s’insinuent loin en avant sur les faces latérales des vertèbres jusqu'aux articulations costo-vertébrales (la pratique de la désarticulation costo-vertébrale décrite par A. Maurer a bien mis en évidence dans les thoracoplasties l'importance de ce segment costal). La partie antéro-inférieure du lobe est beaucoup moins étendue; elle est formée par une lame de parenchyme s’icsinuant sous le hile, le débordant en avant et se moulant sur la convexité du cœur. Il est donc à pré-
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voir que les cavernes tuberculeuses se développeront surtout dans la partie postérieure du lobe, là où 11 y a le plus de parenchyme, en avant des arcs costaux postérieurs et sur les faces latérales des vertèbres.
L'étude de coupes anatomiques du thorax, telles celles publiées par MM. Hovelacque, O. Monod et H. Evrard dans leur atlas de Treize Coupes horizontales du thorax, est fort démonstrative quant à la répartition du parenchyme dans le lobe inférieur. Notons tout d’abord qu’une coupe passant par la partie supérieure de la IVe vertèbre dorsale intéresse déjà le lobe inférieur gauche. Sur les coupes passant par le hile, le lobe inférieur à déjà acquis une large étendue aussi bien dans le sens transversal que dans le sens antéro-postérieur des ulcérations de gros volume sont susceptibles de s'y développer; mais les organes du hile restent groupés et on ne voit guère la possibilité qu'une caverne même petite s’y développe. Au-dessous du hile les coupes intéressent les ramifications des organes bronchovasculaires destinés au lobe inférieur et le lobe s'étend beaucoup plus en avant, sur les faces latérales du myocarde; mais c’est toujours en arrière, dans la gouttière costo-vertébrale, qu'il existe du parenchyme en quantité abondante et homogène et que des ulcérations peuvent s’y développer et acquérir un gros volume; la plupart des organes broncho-vasculaires restent groupés dans un plan frontal qui demeure celui du hile et en cette région une ulcération ne pourrait être qu'externe et sous-pleurale; quant à la lame de parenchyme qui déborde le hile en avant, elle a une bien moins grande étendue que le parenchyme de la gouttière costovertébrale.
Donc, qu'on considère la morphologie du lobe inférieur ou des coupes horizontales, on constate qu'il existe