‹ Travail et travailleursChapitre 6 sur 34 · XVIII INTRODUCTION DE L'ANNOTATEUR · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION DE L'ANNOTATEUR

marchés passés au nom de TÉtat un maximum de garanties aux ouvriers, une égalité de droits aux associations ouvrières et aux syndicats patronaux. C'est. l'État qui donne ainsi Texemple. D'autres décrets, jugés en leur temps fort audacieux, ont créé dans notre législation ouvrière des organes nouveaux destinés à accroître pacifiquement en puissance et en capacité le droit syndical. C'est à M. Millerand. qu'on doit, en effet, l'établissement des Conseils du Travail ; c'est à lui surtout que revient l'honneur d'avoir réorganisé, dans un esprit de haute sagesse, le Conseil supérieur du Travail, où les représentants des syndicats ouvriers et patronaux se concertent directement, en vue d'améliorer, sans porter atteinte à la production, la réglementation du travail.

Bien d'autres initiatives vaudraient d'être rappelées qui feraient apprécier la part qu'a prise M. Millerand aux grands projets d'intérêt général. On retrouvera d'ailleurs dans ce livre quelques-uns des discours consacrés à notre marine, à nos travaux publics, à d'autres questions vitales. L'ampleur de vues qui s'y découvre caractérise assez les préoccupations

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constantes de M. Millerand pour qu'il soit superflu d'y insister. Il nous aura donc suffi de donper à grands traits, en ces quelques pages, les lignes générales de l'œuvre de l'ancien ministre du cabinet Waldeck-Rousseau.

C'est aux résultats que doit se mesurer l'effort. Ici l'effort accompli fut exceptionnellement fécond et novateur. 11 a triomphé des résislances qu'on oppose non pas aux discours, mais aux idées qu'on fait passer de la puissance à l'acte. C'est que l'œuvre de M. Millerand n'est point une suite d'intentions exprimées, mais un enchaînement de faits, de réalisations. Voilà ce qui la distrague el la rehauss^e. Toute de logique, de volonté et de raison, elle sert mieux qu'aUcune autre la cause du progrès sqcial, celle des travailleurs et du pays. C'est un bel exemple de ce que peut une énergie quand el|e s'appuie sur un caractère.

HOMMA&E À WALDECK-ROUSSEAU

Paris, 24 Mars 1905.

Les amis personnels et politiques de Waldeck- Rousseau eurent la pensée de se rencontrer périodiquement, en une réunion amicale où la mémoire de Tami et du maître regretté serait évoquée.

Le premier dîner, qui eut lieu le 24 mars 1905, fut présidé par M. Mîllerand. Voici rallociyliàBi <fu'il y prononça :

J'ai appris à la fois que, sur Tinitiative de M. Marcel Fournier, quelques disciples et amis de Waldeck-Rousseau avaient décidé d'insti(AiGr sous son nom une réunion périodique, et q|i'ils m'avaient fait le grand honneur de peit|er à'inipi pour prfeider la première.

Beaucoup d'entre vous ont eu le bonheur, que je leur envie, d'entrer plus tôt que moi dans rintimité de ce rare esprit et de ce grand cœur. Les cinq années si courtes et si remplies oîi je Tai connu ont laissé dans ma vie comme un sillon lumineux. Du jour où il m'élut pour un de ses collaborateurs, je n'^i pris aucune résolution politique de quelque importance sans me demander quel serait son sentiment. Depuis quHl a disparu d'au milieu de nous, cette préoccupation, loin de s'affaiblir, m'a davantage envahi, et c'est, j'imagine, parce que vous en êtes hantés comme moi, que vous avez accueilli avec tant d'empressement la noble idée qui nous réunit ce soir.

Quelle forme plus touchante et moins contestable de l'immortalité que cetle survivance des vertus et des leçons de nos grands morts? Au fur et à mesure que le temps s'écoule, qui apaise tout, leur œuvre se dégage du ttimulte et de la poussière des combats pour apparaître en pleine lumière. Déjà, pour Waldeck-Rousseau, la justice a commencé. Certes, l'heure oii ce grand républicain laïque donna à son pays les deux conquêtes qui suffiraient à garder sa mémoire de l'oubli : la loi des syndicats professionnels et la loi des associations, cette heure est trop proche encore pour que déjà la passion ait cédé la parole à l'équité. Je ne crois pas que l'admiration ni l'affection m'abusent si je dis que

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