‹ Travailler a son ameChapitre 105 sur 168 · Si fenestrœ tuœ pateant semper ad orientem, venit Verbum · texte numérisé non relu

Si fenestrœ tuœ pateant semper ad orientem, venit Verbum

20i LE SILENCE ET LA PRIÈRE

Ce que peut un enfant, à genoux aux pieds de Noire- Seigneur, les mains jointes dans la prière, est incalculable. Vous prierez pour vous d'abord. Quel besoin vous avez de prier, je vous le disais dernièrement. Et puis, outre la prière intéressée, personnelle, il faut la prière sociale, catholique. Tant d'oeuvres dans le monde et tant d'âmes comptent sur vous! Le Souverain Pontife y a droit et il y compte. La France y compte. Un enfant n'a jamais fini de prier : pour ses parents, pour ses amis, pour ses bienfaiteurs, pour les malades, pour la conversion des pécheurs, des infidèles, pour les écoles libres, pour les pauvres enfants des écoles laïques '...

Est-ce que vous ne prierez pas pour les séminaristessoldats? J'en vois quelques-uns dans cette chapelle. Ils sont venus prier avec vous... Hélas I et vous aussi, vous serez soldats I Si le vent de la divine colère ne balaye les oppresseurs qui foulent aux pieds les -droits les plus sacrés du roi Jésus et les saintes immunités de l'Église, avant de revêtir l'aube et de porter Tétole, vous endosserez la capote militaire; vous •connaîtrez la caserne et la chambrée... Priez. Priez. Préparez-vous aux luttes vaillantes du devoir contre le mal; prenez déjà dans le champ clos de votre âme l'habitude de la victoire. Mais, à dire vrai, chers enfants bien-aimés, en voyant les exemples que nous avons en ce moment sous les yeux, ni je ne me trouble ni je ne tremble. Vous ferez comme ces braves jeunes gens. Eux, ils font comme les cygnes, ces oiseaux au resplendissant plumage de neige. Ils côtoient les rives

1. On trouvera dans le volume Dieu et Patrie un entrelien intitulé : La Prière pour la Patrie.

fangeuses des étangs, sans y jamais ternir la blancheur de leurs ailes.

Vous prierez.

Vous travaillerez aussi. Prier et travailler, c'est votre vie présente tout entière. Au surplus, voici le temps propice au travail intellectuel : l'hiver. Les Bretons appellent les mois d'hiver « les mois noirs ». Dans vos âmes, mes chers enfants, ils m'apparaissent clairs et radieux. L'étude est comme un soleil qui va se lever, chaque matin plus ardent, au sommet de vos intelligences. Oh ! les beaux rayons que j'aperçois ! Oui, Ton pourra vous appliquer cette parole du livre des Proverbes : « Justoriim semita quasilux splcndens^procedit et crescil icsque ad perfectam diemK Le sentier <ies justes est comparable à une lumière splendide qui va croissant jusqu'au plein midi. » Quarrivera-t-il sous cette chaude lumière? C'est que dans ces jeunes plantes, qui sont vos âmes, la sève montera des ra- <iines à travers les branches, et l'heure est proche, en vérité, des feuilles, des fleurs et des fruits.

Ainsi soit-il.

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