XVI INTRODUCTION DE L'ANNOTATEUR
grandes grèves du- Creuset et 4^ Montceaules-Mines, qui semblaient puiser dans les circonstances politiques du moment une âpreté particulière, imposaient au ministère Waldeck- Rousseau de lourdes et subites responsabilités. Le président du Conseil, à qui M. Millerand 'apporta, dans ces circonstances difficiles, une aide particulièrement efficace, parvint cependant à résoudre le conflit, en sauvegardant à la fois, malgré les^ violences, les intérêts des travailleurs et les droits de Findustrie.
On associe depuis quelque temps en France le nom de M. Millerand à ces retraites ouvrières dont l'ancien ministre du Commerce fût, en effet, le meilleur artisan. II n est point de notoriété politique plus précieuse que celle qui peut évoquer ainsi de tels titres. Dans ce sens, d'ailleurs, M. Millerand s'est acquis bien d'autres droitsà la reconnaissance de la démocratie ouvrière. Rappellerons-nous qu'en 1900, ministre du Commerce, il obtint du Parlement le vote de la loi qui ramenait à dix heures la journée de travail. L'événement eut un retentissement considérable, qu'explique assez l'amélioration générale qu'il introduisait soudain dans les conditions de la
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vie ouvrière. Le ministre suivit de près, à la grande satisfaction des travailleurs, la mise en application progressive de la réforme, et sut tout le territoire, aujourd'hui, on applique cette loi Millerand.
N'est-ce pas ^aussi à M. Millerand, alors président de la Commission d'assurance el de prévoyance sociales, qu'on doit en grande partie le vole de cette loi sur l'assistance aux vieillards el aux infirmes dont M. Dubosl, président du Sénat, a pu dire a qu'elle n'avait encore son équivalent nulle part ». Mais c'est plus particulièrement, semble-t-il, dans les transformations apportées ou proposées à la charte du travail qu'il y a lieu de noter les initiatives heureuses de M. Millerand. Faut-il citer, pour mémoire, les projets ou propositions de loi, élaborés et défendus par ses soins, étendant la capacité des syndicats, créant des caisses de chômage, organisant à l'usine la collectivité ouvrière, réglant à l'amiable et par l'arbitrage obligatoire les différends relatifs aux conditions du travail. Certains décrets rendus en 1899 par M. Millerand, ministre du Comirierce, sont d'autre part justement notoires; ils assurent dans les