Luc. II
2. Élévafions sur les mystères, seizième semaine, cinquième Élévation.
âme les prophéties messianiques, ou peut-être se redisant l'un à l'autre quelque psaume consolateur, adorant surtout l'hôte invisible que Tédit d'Auguste amène comme eux à Bethléem et que la divine Marie porte dans son chaste sein. A mesure qu'ils approchent, les grands souvenirs d'autrefois se réveillent. Voici le tombeau de Rachel, la mère gémissante et inconsolée, le puits de David, les fontaines de Salomon. Voici le domaine de Booz et de Jessé, le champ où glanait Ruth la Moabite, Ruth, l'ancêtre du Christ. Voici Bethléem.
Par suite de l'affluence des voyageurs, la petite ville est encombrée. Plus d'appartements libres dans les maisons particulières. Le khan lui-même, ou, comme l'appelle saint Luc, le « Diversorium », est envahi. Lorsque Marie et Joseph y arrivèrent, il n'y avait plus de place pour eux. Non erat eis locus in diversorio^ . Force est donc aux deux vova^eurs sans abri de se réfugier dans la grotte destinée aux animaux, le « Praesepium ». C'est là, dans ce réduit misérable, qu'entre un bœuf et un âne, sur un peu de foin, à minuit, en décembre, va naître le divin Fils du roi David, l'enfant dont l'ange disait à sa mère : « Il sera grand; on l'appellera le Fils du Très-Haut; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il sera roi dans la maison de Jacob pour l'éternité-. »
Cet événement, le plus considérable de l'histoire, passa inaperçu. « On n'en sut rien à la cour d'Auguste,