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L'ASSISTANCE OBLIGATOIRE

membres de cette Chambre de dire que des raisons financières les empêchent de voter la loi. {Applaudissements à gauche et à t extrême gauche.)

Qu'il me soit permis de répondre à M. Aynard que cette parole, ce n'est pas M. le ministre des Finances seul qui pourrait la dire; lorsqu'une question dé celle gravité se pose devant le Parlement, c'est le Gouvernement qui doit répondre, et j'ajoute : c'est le Gouvernement qui a répondu. Nous avons demandé à M. le président du Conseil l'avis du Gouvernement, et, naturellement, les deux qneslions qui se posaient devant le Gouvernement sont les deux questions qui se sont posées devant la Commission et qui se posent devant la Chambre.

Ce sont les suivantes :

D'abord, est-il temps que la Hépublique réalise la promesse que, depuis si longtemps, elle a faite à ce pays de créer enfin une assistance publique digne de ce nom? [Applaudissements à gauche et à V extrême gauche.)

En second lieu, l'état des finances de la République lui permet-il d'entreprendre cette œuvre?

Celle double question, nous l'avons posé,e au Gouvernement; il y a répondu, et, s'il nous avait dit ou qu'il ne croyait pas l'heure venue d'entreprendre cette œuvre, ou que l'état des finances de la République ne permettait pas qu'on y songeât, nous nous serions abstenus, car

nous n'avons jamais pensé qu'une commission dût apporter à la Chambre une œuvre de cette importance sans être appuyée par le Gouvernement. C'est avec le Gouvernement, d'accord avec lui sur tous les points, que nous sommes venus devant vous.

La Chambre sait aujourd'hui la double réponse qui a été- faite à cette double question. Elle tient dans ce fait que Je projet en discussion a été délibéré et arrêté, de la première à la dernière ligne, d'accord entre la Commission et le Gouvernement.

Mais j'entends bien, messieurs, que c'est une œuvre profonde ei nouvelle que celle que vous allez faire, et qu'au moment où vous touchez à la fin et où vous allez, pour la première fois, inscrire dans notre législation républicaine ce droit de créance que personne n'a osé critiquer, mais à propos duquel M. Aynard, tout à l'heure encore, à cette tribune, marquait si nettement l'émotion qu'il lui inspire, j'entends bien qu'au moment où vous allez faire ce début d'évolution qui est presque une révolution (Très bien! très bien! à gauche et à rexlrême gauche)^ vous soulevez en effet et des craintes très légitimes et des résistances trop explicables. C'est à vous de dire si ces craintes vont vous arrêter et si vous allez capituler devant ces résistances. [Applaudissements à gauche et à r extrême gauche,)

Il faut le dire nettement sans s'abriter der-

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rière des scrupules qui ne sont que des prétextes.

Vous avez jusqu'à présent reconnu, inscrit dans la loi ce devoir nouveau du pays républicain. Allez- vous reculer, après avoir, depuis tant d« séances, avec tant de conscience et de soin, travaillé à mettre debout celte œuvre qui n'est pas une improvisation? En effet, — laissezmoi le dire en passant, — Toeuvre que nous vous apportons n'est l'œuvre d'aucune des fractions du parti républicain, elle est l'œuvre du -Parti républicain tout entier, car toutes les fractions de ce parti y ont successivement collaboré. [Très bien! très bien! à gauche,)

Ce n'esi pas, comme on l'a écrit par mégarde, une improvisation hâtive. Elle a été étudiée depuis 1888 : elle ne l'a pas été seulement dans des Commissions de la Chambre; elle Ta été par r Administration. Elle l'a été par le Conseil supérieur de TAssistance publique; elle l'a été par le Conseil d'Etat.

Toutes les rédactions que nous vous apportons, y compris les modificationsde l'article 18, ont été élaborées d'accord avec le Gouvernement et, sur certains points, sur Tinitiative du Gouvernement. Vous pouvez donc, sans inquiétude, en sachant ce que vous faites, voter l'œuvre que nous vous apportons, et qui est à coup sûr une des œuvres les plus considérables que la troisième République ait encore accomplies. [Applaudissements à gauche,)

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Mais je vous en supplie, n'abaissons pas cette discussion à des prétextes; ne dissimulons pas nos véritables positions. Nous voulons, quant à nous, d'une volonté que rien n'arrêtera, fonder dans ce pays le droit à la vie pour tous les citoyens. [Applaudissements à gauche et à r extrême gauche,)

Nous voulons que les infirmes, les incurables et les vieillards trouvent auprès de la nation, que ce soit sous la forme de l'Etat, du département ou de la commune, le payement de la dette à laquelle leur existence seule leur donne droit. Nous le voulons et nous le 'mettons dans la loi. Si vous le voulez avec nous, dites-le; si vous ne le voulez pas, si vous croyez que nous allons trop vite ou trop loin, dites-le également; mais n'abritez pas votre refus derrière une question de finances qui n'est qu'un prétexie. {Vifs appl nidissemenls à gauche et à V extrême gauche.)

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