Hymne t eni, Creator spiritus
•3. Col. III, 15.
petits, que la retraite, c'est quelque chose comme l'entrée d'un désert, sombre, triste, avec du sable à perte de vue, monotone, ennuyeux, mortel... Garder le silence! Entendre parler du péché, de la mort, du jugement, de l'enfer! Descendre dans sa conscience, une lampe à la main, pour y voir des fautes, peut-être des crimes ! Quelle tristesse et quel ennui !
Cette pensée, chassez-la bien loin, comme une pensée funeste, une pensée du démon.
La vérité, c'est que, si vous entrez en retraite, comme il faut, sincèrement, cordialement, joyeusement, au lieu de sables et de buissons d'épines, vous aurez devant vous de radieux horizons, de belles verdures et même des roses, — vous savez bien, ces roses odorantes dont il est parlé dans la Bible : Quasi plantatio rosœ in Jetncho^ ; cette terre, en un mot, de promission où coulent le lait et le miel, que non seulement vous verrez, mais où, plus heureux que Moïse, vous entrerez; je veux dire la grâce, la chair et le sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ!
Soyez donc joyeux, mes enfants, à cette pensée que vous êtes en retraite pour préparer au bon Dieu, non pas une étable, non pas une crèche et de la paillé, mais un temple, un tabernacle, un calice de pureté et d'amour.
Vous verrez comme la retraite passera vite !
Connaissez-vous, mes chers enfants, l'histoire de l'Oiseau merveilleux? Je l'ai lue dans Maurice de Sully, un évêque de Paris qui vivait au douzième siècle, celui-là même qui a commencé à bâtir l'église