Id. XX, 2 et sq
quand le Dieu ressuscité apparut à quelques-uns de ses disciples au bord du lac de Tibériade, du premier regard, Jean l'a reconnu : « Bominus est; C'est le Seigneur ^ » Cinquante jours après la résurrection, avec Marie, sa divine Mère, et ses frères les apôtres, il reçoit le Saint-Esprit"^; puis il s'élance à travers le monde, doux et pacifique conquérant d'amour. Il rend à son Maître le témoignage du martyre. Miraculeusement préservé de la mort, il écrit son Évangile, non pas comme l'aurait pu faire un homme, mais à la façon des aigles et des anges. Saint Augustin a bien dit : Coeperat esse angélus^. Puis, voilà qu'il reçoit l'esprit de tous les prophètes ensemble '' pour écrire le livi-e le plus étonnant qui soit au monde, le livre de ses visions, ou plutôt, selon la force du titre lui-même, la Révélation de Jésus-Christ, Fils de Dieu, ï Apocalypse. Jean ne vit plus sur la terre. Il est au ciel. L'évangéliste du Sacré Cœur ne sait plus que bégayer des paroles d'amour : « Mes petits enfants, aimez-vous bien les uns les autres... » Puis, son Jésus le vient chercher: « Venez, mon bien-aimé. Il est temps de vous asseoir, comme vous faisiez au soir du jeudi saint, au milieu de vos frères, à ma Cène céleste. » Et le vieillard, ivre d'amour, repose sa tête, non plus pour une heure, mais pour les siècles des siècles, sur le Cœur éternel.
Et vous aussi, mes chers enfants, vous avez vu Jésus. C'est un prêtre qui vous l'a montré du doigt,