XIV APPROBATIONS
jouir leur jeunesse. Enfin, vous les conviez à espérer un avenir, un avenir heureux comme celui de leurs rêves. Dieu veuille que vous soyez prophète comme vous êtes orateur, et que laurore se lève sur nos ruines ! A entendre prédire si aimablement un lendemain si pur, on est tenté d'y croire ; et si ce n'est encore une assurance, c'est du moins une consolation. Consoler, c'est encourager; et jamais les âmes — même les jeunes — n'eurent un plus grand besoin de courage.
Encouragez-les et croyez, mon cher Père, à mon respectueux dévouement in Corde Jesii.
P. V. Delaforte, s. J.
Paris, le 2 octobre 1893, en la fête des Saints Anges.
En 1892 et en 1893 parurent deux volumes d'Entretiens et Discours « pour les jeunes gens ». L'un et l'autre, depuis fort longtemps, étaient épuisés.
Quelques directeurs ou aumôniers d'œuvres catholiques : Ecoles, Patronages, Cercles d'études, Catéchismes, ont eu la bienveillance de nous les redemander.
Les voici, non plus en deux tomes, mais en un seul.
Des deux volumes primitifs on a extrait une série de discours qui ont une certaine suite doctrinale et qui s'éclairent mutuellement et se complètent.
Les premiers ont été prêches à de grands jeunes gens sortis déjà de nos écoles ou sur le point d'en sertir; les seconds, à de plus jeunes, encore au collège ou au séminaire ; quelques-uns même à des petits.
Les enseignements, qui étaient bons hier, ne le seraient-ils plus aujourd'hui? Nous les croyons plus utiles et plus opportuns que jamais, notre chère jeunesse intellectuelle étant, pour ainsi parler, plongée toute vive dans une atmosphère brumeuse où se mêlent et se fondent le dilettantisme élégant, le doute poli, l'ironie désabusée, impassible et cruelle, la négation brutale, la volupté déliquescente...
On n'a fait à ces pages que de brèves retouches, et d'ordre purement littéraire, et on les a réunies sous ce titre nouveau : Travailler à so?i âme.
Travailler à son âme... Mot profond, qui revenait souvent au xvu' siècle sous la plume des maîtres.
Travailler à son àme, qu'est-ce donc?
C'est voir Dieu, partout, dans le monde des corps et dans le monde des esprits ; non pas uu Dieu lointain, mais prochain ; un Dieu vivant et agissant; un Père; le Père disant au Verbe dans l'extase inénarrable de sa paternité : <' Vous êtes
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mon Fils! » et le Père et le Fils exhalant leur amour en un souffle brûlant, subsistant, que nous appelons l'Esprit Saint.
Travailler à son âme, c'est vivre dans une fraternité très douce avec les anges nos protecteurs, nos gardiens, nos amis; c'est comprendre les grandeurs naturelles et surnaturelles de l'homme; c'est développer en soi l'image rayonnante de Dieu.
Travailler à son âme, c'est voir, dans une clarté pleine, le désordre, au regard de Dieu et au regard de l'ème. du mal moral, le péché, le péché grave, qui a bouleversé la création, introduit la mort dans le monde, crucifié le Christ, — et en concevoir et en avoir l'horreur.
Travailler à son âme, c'est, quand on a eu le malheur de perdre la grâce, beauté radieuse et vie fécondante, changer d'idées, de sentiments, de volontés, d'habitudes; c'est se repentir, sepuritier: c'est réparer et ainsi reconquérir la paix de la conscience, la paix de Dieu.
Travailler à son âme, c'est prier, encore et toujours, en union avec le Sauveur et sa divine Mère, le Pater de l'Évangile et VAve du Rosaire à la bouche