‹ Travail et salaireChapitre 4 sur 11 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

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J’ai dit qu’on devait faire varier le salaire du journalier avec le prix des grains, et que ce salaire devait représenter une certaine quantité de kilogrammes de pain : toutes les rétributions peuvent être appréciées et fixées de la même manière.

J’ai fait, à cet égard, des recherches historiques qui, peut-être, ne sont pas sans intérêt. Mon but

est de présenter , sous le règne de chacun de nos rois, le rapport qui s’est trouvé, entre le prix delà livre de pain et les salaires, gages, soldes et appointements, que recevaient les travailleurs de tous les rangs.

Mon travail s’étend du commencement du treizième siècle à la mort de Louis XJV ; on ne doit pas s'inquiéter du rapport des monnaies entre elles et des variations que leur valeur réelle a subies; elle ne figurent ici que sous des noms qui n’ont jamais changé : je n’ai cité que des évaluations faites en livres, sols et deniers parisis ou tournois : les choses, la main-dœuvre et le travail, seront donc appréciés avec les mêmes ternies, et l’on arrivera facilement à savoir combien de livres de pain ou de blé gagnait le journalier ou le maréchal de France.

Je n’ai pu donner le prix de la livre de pain aussi souvent que je l’aurais voulu ; j’y ai suppléé en faisant connaître, autant que possible, le prix des grains.

J’ai cherché aussi à préciser la valeur des aliments et de tous les objets nécessaires à la vie , et ce à deux fins : je fais connaître ainsi , et ce que l’on pouvait acheter pour le salaire reçu, et le prix quele travailleur demandait en échange de ce qu’il avait produit.

Je me suis occupé du connétable et du soldat,

du grand seigneur et du valet, du magistral et de l’ouvrier. J’ai consulté les archives de Reims et d’Etampes , des collections particulières de titres historiques, le traité de police de Lamarc, les ouvrages qui ont parlé des variations des monnaies, dans leur poids, leur titre et leurs noms, le coutumier général de France, et des commentaires sur quelques-unes de nos coutumes, les grands-officiers, de la couronne et divers traités de généalogie , Denisart et le nouveau Denisart , la collection des lois antérieures à la Révolution par Isambert , des recueill d’arrêts et de jurisprudence , et d’autres ouvrages historiques.

Malgré mes recherches, je ne peux me dispenser de reconnaître tout ce que mon travail a d’incomplet : un autre fera mieux.

Je ne suis occupé que d’une seule mesure de capacité pour les grains; c’est le prix du setier que j’ai donné toutes les fois que cela m’a été possible.

Sa capacité variait avec les localités; j’ai réuni à cet égard quelques notes qui peuvent utilement précéder ce qui va suivre.

Le setier de beau blé à Paris pesait 240 livres.

11 était le douzième du muid et contenait 2 mines ou 4 minots, en 12 boisseaux ou 192 litrons. Il égalait 156 litres, mesures décimales;

la livre de froment représente 650 millilitres.

En 1673, 1674, 1679, on constata que le setier de blé pesait à Soissons 80 livres, à Amiens 57 livres, 76 livres à La Fère, 84 livres 1|2 à Noyon.

En 1722, le setier de blé pesait à Riom 220 livres.

En 1679, le setier de Paris contenait 13 boisseaux l|2de Châlons.

Le setier de Paris contenait 13 boisseaux 1|2 de Châlons, et 14 1;2 de Yitry.

Le setier de Paris contenait 7 bichels de Sens.

En 1679, le setier de blé pesait à Brie-Comle- Robert 220 livres, 242 à Dampmartin , 200 livres à Coulomraiers , 200 livres à Meaux, 120 livres à Châteaudun; à Chartres, 14 setiers faisaient le muid de Paris.

Le setier de blé pesait 63 livres à Chauny , 176 à Milly, 210 livres à Rozoy, 225 livres à Chaulnie, 200 livres à Meaux et à Lizy.

A Tournon, le setier était un peu plus petit qu’à Paris.

12 setiers de Chevreuse valaient 13 setiers et une mine de Paris.

Le setier de Paris contenait 6 boisseaux de Nogent, ou 8 boisseaux de Bray.

Le setier de blé à Nangis contenait 8 biehets de 30 livres chacun.

A Provins , le setier de blé contenait 10 boisseaux de 24 livres chacun.

Le setier de blé à Troyes pesait 240 livres.

Le setier de blé en Bourbonnais pesait 320 livres, celui de seigle 290 livres, celui d’orge 224 livres. Le setier contenait 16 boisseaux. Le setier d e blé en Berry pesait 240 livres.

Le setier de blé du Grand-Perche contenait 4 boisseaux et pesait 240 livres.

Au Comle-de-Perche , le setier de blé contenait 8 boisseaux ; il y en avait 12 au setier d’avoine.

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