‹ Travailler a son ameChapitre 110 sur 168 · Luc. XXIV · texte numérisé non relu

Luc. XXIV

dans celle Première Communion du jeudi saint, moi qui me suis laissé clouer sur la croix pour votre salut, moi qui ai permis à la lance du soldat romain de percer ma poitrine, et de verser sur vous, avec la dernière goutte de mon sang, la suprême effusion de mon amour.

C'est lui, c'est Jésus qui ouvrait aux petits enfants ses bras divins. Vous savez comme il les caressait, comme il les bénissait!... Et quand ses disciples voulaient empêcher les doux innocents de se précipiter dans les bras de leur grand ami, vous savez bien ce qu'il leur disait : « Laissez donc, laissez les petits enfants venir à moi, » et il les embrassait... Les mères pleuraient de tendresse, comme elles vont pleurer tout à Theure, quand elles vous verront dans les bras de Dieu.

Venez donc, mes chers enfants, venez sans crainte; venez avec confiance.

Toutefois, prenez-y garde, plus l'infinie majesté de Dieu s'abaisse pour descendre jusqu'à vous, plus vous devez en quelque sorte la relever par vos adorations. Noire-Seigneur exige, mes enfants, cet acte d'adoration.

Souvenez-vous de Bethléem. Alors qu'il n'est que la pauvre petite créature vagissante et inconnue de la crèche, il réclame sur sa tête toutes les splendeurs du firmament. 11 se fait dans la nuit noire des clartés merveilleuses. Dieu commande aux anges de chanter sa gloire, à l'étoile de déclarer sa naissance, aux mages de l'Orient de venir à son berceau et d'incliner leur diadème devant sa pauvreté.

Et ireiile-lrois ans plus lard, quand il va mourir, le doux charpentier de Nazareth, sur le gibet des scélérats, vous vous rappelez que le ciel et la terre l'adorent : le ciel en se couvrant de ténèbres, et la terre en tremblant.

Chantez-lui donc avec les anges du ciel, vous, chers enfants qui ôtes les anges de la terre : Gloria in eœcelsis Deo! Gloire à vous, ô Jésus-Christ, dans les hauteurs du ciel et dans les humiliations de Thostie ! Vous êtes, ô mon Roi, le Dieu très haut! le seul grand, le seul bon, le seul Dieu ! Tu solus sanctus. Tu solus aîtissimus, Jesu Christe ' /

Cet acte d'adoration, n'est-ce pas en même temps un acte de foi ? Oh ! comme il importe qu'à cette heure de négations, d'impiétés de toute sorte et de blasphèmes, vous proclamiez de toutes les forces de votre esprit votre foi, mes chers enfants ! Le Dieu de l'Eucharistie est un Dieu caché. Vere lu es Deus absconditus^. Certes, dans Tlncarnation, le Verbe s'était anéanti ; mais, à travers l'humanité, de temps en temps sa divine grandeur éclatait comme, à travers la nuée, le soleil. Elle éclatait tantôt par des accents inconnus à la terre, et la foule enthousiasmée s'écriait : « Jamais personne n'a parlé comme cet homme 3! » Elle éclatait par des ordres souverains qui commandaient à la nature, à la maladie et à la mort, h'hosanna jaillissait de la bouche de tout un peuple : « En vérité, c'est bien le Fils de Dieu^ ! «

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