Id. I
Fils d'un pêcheur galiiéen, pôcheurlui-mcme, Jean n'a pas d'autre science que son métier, — sine lïtteris, lisons-nous dans les Actes des Apôtres^, — et, vraisemblablement, pas d'autre fortune que sa barque. Toute sa richesse est à l'intérieur : il est vierge. Il réalise en son âme l'idéale beauté du nom qu'il porte : Jean, en hébreu, signifie grâce et bonté, charité divine. Dès que la voix de « celui qui crie dans le désert 2 » a retenti à son oreille, il est devenu le disciple du Précurseur. Dès que le Baptiste lui a montré du doigt l'Agneau divin, nous venons de le voir, il est allé vers lui. Quelques jours plus tard, à l'appel direct : vocavit^, sans balancer, il quittera ses filets et son père. Sa mère le suivra près de Jésus. A partir de ce moment, il est le bien-aimé. Au sein même de l'intimité dans laquelle les disciples vivent avec Jésus, il y a pour Jean une intimité plus profonde. En compagnie de Pierre et de Jacques, il assiste à plusieurs événements remarquables de la vie du Sauveur. Il voit le divin thaumaturge tendre la main k la belle-mère de Simon, dévorée par la fièvre, et la guérir subitement '. Près du cadavre d'une enfant de douze ans, la fille de Jaïre, il a entendu tomber des lèvres du médecin céleste cette parole de vie et d'immortalité : « Elle n'est pas morte, elle dort^ » Il ^ gravi les pentes du Thabor, et, au sommet, il s'est
i. Joan. IV, 13.